ahmed bencherif écrivain et poète

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26
juil 2017

Le ciel s’assombrit soudain. De gros nuages gris l’envahirent, en cachèrent le plus petit point bleue. Ils l’étouffaient, roulaient trop bas, lourdement. Lesoleil s’y engloutit. La matinée avait mu en nuit. La visibilité était médiocre. L’éclair émit ses phosphorescences en zigzag, brutalement, l’instant de secondes, puis il s’éteignit. Le tonnerre gronda, ses explosions se succédèrent. Puis, la pluie tombait par nappes énormes. Les branches des arbres craquaient, se brisaient, se fracassaient bruyamment au  sol. Les flots dégringolaient de la montagne à une vitesse foudroyante, arrachaient la terre arable, charriaient des débris de roche. Le vent soufflait à une vitesse foudroyante, hurlait lugubrement, rasait les herbes, arrachait des arbres, projetait des projectiles. Les bêtes mugissaient au loin, traquées par la catastrophe. Les cris des hommes terrorisés se confondaient à cette chorale sinistre.

 

Zouina fut prise de panique. Elle tournait et se retournait à gauche, à droite, toujours sur place, immobilisée. Elle cherchait désespérément un refuge. Il n’y avait nul abri dans son carré, même pas un arbrisseau et la forêt poussait en plus haute altitude. Elle était déjà transie de froid. Elle était trempée et ses vêtements s’étaient alourdis. La jeune femme n’avait d’issue que de rentrer au gourbi. Elle s’en alla en courant aussi vite qu’elle pouvait. Ses pieds pataugeaient dans la boue, ralentissaient sa course. Elle trébuchait et tombait, mordait la terre, se blessait aux mains et aux genoux, puis elle se relevait en un ultime effort.  L’eau dégringolait de la montagne, formait des marres sur le sentier. Une multitude de rus coulait précipitamment.

26
juil 2017

Il ne se passe rien.

 

 

Il ne se passe rien. Il ne se passe rien dans le bled qui, sitôt libéré, tomba entre les canines acérées des loups, au lieu d’être un gage entre des mains vertueuses, intelligentes, dignes de bonne foi, laborieuses. Une terrible contradiction que l’histoire n’en ait répertoriée peut-être dans aucun pays. Tôt, le pouvoir despotique s’installa et s’érigea en système pour mieux brimer, mieux briser les autres, mieux profiter du fruit de l’indépendance. Tôt la démagogie servit d’alibi à l’effet d’asservir le peuple, sorti meurtri par une guerre désastreuse de libération, sorti encore par une longue nuit coloniale d’obscurantisme et d’illettrisme, de misère  et d’exactions. Puis à une indépendance fraiche, on viole la loi fondamentale pour entrer dans un long règne de l’illégalité qui, accommodée et accommodante, s’érigea en système totalitaire où toute voix discordante est muselée, brimée, neutralisée jusqu’à se tacher les mains de sang.

Les loups de ma patrie, amour, l’aimaient-ils ? Ils l’aimaient à leur façon, comme on aime une prostituée sans la payer. Quand le peuple était dans l’euphorie des drapeaux qui flottaient partout, les loups dévalisaient les villas et les dépôts, occupaient les grandes surfaces, les usines, les parcs, qui furent les propriétés des colons français, partis précipitamment par survie en France. Rien n’était épargné, même pas une modeste table de nuit, un boudoir, les draps de satin. Qui pouvait commettre de pillage, sinon de véritables loups Ils n’avaient pas cependant occupé les écoles, les lycées, les universités. Ils n’en avaient cure. Ils ne pouvaient ni apprendre, ni réapprendre, ni se recycler. Ils possédaient leurs propres diplômes supérieurs, acquis dans les voies douteuses, dans les couloirs étroits des complots. A l’école, on n’apprend pas à pisser dans la rue. Eux, ils pissaient partout : dans la rue, dans un jardin public, dans l’eau de source.

-Qui ouvrit ce ballet des rapines, me dit-il.

-          Tu veux dire la porte des enfers, une autre porte plus violente, plus dévastatrice,

répondis-je. Un jour je t’affranchirai de ton ignorance.

Je le quittais sur sa soif de savoir, une curiosité intelligente de savoir d’où venait le mal qui rongeait notre pays. C’était un patriote qui aimait voir sa nation briller de beauté devant les autres, toujours parmi les premières qui donneraient le bel exemple aux quatre coins de la planète, surtout parmi les plus grandes puissances internationales .Comment lui expliquer sur le champ ? Il lui faudrait des heures d’assimilation, avec de gros risque d’occultation ou de fantasmes, non que je ne sois pas pédagogue, mais cela vient du fait que notre histoire n’était pas écrite. Et ceux qui nous ont raconté des épisodes, ils les ont toujours maquillés, par égocentrisme. Moi-même, je n’avais pas assez de temps pour lui en fournir la toute première page dont j’aurai pu lui donner le titre et je regrette sincèrement cette lacune. Mais aurait-il su, si je lui avais dit que c’était l’adjudant et rien de plus. Il n’aurait pas saisi et m’aurait assailli de questions auxquelles je ne pouvais répondre spontanément. Car il y avait de la confusion dans tous les rôles : qui était le chef, qui avait commencé à écrire l’histoire, qui avait trahi. Ouf mille questionnements de quoi ennuyer un sourd.

26
juil 2017
Posté dans Poésie par bencherif à 8:08 | Pas de réponses »

Sous la lune

 

 

Le soir tu vas danser, admirer les concerts,

Admirer les tableaux, flâner dans les ruelles,

Et lasse, te poster sous un vieux réverbère,

Ta main dans la main de ton amie, vous deux belles.

 

Tu aimes ce silence grossi par le gel

Du trafic des bourgs fous par leurs bruits insensés ;

Tu aimes écouter les augures du ciel,

Invoquer ses grâces, voguer dans tes pensées,

Cueillir l’étoile filante dans sa course,

Dans la fluorescence de la lune rousse

Par l’immense éther mille fois constellé,

L’admirer, la baiser tendrement sans trembler,

La mettre dans ton cœur, en garder les éclats

Comme habit de charme qui t’offre réjouissance

Et parfums enivrants du lys et des lilas,

Epanouis dans les champs, dans leur magnificence.

26
juil 2017
Posté dans Poésie par bencherif à 8:07 | Pas de réponses »

Elle était

 

 

 

Elle était dans les bois aérés et fleuris,

Au bord des lacs bleus où miroitait son portrait,

Aux longs cheveux ni blonds, ni noirs, mais pleins d’attraits,

Qui couvraient son nombril, affolés et fournis.

 

Sa blanche main puisant de l’eau fraîche et douce,

En rossant les seins, les jambes et le nombril,

Puis elle nageait sans bruire dans le silence

De mère nature endormie sur l’île.

 

Toi, Claire, sur la mer calme et bleue en été,

Tu vas, à l’envie, battre les flots écumeux,

Moitié nue, tes tendres seins à l’avant pointés,

Gardés de satin bleu, en cône savoureux,

De jour quand le soleil ardent hale la peau,

Que le sable fin des plages est recherché,

Que la fraîcheur océanique vaut le prix haut

Et du spleen quotidien, on se sent arraché.

 

26
juil 2017

 

Comment croire l’adieu

Quand bleus étaient nos cieux,

Dans quel pli de ton cœur

Se terrait-il songeur

Et de surcroit sournois

Pour frapper fort mon moi

Comment se séparer

Sur nos rives dorées

Quand de ta bouche

Tombait ton suc farouche

Limon de mes vergers

Quand tous deux allongés

Au palais des miroirs

Romance de nos soirs

26
juil 2017

Toi, la beauté, Assia

 

Tes cheveux, ver à soie, caressés par le vent,

Expression absolue de douceur féminine,

Couleur d’œil-de-tigre, brillant quartz du Levant,

Un rêve flottant que tu portes en couronne,

Mire des yeux rivés sur leurs brillants éclats,

Quand au matin d’été, tu rêves sur ton balcon,

Parfumée de mille et une senteurs de lilas,

Penchée sur ton buste, éminemment fécond,

Objet des artistes de pinceau ou de plume,

Sensibles à l’harmonie de ton corps symétrique,

Implorant le Seigneur d’éloigner la brume,

Pour brosser avec art un portrait mirifique,

Fanion de ma nation dont je suis soldat chanceux

Toujours au front, Invincible et alerte

Maniant plume et épée, prévenant et soucieux,

Haut gardien des trésors et de main experte,

Chantre de ton amour jusqu’à la fin des temps,

De tes attraits irrésistibles d’océanide,

De ta grandeur d’âme, tes rires de printemps,

De ton amour divin, de ton verbe fluide.

 

5
mai 2017

Le muezzin chante son appel à la prière du crépuscule. Il commence à faire noir déjà.  Les bons pratiquants se précipitent vers la mosquée du quartier. Ils ne sont pas nombreux cependant. Je vide ma tasse de café, je règle la note et je libère ma chaise, fabriquée en matière plastique qui a conquis la ville et la campagne. Moi aussi je marche précipitamment. Mais j’ai une autre direction, sacrée quand même : c’est ma maison. Eux cherchent à doter considérablement leur capital en observances strictement religieuses avec Dieu, moi j’espère sa clémence pour mon manque d’assiduité de musulman pratiquant. Il faut dire aussi qu’ils ne sont pas nombreux, juste assez pour aligner trois ou quatre rangées de croyants, le reste de l’espace assez grand et étonnamment vide. Parmi eux, vous trouverez beaucoup d’individus qui ont des choses à se reprocher vis-à-vis de la société, des fautes graves punies par la loi positive qui conduisent à des peines de prison lourdes. Mais ils savent détourner la loi et profitent ainsi de l’impunité, quant au peuple il ne se fait pas justice et espère lui aussi que les malfaiteurs soient punis par Dieu. Pourtant ce peuple avait fait une prestigieuse révolution en 1871 où il s’était fait justice lui-même, en créant des comités révolutionnaires qui réformaient les jugements des juridictions coloniales, des commissions disciplinaires, de certains cadis qui étaient à la solde de leurs maitres de l’heure, comme ils jugeaient les délits et les crimes de haute trahison, commis par leurs concitoyens.

21
fév 2017

Joyeux anniversaire, Assia

Mercredi, jour  béni par le Saint Auguste,

Fut le don de ta vie, ton premier cri,

Tes yeux encore fermés, bébé illustre,

Baptisé, Assia, dans les premiers écrits,

Tes gestes au hasard cherchant la tendresse

De  celle qui ce jour-là t’expulsa

De ses entrailles au prix d’efforts intenses,

Te donna le baiser, te couvrit,  t’encensa,

Allégresse au logis de noble famille,

Youyous d’allégresse des femmes du sérail,

Des joies masculines fusent sans faille,

Sacrifice au rendez-vous au sublime bercail,

Joyeux anniversaire, être exceptionnel,

Courtois et avenant, rehaussant l’amitié,

Altruiste et clément, sublime et spirituel,

Joie de sa galerie, virtuose altier.

Aurore boréale dans son vaste milieu,

Miracle de beauté, sagesse des mages,

Attributs suprêmes à toi confiés par Dieu,

Aux toutes premières secondes de ton âge.

 

21
fév 2017
Posté dans Poésie par bencherif à 7:43 | Pas de réponses »

 

Mirage

 

 

Au désert brulé par le soleil de midi,

L’infini se jette aux lointains rivages,

Le chant mugissant du vent en psalmodie,

L’air lourd et desséché ne permet ancrage,

Partout l’horizon plat à perte de vue,

Ciel et terre en jonction, pas âme qui vive,

Champignons en pierre, des ombres en revue,

Lumière aveuglante, des couleurs vives,

Chaleur torride,  dard d’aplomb, tourbillons,

Havre nulle part,  arbrisseaux squelettiques,

Marche dans le doute sans moindre trait d’union,

Espérance de vie courte et chimérique,

21
fév 2017
Posté dans Poésie par bencherif à 7:41 | Pas de réponses »

Œil de la Garonne

 

 

Du haut des Pyrénées, tes larmes coulent à flots,

De fracas énorme, Impétueux et bien hauts,

Pour se jeter dans l’océan, en  descente calme,

Laissant sur ton sillage  verdure de charme,

Mais tes flots n’égalent le torrent de mes yeux,

Qui roule sur mon corps, abondant et furieux

Echoue fatalement dans mon cœur inondé

Qui se noie, convulsé, déchiré, érodé,

Loin de ma  bien-aimée, en larmes soudaines,

O ma déesse,  pénitence, pardon ma souveraine.

Tes blanches cascades se jettent dans ton lit,

Arrosent les prairies, jonchées de fleurs de lys,

Les miennes, tombent sans bruit dans mon désert

A l’instant évaporées vers les lointains éthers,

Les miennes sont noires comme du charbon chaud

Sous le poids du remords que ne  blanchisse la chaux,

Sous la torpeur qui  vide le corps et l’esprit,

Et fait vibrer ma plume pour mon élégie.

Oh ! Combien n’ont aimé ! Moi, j’aime à la folie,

Sans elle, je plonge dans la mélancolie,

Sans elle, Assia, la femme de mes rêves,

Raison de ma vie, son  idéal, sa sève.

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