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14
mar 2009
Isabelle Eberhardt Lavée d’une allégation fixe
Posté dans culture par bencherif à 4:07 | 29 réponses »

                                                 

                                                                  Isabelle Eberhardt, 

                            Extrait de l’article de Abdelmajid Aboura,

                               Paru au quotidien d’Oran     

              A vingt ans (1897), elle est l »auteur d’un article publié à la nouvelle revue moderne intitulé « vision du maghreb » où elle dénonçait le massacre d’un village des OulaD Nail par les troupes légionnaires et tirailleurs. Cette manifestation échappe à la vigilance des critiques.           

           En septembre 1903, Victor Barrucand lui (Isabelle) offre de ^partir en qualité de reporter dans le Sud-oranais pour le compte du journal AKHABR, à la suite des évènements sur les razzias de Sfissifa, le siège de Taghit et l’affaire d’El –moungar (insurrection de Cheikh Bouama).              A Ain Sefra, siège du territoire militaire du Sud-oranais, sous le pseudonyme de Si Mahmoud, elle (Isabelle) remplit avec conscience son rôle d’envoyé spécial t interviewa les blessés d’Elmoungar, en donnant quelques détails sur les circonstances de la bataille.  

         Elle s’attarde surtout à expliquer l’état d’esprit des troupes. La thèse officielle qu’elle donne c’était Bled-El-Baroud, le pays de la poudre. Ces attaques n’étaient que le moyen de s’opposer ou de se défendre contre la main mise coloniale.           Elle fait la connaissance du général Lyautey qui lui demande de collaborer ; mais elle refuse ; elle est traitée de réfractaire. Ce qualificatif est rappelée dans tous les discours officiels relatifs à la région, comme celui du gouverneur général d’Algérie Roger Léonnard, le 28 novembre 1953, lors de l’inauguration du monument du maréchal Lyautey à Colomb Béchar. Même, le lauréat du grand prix littéraire de l’Algérie-année 1925, Gabriel Audislo, la traite d’espionne ou d’insurgé, (comprendre espionne contre
la France) dans le livre d’histoire «  visages de l’Algérie » DE FIN JANVIER à FIN MARS 1904 : voyage au Sud-oranais avec Victor Barrucand et détour à Oujda ‘Maroc)
 

         Début 1904, elle prit contact avec le mouvement anarchiste pour venir enquêter sur les exactions de l’armée coloniale sur la population civile suite aux défaites infligées par cheikh Bouamama aux colonnes du général Lyautey aux batailles de Sidi BElhouari, D’Elguetaf et de Mekitla.        De septembre à octobre, séjour à Ain Sefra.          

        De retour de Beni-ounif, elle est atteinte de la maladie palustre (paludisme) qui était répandue dans la région. Elle est terrassée par la douleur et la fièvre, elle rejoint Ain-sefra où elle est hospitalisée durant quinze jours.         Slimane Elhenni dans une maisonnette qu’elle avait louée dans le quartier riverain de l’oued. Le rendez-vous se termine tragiquement ? Crue subite de l’oued, Isabelle est enfouie dans les décombres de sa maison. Slimane parvient à s’enfuir. Le corps d’Isabelle est retrouvé deux jours plus tard. Près de son corps, son,t retrouvés des manuscrits plus ou moins endommagés qui par la suite sont confiés à Victor Barrucand. 

    Isabelle, dite si Mahmoud, est enterrée au cimetière de sidi Bougemaa.            

  «Elle était ce qui m’attire le plus au monde : une réfractaire. Trouver quelqu’un qui est vraiment soi, qui est hors de tout préjugé, de toute inféodation, de tout cliché et qui passe à travers la vie, aussi libérée de tout que l’oiseau dans l’espace ; quel régal. Je l’aimais pour ce qu’elle était et pour ce qu’elle n’était pas. J’aimais ce prodigieux tempérament d’artiste, et aussi tout ce qui en elle faisait tressauter les notaires, les caporaux, les mandarins de tout poils. » Le général Lyautey  

    

    

www.saphirnews.com/Isabelle-Eberhardt,-sa-voie-et-sa-foi-en-l-Islam_a3226.html –    

    

  www.lyautey.mosaiqueinformatique.fr/content/view/27/43/1/5/ –  

Lyautey à ain sefra    

  cuaab33.blogvie.com/ - 

lyautey et bouamama   

  


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29 réponses:

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  1. c’est long de faire de bonnes choses. cet article remonte à l’année 2009 et depuis a commencé mon combat pour réhabiliter Isabelle Eberhardt. je suis parvenu à arracher cette reconnaissance en en 2016 et au moins d’octobre nous avons organisé le premier colloque international Isabelle Eberhardt le 9 octobre de la même année à la bibliothèque nationale Hamma Alger, sous le patronage de M. Ministre de la Culture que je remercie infiniment pour nous avoir alloué une subvention pour cet évènement majeur. bien à vous bonne santé

  2. je te remercie infiniment cher ami et confère Mohamed pour cette bonne nouvelle que tu me fais parvenir. En effet, elle immensément excellente, car se rapportant à mon oeuvre monumentale Marguerite qui suscite des critiques littéraires; donc j’étais sur la bonne voie et mon travail est méritoire ; je remercie également l’auteur Christian Phéline pour avoir fait l’analyse de mon oeuvre; j’ai fait la commande de son ouvrage auprès de son éditeur et après lecture évidemment je donnerai mon avis ; j’ai aussi écrit un mail dans ce sens au professeur Benjamin Stora, avec qui j’échange selon l’occasion; merci encore mon ami cette critique m’encourage vraiment à aller de l’avant dans ma quête de mémoire pour le passé colonial de ma chère Algérie, quete de mémoire qui ne peut de façon sereine que rapprocher les liens algéro-françaises.

  3. Notre ami Kemph Rochd demeure le spécialiste le plus averti sur la biographie d’Isabelle Eberhardt; il est quasiment la référence pour les biographes de la défunte, y compris madame Charles Edmond Roux; comme il en est le combattant hardi et persévérant pour préserver la mémoire intacte d’Isabelle, loin des préjugés de toute nature; je ne puis que conseiller aux admirateurs d’Isabelle qu’ils s’intéressent à ses travaux.

  4. Mohamed Rochd écrit:

    Je me permets de rappeler aux commentateurs d’Isabelle Eberhardt que je suis l’auteur d’une thèse de doctorat Etudes critique et génétique de Sud-Oranais d’Isabelle Eberhardt, soutenue le 23 mai 2003 à l’Université Paul Valéry d’Aix-en-Provence et que le récit de voyage d’I. E. va paraître aux éditions ENAG,en 2013.La thèse est consultable à l’Institut de Langues Vivantes d’Oran et à la bibliothèque Zianya de Kenadsa. Kempf-Rochd

  5. cher Benmiloud, le fait qu’elle repose au cimetière de sidi Boudgemaa, lui donne le statut de fille d’Ain-sefra; aimons-la toujours après sa mort ; merci

  6. benmiloud écrit:

    Le fait qu’elle repose à Sidi Boujemaâ signifie-t-il quelque chose ?
    Il a une semaine , j’ai visité sa tombe avec ma fille venue de Paris
    Elle avait une adoration pour cette femme , ne la gachons pas !

  7. Tidetia Wademdenetova écrit:

    Bismillah irahman irahim

    Isabelle Eberhardt écrivait un soir de juillet 1900, dans son journal intime „… il faut apprendre à sentir plus profondément, à mieux voir, et surtout, encore et encore à penser. ”

    Je suis avec intérêt ce qui se raconte sur votre blog au sujet d’Isabelle Eberhardt. Vous avez entièrement raison de dire qu’elle n’était pas une espionne à la solde de l’armée coloniale. Pourtant, dans vos analyses et réflexions, quelque chose me chagrine immensément : vous avez oublié un réflexe fondamental et vital de tout Algérien. Quel est-il ? Celui de toujours se poser la question de qui est qui. Cet oubli s’explique sans doute par votre jeune âge !
    Vous ne voyez pas de quoi je parle ?
    Pour étayer votre propos sur le fait qu’Isabelle n’était pas à la solde de l’armée coloniale au moment où cette armée envahissait notre région avec toute la violence et l’iniquité intolérable que l’on connait, grâce à un chef de guerre qu’une bien étrange tendance encense de toutes les qualités et veut faire passer pour un saint homme (ces militaires ont envahis et soumis notre région comment ? en distribuant des fleurs et des caramels aux gens ? en tapant sur l’épaule des Algériens du coin et en leur offrant un verre à boire ?), pour étayer donc le fait qu’Isabelle Eberhardt n’était pas une activiste à la solde de l’armée coloniale tueuse, vous prenez en référence des auteurs européens qui ont écrit sur Isabelle Eberhardt.

    Vous semblez bien ébloui, et vous n’êtes pas le seul, par l’aura prestigieuse qui entoure ces auteurs européens. C’est le phénomène habituel lié à la starisation, mais, comme dit le proverbe universel « tout ce qui brille n’est pas or ! ». Et vous les appelez à votre secours afin que ces personnes confirment votre hypothèse sur Isabelle Eberhardt.
    C’est là que vous avez oublié complètement les réflexes vitaux de nos pères et de nos grands-pères ! Vous avez oublié de vous demander qui sont ces auteurs.
    Et, pour l’honneur de la mémoire de nos pères, ces hommes valeureux qui ont lutté avec ce seigneur courageux qu’était Bou Amama, vous devez absolument retrouver ce réflexe vital si vous voulez aller plus avant dans votre quête de la vérité sur Isabelle Eberhardt.
    Je dis vous, car je m’adresse également à tous les Sefraoui qui défendent la mémoire de cette jeune femme au courage incroyable.
    Nous avons été envahis, spoliés, mis sous le talon de fer d’un système colonial inique par un militaire. Cet homme a eu ce poste et a pu faire tout le mal qu’il a fait dans la région grâce au soutien vigoureux et constant, entre autres, du grand-père d’une de ces stars dont l’aura éblouit et donc aveugle.

    Je ne sais pas si vous avez décortiqué les ouvrages que ces auteurs européens ont commis sur la vie d’Isabelle. Ces auteurs, il faut les lire en se posant, presque à chaque ligne, la question « pourquoi il/elle écrit ça ».
    Pour savoir la vérité, il est nécessaire de lire tout ce qui s’écrit sur un sujet et comparer et vérifier les dires de chacun. Et se demander pour qui, dans quel but, avec quel objectif telle personne écrit cette chose.
    Avant tout, gardez bien en mémoire qu’Isabelle Eberhardt n’a jamais écrit qu’elle était amie avec Lyautey !
    Isabelle a dit „… il faut apprendre à sentir plus profondément, à mieux voir, et surtout, encore et encore à penser. ”

    La petite phrase qui est mise, à chaque fois, en avant pour tenter de prouver qu’Isabelle Eberhardt était une amie de Lyautey, vous l’avez mise sur votre blog : «Elle était ce qui m’attire le plus au monde : une réfractaire. Trouver quelqu’un qui est vraiment soi, qui est hors de tout préjugé, de toute inféodation, de tout cliché et qui passe à travers la vie, aussi libérée de tout que l’oiseau dans l’espace ; quel régal. Je l’aimais pour ce qu’elle était et pour ce qu’elle n’était pas. J’aimais ce prodigieux tempérament d’artiste, et aussi tout ce qui en elle faisait tressauter les notaires, les caporaux, les mandarins de tout poils. » Le général Lyautey

    Il s’agit d’un fragment d’une lettre écrite par Lyautey à Victor Barrucand, le 02 avril 1905. Il vous manque le début de cette lettre. Ce bout de phrase, écrit six mois après la mort d’Isabelle Eberhardt, ne prouve absolument pas qu’Isabelle était une amie de Lyautey, et encore moins une agente de l’armée coloniale.
    Qui donc, à ce jour, a trouvé un seul écrit, une seule preuve concrète qu’Isabelle Eberhardt ai dit elle-même, en personne, qu’elle était une amie de ce gars-là ?
    Demandez-vous : alache, tout à coup, un militaire rigoriste tel que Lyautey, a besoin d’écrire qu’il aime Isabelle parce qu’elle est réfractaire ? Vous qui êtes d’une région dans laquelle ont sévi les militaires coloniaux, pensez-vous vraiment qu’une femme réfractaire, inféodée, aussi libre que l’oiseau dans l’espace, puisse plaire à un chef militaire au point qu’elle soit son amie et qu’elle travaille pour lui pour l’aider à coloniser notre pays ? Pensez-vous que cette même femme puisse apprécier une seule seconde les idées, les actions, d’un homme qui est là pour soumettre, pour tuer, pour voler les terres des Algériens ?

    Ce que ces auteurs européens ne publient pas dans leurs ouvrages, ce sont les autres lettres de Lyautey à Barrucand, que l’on trouve, avec d’autres, dans « Vers le Maroc, lettres du Sud-Oranais, 1903-1906, Lyautey, Librairie Armand Colin, 1937.
    Par exemple, celle que Lyautey a écrite d’Aïn Sefra à Barrucand le 9 novembre 1904.
    20 jours après la catastrophe de l’oued !
    20 jours après la mort d’Isabelle Eberhardt ! La voici cette lettre, sans coupures : « Je vous écris deux lignes au galop avant le courrier ― vous vous rendez compte de ce qu’a été mon existence depuis trois semaines : mon retour ; le désastre d’Aïn Sefra ; le voyage du gouverneur et tout ce qui s’est accumulé de papiers sur ma table ― mais je veux vous dire en hâte combien je suis touché de la belle campagne que vous avez menée avec tant de chaleur et de désintéressement, pour la « vérité sud-oranaise ». Je ne sais ce que dira Jaurès, ce que diront peut-être d’autres à mon détriment. ― Je dois dire que désormais cela m’est égal ― ceux qui ont vu croient ― c’est l’essentiel et j’ai de mon côté la conscience d’avoir fait de mon mieux et d’avoir obtenu quelques résultats. ― Qu’importe donc le reste ?
    Je crois que nous avons seuls ici tous les éléments pour mener sur la frontière du Maroc une action utile, loyale et efficace.
    Vous jugez si j’ai été touché de la perte de notre pauvre Isabelle Eberhardt à qui je donnais admiration et sympathie ― je dis tout bas que je ne la plains pas, tant je craignais qu’elle ne fût condamnée à une vie de déséquilibre et de déception incessante. »

    Hum ! Hum ! Hum ! Quelle belle oraison funèbre de la part d’un ami ! Quel bel hommage à celle qui vient de mourir ! Pour celles et ceux qui ne maîtrisent pas à fond les subtilités du français, le « je dis tout bas que je ne la plains pas… etc. » signifie en fait « bon débarras ! »
    Ça, c’est des preuves d’amitié ! Effectivement…
    Cette lettre du 9 novembre donne des indications importantes et pose des questions. Par quoi est préoccupé Lyautey 20 jours après la catastrophe qui a touché tant de monde à Aïn Sefra ?
    1. « ce qu’a été mon existence depuis trois semaines : mon retour ; » Lyautey revenait d’où trois semaines avant le 9 novembre ? Trois semaines avant le 9 novembre, si on prend des semaines de 7 jours, ça nous mène au 20 octobre, soit la veille de la venue de l’oued. Qu’est-ce qui se passait dans la région à ce moment-là ? Alors, Sefraoui, qui d’entre vous se souvient de ce qui se passait avant ce 21 octobre fatidique ?
    2. Lyautey est touché par la belle campagne menée par Barrucand pour la « vérité sud-oranaise » et il se soucie des problèmes que lui cause Jaurès. Quelle est donc cette vérité sud-oranaise qui mérite que Barrucand mène une campagne ? Quels sont les problèmes que Jaurès cherche à Lyautey qui sont en rapports avec l’action militaire qu’il mène à la frontière du Maroc ?
    Une autre question que soulève cette lettre est de savoir pour quelles raisons les biographes d’Isabelle ne la publient pas ? Est-elle trop dérangeante ? Si oui, en quoi dérange-t-elle ?

    Isabelle a écrit „il faut apprendre à mieux voir”. Pour vous « déséblouir » de l’aveuglement provoqué par l’aura des stars et vous ouvrir les yeux sur le fait que, réellement, tout ce qui brille n’est pas or (à votre décharge, vous êtes victimes comme beaucoup de monde de la terrifiante et trompeuse écriture coloniale dont le but inavoué est d’induire en erreur et de camoufler l’innommable), je vous donne juste un petit exemple (il y en a d’autres à foison ! malheureusement…). Le but de cet exemple est donc de suivre le conseil d’Isabelle.
    Prenez ça comme le petit jeu de « cherchons les différences » :

    À Aïn Sefra, le 27 novembre 1904, Lyautey écrit une lettre à Victor Barrucand. Voici le texte en entier, tel qu’il est publié, page 132 dans « Vers le Maroc, lettres du Sud-Oranais, 1903-1906, Lyautey, Librairie Armand Colin, 1937.

    « Nous venons enfin de retrouver sous les décombres le précieux manuscrit de « Sud-Oranais », bien maculé, abîmé, mais, semble-t-il, à peu près intact. Il va y avoir tout un travail à faire pour nettoyer ces pages, les sécher, les colliger, mais il se fera mieux certainement à Alger qu’ici. Je réunis donc dans un carton tout ce qui a été trouvé jusqu’ici :
    1° le « Sud-Oranais », tel quel,
    2° les coupures de journaux demeurées à côté et contenant les articles parus,
    3° un cahier de notes prises par Si Mahmoud à la suite de ses lectures.
    Pour ne pas exposer ces documents auxquels vous, moi et d’autres, attachons tant de prix, aux risques et aux retards de la poste, je les confie à un jeune officier de confiance. Il doit vous les porter lui-même et vous remettre ce carton en mains propres. »
    Fin de la lettre.
    Voilà ce que cette même lettre devient sous la patte d’une biographe : « Nous venons enfin de retrouver dans les décombres le précieux manuscrit de Sud Oranais, bien maculé, abîmé, mais semble-t-il à peu près intact… Bien que je présume qu’on ne trouvera plus grand’chose, les recherches continuent. Elles ont été dirigées par un soin religieux par le lieutenant Paris, qui n’a pas quitté les fouilles, examinant lui-même chaque papier, ne cessant de surveiller et s’acharnant au résultat.»

    Ça va ? l’éblouissement s’estompe un peu ?
    Euh… question : dans quel but l’auteur modifie-t-elle la lettre de Liautey ?

    Je ne sais pas pour vous, mais personnellement j’avais dans l’idée que le principe éthique de base d’un biographe était d’avoir une très grande rigueur tant dans les informations transmises que dans la reproduction de lettres, de textes etc. Enfin, c’est un défaut du grand âge que de croire encore à certaines valeurs fondamentales et je n’y échappe pas, alors même que mon grand âge devrait m’avoir enlevé toutes illusions sur bien des sujets !

    Du moment que le biographe s’octroie la liberté de modifier les textes originaux (c’est sa liberté après tout ?), et donc, par cet acte même, de donner à la biographie une orientation délibérément choisie, réfléchie par lui, éloignée de la véritable vie du sujet, peut-on encore appeler l’ouvrage que cet auteur commet « une biographie » ? Surtout lorsque l’exercice de modification des textes originaux est une pratique régulière et courante dans le même ouvrage ?
    L’avantage de ces textes originaux modifiés et livrés au lecteur pour vérité absolue, c’est que lorsqu’on a la chance, comme moi, de pouvoir les comparer aux réels originaux, on se rend compte qu’on vient de lire une histoire romancée à l’idée de l’auteur, d’une part, mais surtout, on se rend compte que la VRAIE histoire est absolument différente.
    L’autre avantage de ces comparaisons avec des documents originaux, c’est que ceux qui sont modifiés, tronqués, tripatouillés, nous informe sur les intentions plus ou moins cachées de l’auteur qui s’est amusé à modifier la vraie histoire.
    Et l’avantage final est que la mise en exergue de ces tripatouillages répétés, de ces omissions, de ces coupures, de ces modifications permet de découvrir la vérité de l’histoire.
    Ce qui est amusant aussi, finalement, c’est de constater qu’il suffit qu’une star éblouissante raconte n’importe quelles billevesées, pour que celles-ci soient considérées comme vérités divines et donc reprises par les auteurs spécialistes suivants, sans vérification, qui les arrangent à leur tour et à leur sauce personnelle. Quel sérieux ! Quelle haute éthique professionnelle !

    Je reviens à ce qui me chagrine immensément et dont je parle au début de ce message et vous pose la question : que croyez-vous que pensent nos pères et grands-pères, ces héros valeureux qui ont combattu avec Bou Amama, qui ont donné leur vie pour tenter d’éviter d’être envahis par une puissance étrangère malveillante, en voyant que vous êtes éblouis et que vous vous en référez, pour savoir la vérité sur Isabelle Eberhardt, à ceux-là même qui honorent et s’inclinent devant la ”grandeur” de ceux ont mis à feu et à sang tout notre pays ?

    Plus haut je parle des subtilités perverses de la langue française. Il y a un mot totalement diabolique et pervers que vous devez bien connaître, c’est : la pacification, et son pendant, le pacificateur.
    Je vous renvoie pour ça à un petit livre très intéressant qui explique bien ce qu’était la pacification française : « La gloire du sabre, Paul Vigné d’Octon, écrit en 1900 et réédité par bonheur par les éditions ANEP en 2066, collection Les Voix de l’anticolonialisme.
    Tout un chapitre est consacré à la pacification à Madagascar. D’où a été extirpé le grand pacificateur missionné pour venir à bout de nos pères et grands-pères dans le Sud Oranais.
    A lire absolument, si vous voulez comprendre Isabelle Eberhardt. Car son action, sa vie, s’inscrivait dans une époque précise, dans un contexte particulier. Après cette lecture, vous sentirez plus profondément, vous verrez mieux !

    Êtes-vous bien certains que ces spécialistes affirment qu’elle n’était pas une aide de l’armée française ? Ils contredisent alors ce qu’ils ont écrit dans leurs ouvrages !

    Suivez le conseil d’Isabelle : il faut apprendre à sentir plus profondément, à mieux voir, et surtout, encore et encore à penser !

    Allez interroger les anciens de Aïn Sefra, de Tiout, de Moghar, de tous nos petits villages. Allez leur demander leurs souvenirs avant qu’ils ne s’éteignent, ce que leur racontaient leurs parents. Là, de toute cette mémoire, sortira la preuve que jamais, jamais jamais Isabelle Eberhardt n’a pu être l’amie de Lyautey. De même que jamais elle n’a aidé l’armée française dans son action de pacification du Sud-Oranais ni dans la conquête du Maroc.

    Et aussi, et surtout, demandez-vous pour quelles raisons certains auteurs européens tiennent-ils tant à faire d’Isabelle une collaboratrice active de l’armée coloniale envahissante de l’Algérie ? Qu’est-ce que cette volonté tenace et apparue depuis la mort d’Isabelle signifie ? Quelle vérité innommable cette théorie présentée par certains comme vérité absolue veut cacher ?
    Pour arriver à comprendre tout ça, il faut retrouver le vieux réflexe de nos pères, savoir qui est qui…

    Isabelle doit être contente de voir que des Sefraoui défendent sa mémoire. Vous êtes sur le bon chemin, il vous reste juste à faire tomber ces rondelles de saucisson qui vous aveuglent encore.

    Tidetia

  8. bencherif écrit:

    L’association culturelle Safia-Ketou de Aïn-Sefra a organisé, vendredi, un colloque national sous le thème : «Le Sahara et l’obsession de l’écriture chez Isabelle», commémorant ainsi le 107e anniversaire de la mort tragique d’Isabelle Eberhardt.
    Le président de l’association, Abdelkader Difallah dira : «L’organisation du colloque nous permettra d’exploiter davantage et de mettre en valeur le patrimoine culturel et touristique de la région». Au programme de la matinée, une cérémonie de recueillement devant la tombe d’Isabelle, suivie d’une visite au musée Cheikh-Bouamama, à Moghar-Tahtani. Dans l’après-midi, quatre conférences ont été données. La première a été présentée par le Dr Abdelkader Rabhi de l’université de Saïda, qui a fait un long exposé sur «le soi et l’autre dans l’ensemble des nouvelles d’Isabelle». La deuxième conférence, présentée par le Dr Bachir Khelifi de l’université de Mascara, avait pour thème «le Sahara comme nouveau regard dans les écrits d’Isabelle». Ensuite vint l’intervention du Pr Ali Nabti, de l’université de Saïda, sous le thème «l’espace sacré dans les écrits d’Isabelle ». Quant à l’écrivain Khelifa Benamara, il a fait un exposé sur les quatre séjours d’Eberhardt à Aïn-Sefra. Une lecture de poésies du poète et romancier Ahmed Benchérif a clôturé les interventions. Plusieurs intervenants ont pris part au débat, dont des étudiants qui ont consacré leurs mémoires et leurs recherches à Eberhardt. Plusieurs recommandations ont été faites à la clôture de ce colloque, notamment le jumelage entre les villes où Isabelle a transité (Genève, Annaba, Batna, Oued-Souf, Boussaâda, Ténès, Alger et Kenadsa) et la création de la fondation Eberhardt ; continuer à traduire en arabe ses écrits ; la restauration du cimetière Sidi Boudjemaâ où se trouve sa tombe ; création d’un site Internet pour Isabelle ; la nécessité que le prochain colloque serait celui de toutes les villes citées. Isabelle Wilhemine Marie Eberhardt est née le 17 février 1877 à Genève. D’origine russe, sa mère Natalia, aristocrate de St-Pétersbourg, était veuve d’un général tsariste qui s’installa en Suisse en 1871. A 20 ans, elle parlait déjà six langues (le français, le turc, l’arménien, l’anglais, l’arabe et le russe). «Est-ce qu’elle a 20 ans d’écriture ou elle a l’âge de 20 ans ?» s’est-on interrogé à un moment. Après avoir quitté la Suisse, Bône a été la première destination d’Isabelle et de sa mère Natalia. Voyant que les bienfaits du colonialisme n’étaient pas aussi évidents que ça, après avoir habité le quartier européen, elles décident de vivre au sein d’un quartier arabe. Sa mère après sa reconversion à l’islam, s’est appelée Fatima Menoubia (enterrée au cimetière musulman de Annaba). En 1900, Isabelle s’installa à Oued-Souf, adhéra à la zaouïa soufia, et se maria avec Slimane Ehni, selon les coutumes musulmanes. En 1901, elle fut blessée à coups de sabre à Behima (El-Oued), au procès, elle créa un scandale en sollicitant l’indulgence pour son agresseur. Elle fut alors expulsée du territoire algérien et s’en alla à Marseille. L’académicienne Edmond Charles-Roux, dans l’un de ses écrits, décrit cet acte, comme le premier attentat intégriste de l’histoire contemporaine. En 1902, elle est de retour en Algérie, précisément à Ténès, où son mari devint fonctionnaire. En septembre 1903, elle vint dans la région de Aïn- Sefra en tant que reporter d’ El-Akhbaret de la Dépêche algérienne, quelques jours seulement avant que Lyautey ne devienne général de la subdivision militaire du territoire de Aïn-Sefra. Elle est appelée communément Si-Mahmoud, Mahmouda, ou Mahmoud Saâdi, pour son uniforme masculin en cavalier arabe. Les sujets de curiosité, les motivations, tout dans son comportement était jugé répréhensible. Elle revendiqua seulement la liberté de se convertir à l’islam, d’aimer un peuple et un pays – l’Algérie – un pays qui n’était pas le sien, d’y vivre fièrement tout en cherchant une intégration, à première vue interdite. La liberté de prendre ses distances visà- vis de la société coloniale, c’était braver l’opinion et en subir les conséquences, c’était aller jusqu’au bout de soi-même en provoquant haine et suspicions, c’était aimer le désert et en mourir. L’énigme Eberhardt, dont le mode de vie, les amitiés et les habits masculins avaient étonné plus d’un sur les rives du Léman, étonna bien davantage les Français d’Algérie qui l’observèrent avec méfiance. Par sa plume précise et acerbe, elle s’est insurgée contre les comportements inhumains des troupes coloniales et dénoncé leurs agissements en sa qualité de romancière et de reporter aux journaux El-Akhbar et la Dépêche algérienne. Isabelle racontait de l’Algérie «rien de ce qui aurait pu plaire au colonialisme». Son regard n’allait se poser, ni sur l’Orient des richesses ni sur celui des mirages, il n’allait qu’à l’Orient des réalités quotidiennes, aux faits et gestes des plus humbles, «…ceux qui n’ont rien et à qui on refuse jusqu’à la tranquillité de ce rien». Isabelle demeurait une âme en peine, en peine de liberté…. Comme elle le décrit : «Je travaille à noter mes impressions du Sud, mes égarements et mes inventaires, sans savoir si des pages écrites si loin du monde intéresseront jamais personne.» «N’est-ce pas la terre qui fait les peuples ? Que sera l’empire européen d’Afrique dans quelques siècles, quand le soleil aura accompli dans le sang des races nouvelles ? A quel moment nos races du Nord pourront-elles se dire indigènes comme les Kabyles roux et les Ksouriennes aux yeux pâles ? Ce sont là des questions qui me préoccupent souvent…». Elle écrit durant l’été 1904 : «J’ai quitté Aïn- Sefra l’an dernier aux premiers souffles de l’hiver. Elle était transie de froid, et de grands vents glapissants la balayaient courbant la nudité frêle des arbres. Je la revois aujourd’hui tout autre. Maintenant que j’y vis, en un petit logis provisoire, je commence à l’aimer. D’ailleurs, je ne la quitterai plus pour un maussade retour vers le Tell banalisé, et cela suffit pour que je la regarde avec d’autres yeux : ce ne sera que pour descendre plus loin que j’irai là-bas, où dorment les hamadas sous l’éternel soleil(…)» Notons que deux tabous ont été cassés, le premier sur la reconnaissance d’Isabelle, et le second sur l’islamité d’Isabelle. Le président Abdelaziz Bouteflika a, à deux reprises, cité Isabelle dans ses discours, notamment aux Emirats, où se tenait le forum «Déserts du monde». Alors, que le président du HCI, M. Bouamrane Cheikh, a tenu une conférence sur l’islamité d’Isabelle lors de la commémoration du centenaire de sa mort, à Aïn-Sefra en 2004. L’écrivaine de l’académie Goncourt Edmonde Charles-Roux a consacré à Isabelle une volumineuse biographie, dont le dernier livre Isabelle du désert compte 1 108 pages. Un film de 59 mn intitulé La fièvre de l’Errancea été réalisé par le cinéaste Ali Akika. Isabelle Eberhardt meurt à l’âge de 27 ans, lors de la crue subite de Oued Sefra, le 21 octobre 1904. Elle repose au cimetière musulman Sidi- Boudjemaâ, aux côtés de sa consœur Safia Ketou, sur cette terre d’Algérie qu’elle a tant chérie.
    B. Henine

  9. bencherif écrit:

    Le 21 octobre 1904, disparaissait tragiquement la jeune et brillante écrviane, aventurière et féministe isabelle Eberhardt, emportée par les eaux rageuse de l’oued d’Ain-sefra; d’origine suisse, convertie à l’islam, elle fut adoptée par Ain-sefra comme sa propre fille; Depuis, 2001, nous organisons chaque année un colloque sur sa vie et son oeuvre; faussement accusée d’espionnite àa ls solde du général Lyautey, alors commandant la subdivision d’Ain-sefra, nous luttons pour ôter cette petite tache et donner à Isabelle la reconnaissance qu’elle est en droit d’attendre en tant qu’écrivaine ; ce soir nous commémorons dans l’auberge de Tiout, une très belle oasis, la disparition d’Isabelle par une série de conférences et un récital que je te donnerai du poème que j’ai composé pour elle.

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