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Archive pour le 11 décembre, 2010


L’insurrection de Marguerite ou des Righa dans la mémoire collective; ahmed bencherif

11 décembre, 2010
culture | 9 réponses »

                                                L’insurrection de Marguerite 

                                                Ou des Righa du 26 avril 1901 

                                                 Dans la mémoire collective 

 

 

 

 

 

          Dans cette conjecture où les gouvernants, les historiens  et les romanciers se font un devoir de piocher dans notre passé proche de nous, combien dramatique, vécu sous la botte du colonialisme français et le mettre à la connaissance de notre public, il est de mon haut devoir national, en tant qu’écrivain engagé, d’envisager les voies et les moyens visant à sortir l’insurrection des Righa de sa dimension locale, observée jusqu’ici et lui réserver la dimension nationale qu’elle mérite. Car, elle la mérite de façon honorable, tant l’impact qu’elle avait généré sur les esprits avait dépassé les frontières de l’Algérie coloniale et avait provoqué des représailles draconiennes contre notre peuple.    

         Il est vrai que cette insurrection reste quasiment inconnue même des milieux intellectuels et les travaux qui y font référence sont presque inexistants. Ni historien, ni romancier n’ont eu à écrire son histoire scientifique ou romancée. Cependant, nous ne pouvons pas dire que nous sommes face à un mur de silence. En effet, l’historien Charles Robert Ageron en a développé les éléments essentiels dans son œuvre « Les Algériens musulmans et
la FRance 1871-1919 ». Disons tout de suite que c’est un Français. Mais sa probité intellectuelle ne peut être mise en doute. Car il est resté jusqu’à sa mort en France marginalisé du fait de ses prises de position vis-à-vis du colonialisme, principalement à travers son œuvre qui dévoile tous les mécanismes de praxis coloniale, les exactions et les drames subis par les générations éteintes des Indigènes, appellation honteuse coloniale.     

       D’autre part, notre historien  Laadi Flici  a, quant à lui, rassemblé dans un livre de chronique générale, les dépositions devant la cour de justice de l’Héraut, Montpellier en France, celles des inculpés, des victimes et de témoins. C’est certainement un travail de recherche poussé qu’il avait puisé dans les annales judiciaires.     

      Cependant, les travaux cités ci-dessus étaient nettement insuffisants pour avoir une idée précise sur cette insurrection qu’il m’a fallu analyser dans son contexte général, c’est-à-dire dans le cadre de la politique coloniale étudiée dans l’œuvre monumentale de Charles Robert Ageron, subdivisée en 2 tomes en grand format et contenant plus de 1400 pages, qui détaille toute la vie socio politique culturelle économique de l’Algérie coloniale.    

       Ainsi, j’ai élaboré mon œuvre en deux tomes grand format et contenant près de 800 pages. Elle est magistrale de l’avis du comité de lecture de mon éditeur Publibook Paris et de la préface écrite de la main d’une Française et celui de mon éditeur Edilivre Paris. Si je l’ai publiée en France malgré les obstacles liés à la publicité et les ressentiments existants ici et là, c’est pour permettre au lecteur français de connaître la vérité sur le drame colonial exercé par ses propres gouvernants et comprendre aussi la position de l’Algérie à la repentance, corollaire à toutes relations bilatérales exemptes de crises cycliques qui naissent d’un moment à l’autre entre nos deux Etats.      

       J’ai donc livré, à titre onéreux, 100 exemplaires de mon œuvre Marguerite à la direction de la culture de la wilaya de Ain-defla et je remercie encore une fois les responsables qui ont été à l’origine de cette opération. Cela ne constitue  qu’une étape franchie pour honorer cette insurrection qui eut un fort impact en en Algérie et en France. Il y eut représailles pour mater l’insurrection et un durcissement de la politique coloniale pour prévenir toute récidive de rébellion.   

       C’est dans le cadre du procès de Montpellier que le drame colonial fut connu pour la première fois par l’opinion métropolitaine. En effet, la cour de Cassation avait retiré le dossier judiciaire à la cour d’assises d’Alger qui réservait sans coup férir la peine capitale aux insurgés, voire le lynchage public spontané. Ainsi la presse, des milieux intellectuels et des partis libéraux eurent à condamner sans équivoque la praxis coloniale et l’état de servitude dans lequel vivait notre peuple. Une solidarité de populations métropolitaines françaises fut même engagée en faveur des insurgés qui se traduisait par des quêtes d’argent pour payer des avocats. Ce fut un procès à scandale en France   qui prit quarante jours d’audience en deux ans. Au final, le jugement ne fut pas assorti de peine capitale, mais de réclusion allant de huit à dix sept ans. Cependant en Algérie le sort des insurgés fut inique. 

        En effet, leurs biens furent confisqués, certains furent exilés à vivre dans d’autres contés et cela sans règle de droit. Les autorités coloniales les avaient dépossédés du peu de terres agricoles qui leur restaient et de leurs troupeaux. En effet, elles les amendes forestières draconiennes, les dépossessions progressives des terres agricoles, les interdictions de pacage abusives avaient sévèrement paupérisé la tribu des Righa qui eut à adresser plusieurs pétitions au parlement français à partir de 1892, ainsi qu’à la commission d’enquête parlementaire de Jules Ferry qui avait recueilli les doléances des populations indigènes, au cours d’un périple de 4000km qu’elle avait mené à la date précitée. Ainsi elle avait épuisé routes les voies pacifiques de recours sans obtenir satisfaction. Aussi, elle s’était insurgée pour rappeler au colon que sur la terre d’Algérie, il n’existait que des hommes libres, conquis mais jamais soumis.   

        Une journée de prise d’armes avait laissé de grandes inquiétudes au sein de la communauté coloniale qui criait à l’insécurité et revendiqua du gouvernement général de la pourvoir d’armes pour se défendre, chose qu’elle ne put obtenir. Cependant la sécurité s’était renforcée par le retour au régime d’exception du droit et il fut érigé des tribunaux d’exception pour juger les indigènes par le biais des commissions disciplinaires et non par les tribunaux. Donc la corde s’était resserrée autour des populations indigènes. Cette insurrection avait quasiment clos la  longue chaîne des révoltes et ouvert la lutte par la voie politique,avant l’émergence des partis, par le biais du mouvement de ce qu’on appelait le mouvement des Jeunes Turbans ou encore des personnalités tel que l’émir Khaled. 

     La matière est désormais disponible pour faire connaître de l’insurrection de Marguerite ou des Righa, principalement par la voie de mon œuvre Marguerite dont cent exemplaires sont disponibles au niveau de la bibliothèque de la wilaya de Ain-defla. Mais il reste beaucoup à faire en partenariat avec la wilaya.     

     - Pour ma part, je compte rééditer mes ouvrages en Algérie par aux frais du Ministère de la culture et votre appui ne sera pas de trop. D’ailleurs madame
la Ministre m’avait fait cette proposition. 

      - En ce qui concerne la wilaya, il serait utile et profitable pour la mémoire collective qu’elle organise sous le patronage du Président de
la République un colloque national à l’occasion de la prochaine commémoration de l’insurrection le 26 avril 2011. Ainsi les universitaires et les historiens auront à enrichir les travaux mis à jour jusqu’ici. Vous n’êtes pas sans ignorer que sur le net les pieds noirs déforment les vérités et font de cette noble insurrection un acte de dérapage.    

       Alors, monsieur le Wali je vous demande d’associer nos efforts pour parvenir à cet objectif grandiose et honorable et initier ce colloque pour découvrir toutes les inconnues laissées par les auteurs sus cités et moi-même.    

 

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