ahmed bencherif écrivain et poète

Bienvenue sur le blog de ahmed bencherif blog de culture et Littérature

8
jan 2013
La cité chérifienne d’Ain-sefra et l’exploitation du bois de montagne hier, extrait le Vaniteux roman à paraitre; Ahmed Bencherif
Posté dans hé hé hé c'est moi qui l'ai tué par bencherif à 9:22 | 3 réponses »

Comme toujours dans des assemblées du genre, la parole est aux nantis et ces notables, qui étaient bien accoutrés dans leurs gandouras de soie, leurs burnous de laine légers, coiffés encore de turbans blancs ou jaunes ocellés, roulés en quatre ou cinq tours de tête, marquaient de leur verbe haut la conversation. Le sujet se rapportait directement à la vie de la petite cité, fière de ses origines chérifiennes, prouvées de quatorze siècles et pas seulement, elle l’était aussi pour son caractère laborieux, opiniâtre et revêche. Elle venait tout juste d’en faire la démonstration à ses détracteurs, nombreux dans la région des Ksours de façon spécifique à son quotidien. En effet, elle venait juste de triompher d’un acte administratif qui la rétablissait dans ses droits immémoriaux d’exploitation de la forêt de la montagne bleue dont la genèse est originale :

« La cité exploitait presque à elle seule la montagne bleue en bois de combustion ou comme poutres de toiture, pour ses besoins personnels et occasionnellement à titre marchand. Car elle était riveraine de cet imposant Mekhter, le mieux boisé que les autres monts de la région, ce qui nourrissait des frictions avec d’autres groupements sociaux. Oui. Une proche localité, de souche berbère, en était viscéralement jalouse ; elle travaillait moins et gagnait donc moins, tandis qu’elle possédait une palmeraie traversée par un oued dont les eaux d’irrigation étaient retenues pas un barrage réalisé par la commune mixte depuis fort longtemps. Il y gelait moins et faisait plus chaud. Elle tait aussi la terre natale du bachagha, ce super caïd dont l’autorité était immense et redoutable qui y veillait aux intérêts. Cette saison, elle se fit défenseur écologiste et l’exhorta à décider la mise en défens de la montagne bleue, pour en préserver la foret. C’était une supercherie pour empêcher la cité chérifienne de se procurer son bois, l’unique source d’énergie existante dans le temps. Le bachagha saisit alors le Hakem qui prit un arrêté dans ce sens qu’il notifia à la cité chérifienne. Celle-ci fut obligée d’en prendre acte et n’alla pas pleurnicher auprès du bachagha. Elle obéit aux directives communales aussitôt et cessa de monter dans sa montagne bleue, ne cria guère au désespoir de cause, ni chercha à dénoncer ce déni de justice dont elle n’avait pas de moyens de recours. La cité envieuse en connaissait les limites en terme d’influence avec l’autorité et cria victoire. Mais elle déchanta tôt. Trois jours plus tard, elle fut surprise de voir sa rivale venir jusque dans son propre territoire, escalader sa propre montagne, Aissa, et fendre le bois pour ses besoins domestiques. Elle continua plusieurs jours à s’approvisionner et suscita encore la jalousie de sa rivale. Celle-ci alla se plaindre au bachagha et l’exhorta de frapper la cité chérifienne d’interdiction d’exploiter le bois dans la montagne marron, Aissa. Le bachagha éconduit la cité berbère ; mais celle-ci le relança plusieurs fois. Alors, il leva la mise en défens de la montagne bleue et enjoignit à la cité envieuse de travailler comme les autres, au lieu de demeurer oisive sur les remparts de leur ksar. «

Cet évènement s’était passé, depuis dix jours seulement et conservait fraîchement ses propres échos. Il avait une saveur de miel pur pour les convives. Il était évident que la joie immense sautait aux yeux : bonhomie de tous, sourire large, bonne réflexion, boutade, taquinerie. Une victoire chèrement acquise à l’endurance, voilà ce que c’était. Les  impressions pleuvaient en cascade : «  ils ont eu ce qu’ils méritaient, ces envieux ; ils avaient cru réellement nous faire peur par l’autorité ; ils n’arrivent pas à se mettre dans le crâne que nous ne baissons pas les bras ; sans blague, ils pensaient qu’on allait mourir de froid et nous priver de repas chauds ; ils se sont donnés en ridicule ; le bachagha avait une belle jambe en faisant appel au Hakem pour annuler la mise en défens de notre montagne bleue ; oui, le bachagha a été le jouet de la ruse de ses administrés ; qu’ils crèvent ces envieux dans leur petitesse ». Leur caïd en était fier et se donnait des airs de grandeur. Il avait bien sûr donné son assentiment à sa cité pour aller chercher du bois au mont de Aissa. De toute manière, il n’avait aucune alternative, ses administrés étaient réfractaires à l’autorité, quand ils étaient dans leur bon droit, ce qui arrivait souvent.


Fil RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse.

3 réponses:

  1. toujours aussi présente admirative Flora; merci

  2. Flora Sahara écrit:

    lu mon ami, merci

  3. Flora Sahara écrit:

    lu, cher ami . merci .

Laisser un commentaire

Yasume |
les poèmes de mistigri |
philantrope de mbarta |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | HAZA LANITRA
| beauty $pot
| lalarmedelephant