ahmed bencherif écrivain et poète

Bienvenue sur le blog de ahmed bencherif blog de culture et Littérature

  • Accueil
  • > Archives pour le Mercredi 17 mars 2021
Archive pour le 17 mars, 2021


première audience le procès des insurgés de Margueritte ahmed bencherif

17 mars, 2021
Non classé | Pas de réponses »

  1. Préliminaires

Le procès s’ouvre le lundi quinze décembre 1902. C’est déjà la moitié du mois de Ramadhan. Les accusés de Margueritte font le jeûne. La nourriture qui leur est fournie est bonne et ils en sont contents. Voilà vingt-cinq jours qu’ils sont en détention provisoire à la maison d’arrêt de Montpellier. Ils ont repris des couleurs et une santé acceptable. Les résidents malades d’entre eux ont été traités et eux aussi sont de meilleure forme. Des femmes de Montpellier et de la région leur rendent visite, leur apportent des vêtements, de la nourriture, leur font des dons d’argent pour payer les honoraires d’avocats, dont elles réclament les coordonnées aux agents de la cour. Plusieurs d’entre elles ont été inquiétées par la police et certaines ont été même placées en garde à vue. Hélas, elles sont restées dans l’anonymat et nous ne pouvons citer quelques-unes d’entre elles nominativement. Cependant, nous leur rendons un grandiose hommage pour leur humanisme qu’elles avaient manifesté, à notre sens, pour tout le peuple français de la Métropole.

 

Le palais de justice était hautement sécurisé. Les issues étaient gardées par des soldats de l’infanterie, à l’intérieur du vestibule par des éléments du génie militaire et enfin la cour intérieure par soixante gendarmes. Toutes ces précautions étaient prises dans une négative probabilité de mutinerie. Ces mesures de sécurité draconiennes furent critiquées par la presse qui les jugeait inutiles pour des accusés, trop fragiles.

 

Une foule était venue voir ces insurgés en blanc qui avaient bravé l’ordre établi. La présence féminine sortait de l’ordinaire, tant elle était très nombreuse et visiblement fortement intéressée. Elles étaient blondes ou brunes, de toute beauté, de tout âge, le mouchoir à la main, pour essuyer des larmes hasardeuses, la bourse également ouverte pour venir en aide à leurs accusés favoris. Les hommes, quant à eux, venaient suivre un procès de grande envergure qui ne manquait pas d’interpellation sur le plan philosophique, en matière de droits de l’homme dont les ligues se trouvaient encore à l’état embryonnaire. Il y avait parmi eux beaucoup d’intellectuels et d’hommes politiques. Des journalistes et des photographes étaient aussi en grand nombre, venus alimenter leur chronique judiciaire. Une centaine de personnes, qui étaient maintenues par des soldats devant les grilles, attendaient la permission d’entrer.

 

Parmi les cent-sept accusés, qui comparaissaient, il y avait quinze vieillards et un aveugle. Ils paraissaient d’une douceur extrême et ne semblaient pas se faire une idée précise de cette tribune qui les jugeait. Le palais les impressionnait par la propreté de ses lieux, par la tenue des hommes en robe. Le public leur paraissait comme un avocat général qui était là pour les accabler de charges irréfutables. Tous ces facteurs les mettaient durablement mal à l’aise et ils ne pouvaient que suivre ce cheminement judiciaire dans la passivité totale, loin du milieu dans lequel ils avaient toujours vécu.

 

La salle a fait l’objet, elle aussi, d’aménagement léger, mais utile pour abriter ce procès monstre. La cour a installé sa tribune à deux mètres et demi en retrait du mur de fond. Prenant environ trois mètres, sur la gauche, on a élevé une succession de gradins réservés aux accusés, encadrés par les gendarmes. Des pupitres et des bancs en bois blanc étaient destinés aux avocats, face à la cour sur le côté droit ; les douze jurés et les deux autres suppléants disposaient d’une tribune, face aux gradins construits ; les témoins trouveront leur place au fond de la salle à droite, lorsqu’ils auront déposé ; enfin pour la presse, venue nombreuse de Paris et de la région, un espace lui est réservé à l’entrée au — dessus de la porte. Le service d’ordre est assuré par les soldats du deuxième Génie et les gardiens de la paix, l’ensemble dirigé par le commissaire central, M. Hitte.

extr le procès des insurgés de Margueritte cour d’assises Montpellier 1902-1903

Yasume |
les poèmes de mistigri |
philantrope de mbarta |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | HAZA LANITRA
| beauty $pot
| lalarmedelephant