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25
mar 2021
Getukiya et le voyage de la vie; ahmed bencherif
Posté dans Non classé par bencherif à 7:51 | Pas de réponses »

Dans leur chaumière, Chanoufa et sa fillette Getuliya se regardaient seulement. Elles n’avaient rien d’autre à faire. Elles étaient nues, fragilisées par le destin qui frappait à leur porte. Rien ne pouvait le conjurer. Cette famille était abandonnée par les siens.  Les petits enfants restaient immobiles, comme paralysés, comme si leur sang avait glacé dans leurs veines. Leur demeure de fortune était vide, sinistre, exigüe malgré ses dimensions normatives dans le  village. Le feu ne brûlait pas, ne conservait point de chaleur. Il était froidement macabre. Les cendres avaient été raclées et jetées au vent. Il n’y avait rien à manger. C’était la famine qui avait frappé de plein fouet ce foyer, qui ne mangeait pas depuis cinq jours au su et au vu de tous.

La  croyance voulait que devait être enterrée vivante dans un tumulus toute famille qui était arrivée au bout de ses infortunes, dès que toutes ses ressources auront été épuisées. C’était quasiment un culte inviolable que personne n’osait ni profaner, ni remettre en  cause. Ce peuple souffrait dans les fondements de son humanité et faisait de l’égoïsme une règle de vie sacrée et au lieu de solliciter des se cours en cas de besoin vital, il préférait mourir, construire son monument funéraire et y attendre stoïquement la mort. Cette croyance était vieille et rien ne permettait de la situer dans les siècles obscurs passés. Elle  n’était pas exclusive au village de Doug. Mais elle était en pratique dans toute la région et con cernait spécialement le peuple Gétule,

« Getuliya, nous  vivons  nos derniers instants sur terre, dit Chatoufa.  Sois forte et courageuse. L’épreuve est terrible ». Sa voix fut littéralement brisée, telle une vague qui se jetait sur un récif. Ses larmes commencèrent à tomber faiblement, puis par flots qui lui trempaient tout le visage. Elle la serra fortement sa fille dans ses  bras, comme si elle espérait du fond de son âme lui prolonger la vie. D’ailleurs, c’était le vœu fort du père. Il n’avait hélas aucun pouvoir pour l’exaucer. Getuliya, la fillette de neuf ans presque ne disait rien, n’éprouvait aucune phobie. Elle était  calme, en pleine possession de ses facultés mentales. Elle méditait sur  cette façon de mourir que son peuple avait adoptée et qui lui paraissait inhumaine. Elle la désavouait en silence par crainte de heurter ses convictions. Elle se devait d’agir, sans savoir comment. La mère la tira de ses méditations et lui dit d’aller rejoindre leur future demeure.

Elles s’en allèrent, guidant deux petits poussins. En chemin, des habitants les regardaient sans la moindre compassion  ni pitié. Ils traitaient même  Chatouf d’homme in capable d’assumer son foyer et donc il méritait la mort. Ils le qualifiaient de paresseux et éprouvaient pour lui seulement du dédain. Ils étaient durs comme, humainement insensibles à ce mode cohabitation qui dépassait toutes les bornes admises de l’égoïsme. Et pourtant, leur peuple sacrifiait ainsi ses enfants de façon la plus horrible et la plus sinistre. Il en arrivait souvent  cette mort  volontaire, qualifiée comme un culte funéraire. Getuliya et sa mère n’en étaient nullement affectées. Elles demeuraient grandes dans leur malheur et aucun moment, elles n’eurent à l’esprit d’aller demander l’aumône


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