ahmed bencherif écrivain et poète

Bienvenue sur le blog de ahmed bencherif blog de culture et Littérature

Archive pour août, 2021


les vagues poétiques , Ahmed Bencherif

31 août, 2021
Non classé | Pas de réponses »

                                  De la nuit

 

                                          

Quel beau séjour dans les nuits longues

Quand âme ne vive, ne respire,

Que se tuent les mauvaises langues,

Epuisées tout le jour de médire.

Que vienne le temps de communier

Sous le ciel constellé ou gris sombre

Quand soufflent les brises raréfiées

Que tombe la rosée sans nombres.

 

Eté, printemps, automne et hiver

Le désir est toujours conquérant,

Tendre ou Violent, mais téméraire,

Berceur d’évasion et suggérant,

Puis soufflant chaud  enfin affolant

Moissonnant les beaux champs de l’extase,

Sous l’ardeur des cœurs pris dans l’élan,

Quand la passion survoltée embrase.

 

Alors c’est la promesse de l’amour

Couronné de bonheur fastueux

Conçu sans magie par tes atours,

D’inégal panache somptueux.

les vagues poétiques Ahmed bencherif

31 août, 2021
Non classé | Pas de réponses »

                             Dérive sur tes rives

 

 

 

 

Sur la mer, le bateau dérive par houle,

S’expose vaillamment aux forces déchaînées

Et moi, prisonnier de ton amour charnel,

Je tangue dans tes bras, en toi, abandonné.

 

Le bateau est plus fort, il trouve son salut,

Fend hardiment les flots, accoste sur un port,

Et moi battu de tes câlins si bien voulus,

J’échoue dans ton amour érotique très fort,

Quand ta peau de chaleur excessive s’empourpre,

Tes yeux azur brillent, ton cœur s’emballe trop,

Ta raison déserte, ton fol instinct sombre,

Tes sens te fouettent, ta voix ne dit un mot,

Tes cheveux se défont, tes sens se dressent,

Tes lèvres mûrissent, tes mains jouent tendrement,

Tes  bras exquis se ploient et de fougue enlacent,

Tes instincts frémissent et vibrent insolemment.

 

 

climat insurrectionnel Ahmed Bencherif

31 août, 2021
Non classé | Pas de réponses »

Quelques jours plus tard, l’ambiance était multiforme au marché des fruits et légumes. Des fellahs, des laitiers et des montagnards vendaient leurs produits dont ils vantaient les qualités, en chantonnant indéfiniment, en interpellant chaque passant, en l’accrochant quelques fois. Astuce, savoir faire, manque de dignité ? C’était la coutume des ambulants, acquise au fil du temps dont ils tiraient le plus grand profit, sans état d’âme et sans complexe. Leur lexique était si recherché que d’aucuns n’y restaient insensibles. Il était soigneusement élaboré, richement imagé, malgré l’indigence intellectuelle de ses promoteurs ou de ses utilisateurs : « glands chauds pour les nuits d’hiver, herbes potagères pour la ménagère, plantes médicinales de virilité ». Les vendeurs étaient charmants, sympathiques, souriants en permanence. C’était leur caractère naturel qui leur permettait de commercer en plein air, dans la confusion des bruits, avec des clients diversifiés, peu exigeants, marrants qui complétaient ce décor burlesque unique.

 

Une peau blanche était là. Elle emplissait son petit couffin en osier qu’elle portait au bras : persil, radis, poireaux. Mais, elle se pavanait, se dandinait, promenait sa belle croupe plantureuse, exhibait les deux grappes rondes et pointues de sa poitrine, souriait malicieusement, faisait l’œil doux ou dardait de son regard, mâchait ses lèvres. Les hommes la suivaient des yeux, ne la quittaient pas, restaient suspendus à ses attraits, s’imaginaient avec elle, dans son petit studio qu’elle occupait dans une petite rue discrète du village. Elle incarnait la sensualité ce dont chacun en raffole ici-bas, elle faisait oublier la notion du péché, le jour de la résurrection. Chaque partie de son corps envoûtait et si les oiseaux avaient une capacité d’assimilation, ils s’y percheraient, la croyant un succulent mûrier.

 

Lolita, c’était son nom, un nom facile à prononcer, à retenir, comme de l’eau, trois syllabes qui sortent de la bouche comme un chant mélodieusement passionnant, s’insinuent à travers l’intelligence, se logent dans l’instinct, enflamment le désir, font bondir l’agonisant sur son séant. Elle était jolie, pleine et vivait amoureusement son trentième printemps. Elle s’installa depuis six mois dans le village et faisait fructifier, dans sa loge, son unique capital, son trésor caché. Elle sélectionnait ses partenaires et, pour sauver les apparences, fixait des rendez-vous, au lieu de se faire accompagner. Elle croisa Hamza qui circulait entre les allées. Elle le vit pour la première fois et l’eut dans sa chair. Elle s’arrêta en face de lui, posa sa superbe forme, cligna de l’œil. Il l’ignora, passa son chemin.

 

Hamza continua sa petite vadrouille et vit, dans la petite foule, son ami, Mabrouk, occupé à vendre des glands. Il le rejoignit aussitôt, content de masquer la gêne  qu’avait laissé en lui Lolita. Les deux jeunes gens se saluèrent amicalement, s’interrogèrent des yeux sur leurs préoccupations d’avenir et dirent en même temps : « Et alors ? ». La question resta sans réponse. Ils comprirent qu’il n’y avait rien de neuf. « Cette fille est un scorpion, au venin mortel, dit Mabrouk. Elle ira tout droit en enfer avec tous ceux qui tombent sous son hypnose et partagent sa couche ». Son voisin intervint sans être convié et dit : « C’est une jument qui s’emballe en piste ». L’allégorie significative révolta Mabrouk dont les traits se durcirent et les yeux giclèrent du sang.

 

- Quelle impudeur, dit Mabrouk. Quelle mauvaise éducation ! Tes paroles pécheresses te mèneront dans les chaudrons de la géhenne ; tu es homme corrompu par le diable.

 

Sa réaction prompte et vigoureusement moralisante sidéra le voisin. Celui-ci comprit machinalement qu’il avait à faire à l’un de ces gens bornés qui s’abreuvaient d’un Islam pur, à ses premières origines, et qui croyaient que l’humain devait se comporter en ange, ignorer ses désirs, bloquer les sphères de son imagination, taire les pulsations de son cœur, soit vivre dans un monde vertueusement idéalisé. Il savait que ces apprentis soufis ne comprenaient pas grand-chose ni à la religion, extrêmement tolérante, ni à la vie et renonça à lui montrer le semis de sa colère.

 

Hamza ne fit aucun commentaire, par crainte de jeter de l’huile sur le feu entre les deux antagonistes dont il ne pouvait prévoir les réactions. Il ne tenait pas à arbitrer une épreuve entre l’intolérance aveugle de l’un et la passion débridée, de l’autre. Les deux personnages manquaient d’éducation, la plus élémentaire : Mabrouk s’incarnait en censeur de mœurs avec brutalité, le voisin avait fait irruption dans une discussion sans être convié. Il dit calmement à son ami que la nature des hommes était complexe. En rencontrant son ami, Mabrouk n’avait plus envie de faire encore le marchand de fruits forestiers. Il ramassa deux ou trois tas de glands invendus et les mit dans son sac. Il l’offrit à Hamza et le pria de l’accepter, en soulignant que tous les gosses en raffolaient. Le modeste présent fut accepté  sans formalisme.

 

Les jeunes se retirèrent à l’écart pour discuter librement de leurs préoccupations. Mabrouk était moins enthousiaste que la dernière fois : l’action future était gigantesque et lui paraissait quasiment impossible. Il dit que la voie du baroud était semée d’embûches et de danger. Hamza le regarda avec perplexité et lui demanda s’il se rétractait. « Me rétracter, moi, répliqua-t-il ? » Il ne se rétractait pas ; la préparation matérielle s’avérait ardue et longue, exposée à de multiples aléas. Il n’avait pas flanché ; il doutait du succès de leur entreprise qui lui semblait suicidaire. Il s’agissait d’acheter clandestinement des armes à feu qui transiteraient par des frontières étroitement surveillées par la cavalerie.  Hamza le rassura en disant que les fournisseurs travaillaient aussi dans l’anonymat total, reliés les uns aux autres par une longue chaîne qu’il était difficile de remonter. Il ajouta qu’il faudra prendre contact avec les gens de Oued Souf qui ramenaient des articles prohibés, tels que les journaux égyptiens ou tunisiens qu’il avait l’habitude d’acheter à Meliana.

 

- Puisque tu dis que tout se passera bien, commençons à travailler au plus tôt, dit Mabrouk. Tu devras d’abord connaître les adeptes de la confrérie religieuse et je te propose de venir chaque vendredi prendre part à la cérémonie religieuse.

- Oui, je viendrai sans faute. A plus tard.

ext Margueritte revisitée 26 avril 1901

Ain-Sefra Odyssée Ahmed Bencherif

17 août, 2021
Non classé | Pas de réponses »

 

Ain-Sefra

 

 

Ain-Sefra, lotie dans l’immense vallée,

Entre deux puissants monts boisés sur les hauteurs,

L’un bleu qui, sur la dune, semble rouler

L’autre marron qui se dresse en raideur.

 

Et tous deux se dressent très haut dans le ciel,

Captent des nuages dont ils gardent des eaux

Qui, dans leurs entrailles, suintent et se faufilent,

Se gonflent sous terre et forment des ruisseaux,

Réserve humide qui fait la félicité

De grandes cultures très riches et variées

Qui trahissent combien avec l’aridité

Du milieu naturel insolite et bigarré.

 

Aujourd’hui aride, jadis très humide :

Ce fut un marécage  vaste et très arrosé,

Où partout l’eau faisait de la contrée féconde,

Dont toutes les moissons berçaient aux alizés.

 

Ce fut la savane sur les hauts plateaux,

Fournie abondamment en herbes très denses,

Enrichies de flore qui embaumait très tôt,

Adoucies de couleurs dont germaient les essences.

Sa faune africaine a disparu de nos jours :

Herbivores et fauves la peuplaient densément,

Depuis des temps anciens échus et sans retour

Jusqu’à l’ère de Juba, guerrier en mouvement,

Constructeur de cités, écrivain éclairé,

Agronome et fellah sur le pas de Carthage,

Chasseur de pachyderme au Sahara doré,

Auréolés de trophées sur tous les rivages.

L’éléphant, gros mangeur, broutait et s’abreuvait

Sur place sans chercher de nouveaux pâturages,

Au Sud vers de lointains et certains rivages

:          Se roulait dans la boue et dans l’eau se lavait.

 

La girafe, belle de sa robe tachetée,

De félin, de pas fier, tous les sens en éveil,

Courait dans la brousse avec agilité,

Peinait à baraquer et prendre le sommeil.

 

Le buffle en habit noir, impressionnant de taille,

Doux en comportement, puissant en défense

Elit son pâturage  aux sites de paille

Près des bois idéal abri par excellence.

 

Le gnou fou en course laisse des poussières

Sur ses pas bousculés comme une traînée

De poudre qui ne meurt et monte dans les airs ;

Jouant ou paniqué, il se sait dominé.

 

Le zèbre en rayures blanches et grises,

De bedaine pleine, de queue comme un fouet

Ne montre d’apathie, presque toujours muet,

Se prend en piège et sur le marais s’enlise.

L’antilope douce, belle et gracieuse,

Couleur fauve et blanche, de noirs yeux ravissants,

Rapide et agile, plus que merveilleuse,

Se cache dans l’herbe pour préserver son sang.

 

Le guépard tacheté avec grande beauté,

Rapide et silencieux, semble bien disposer

De muscles élastiques d’aisance et agilité,

Pour pourchasser sa proie bien inapte à ruser.

Très Puissant prédateur Il voit mal les couleurs,

Peut passer à côté de son gibier terré,

conférence Isabelle Eberhardt, Ahmed Bencherif

17 août, 2021
Non classé | Pas de réponses »

Puissance du parti colonial

Ismail Urbain  est l’homme d’une idée, d’une politique sur la question indigène. Sa théorie consistait à faire évoluer les Musulmans français pour se les concilier définitivement. Il fut l’apôtre d’une Algérie franco-musulmane. Enfant illégitime et mulâtre, il en porta toute sa vie la blessure, la cachant soigneusement, vivant presque dans la réclusion et sans ambition carriériste, par peur de s’expliquer sur sa naissance. Au soir de sa vie, il dit : « J’espérais concilier les Noirs et les Blancs dans une estime réciproque mieux qu’ils ne sont rapprochés dans des amours passagères ». Il agit non en Noir européanisé, mais en défenseur des Arabes d’Algérie, en passionné de la Justice. Adepte du Saint-simonisme dont il accomplit durant quelques mois son noviciat. Sa politique en fit sa postérité. Souvent d’illustres hommes politiques, militaires ou de lettres lui rendirent hommage et en furent peu ou prou inspirés. C’est ainsi qu’il fut de : Albin Rozet, Victor Barrucand, le maréchal Lyautey, vers la fin du 19ème siècle.

La politique d’Albin Rozet est édifiante dans le sens d’une égalité des droits, la séparation des pouvoirs. Sa proposition de loi, déposée le 14 janvier 1909, créa un tsunami de politique coloniale. C’était un réquisitoire contre l’administration algérienne, aux mains des colons dont elle incarnait l’esprit, et contre le régime de l’indigénat. Il condamnait les pouvoirs exorbitants des administrateurs et la confusion des pouvoirs. Il demeurait au fond un assimilationniste. Il voulait réduire le code de l’indigénat et le confier intégralement au juge de paix, d’en retirer définitivement la compétence à l’administrateur. L’administrateur condamnait sans procès-verbal, ni preuve de l’infraction, sans audience publique, sans greffier ni interprète, il jugeait sans appel. Le régime de l’arbitraire incarnait l’infaillibilité de l’administration. (Ageron p.660) : « L’heure a sonné d’édifier une Algérie libérale et d’assurer à nos sujets musulmans les plus indispensables Droits de l’homme, disait-il ». .

 

         Victor Barrucand n’en partageait pas la théorie. Il voulait l’allègement du code de l’indigénat pas sa suppression. Il écrivit au gouverneur général Jonnart pour alléger le code indigène : « A tort ou à raison, notre système algérien est basé sur l’administration. Qu’elle soit donc comme un miroir placé à mi-chemin ; impressionné par la clarté nationale, il saura le transmettre sous l’angle nécessaire. » La loi sur la séparation des congrégations de 1904 et 1905 allait encore créer des remous politiques. Barrucand y vit une probable mesure de libération du culte à condition de lui restituer les biens Hobous. En effet le clergé musulman hiérarchisé était rémunéré par le budget de l’état, alors qu’avant la colonisation il  était pris en charge par chaque collectivité. Ce fut alors une occasion pour les Musulmans de revendiquer en permanence ces biens.

La politique scolaire menée montre à quel point les divisions étaient profondes entre ceux qui considéraient que l’école était une arme dangereuse, si elle était ouverte aux Indigènes, dans la mesure où elle permettrait à brève ou longue échéance un facteur de regroupement de leur nationalité. Ils tenaient absolument à garder la supériorité intellectuelle sur les Indigènes et les maintenir dans le statut de sujets. Ils représentaient l’écrasante majorité. Dans la Dépêche coloniale du 24 décembre 1908, W. Marçais y précise l’opinion coloniale : « L’école en Algérie s’adresse à des populations politiquement françaises mais en fait étrangères. Elle doit former des sujets non des citoyens.» Rares quelques voix étaient dissonantes. Parmi celles-ci, on relève le recteur Jeanmaire qui était chargé de la mise en œuvre de la politique scolaire. Il jugeait l’instruction comme une libération et il refusait de parquer les Indigènes comme dans une réserve et dispenser un enseignement au rabais. V. Barrucand le qualifie d’assimilationniste et vraiment à tort. En effet le recteur voulait libérer l’esprit indigène en lui prodiguant un enseignement de qualité, selon toutes les normes pédagogiques en vigueur à l’école française. Jeanmaire lui répond : « je ne crois pas que ce qui fut bon pour nos enfants soit mauvais pour les enfants indigènes. » Il refusa de cautionner la politique scolaire telle que la voulaient les colons et fut démis de ses fonctions par le gouverneur général Jonnart le 5 novembre 1908.

Politique d’association ???

Vers 1900, la politique d’assimilation, tant idéalisée et tant évertuée, montre les limites dans son application.  C’était l’impossible fusion qui se mit au grand jour : comment transformer un peuple de croyants en libres penseurs, buveurs de vins ? Les théoriciens semblent bien convaincus de cette voie, combattue et par les colons et par les Indigènes : les premiers craignant de fondre dans la masse majoritaire qui prendrait infailliblement le pouvoir, par les voies démocratiques, les seconds craignant de perdre leur identité. V. Barrucand rejette cette assimilation, il est donc comme tout le monde et ne veut gêner personne. Mais la nouvelle politique adaptée aux indigènes qui veut rapprocher l’indigène dans son propre mode de gouvernance, en somme le garder dans son conservatisme, sans intégrer les bienfaits du progrès de la civilisation occidentale. C’est en somme l’évolution des Musulmans dans leur civilisation. Cette voie est condamnée, combattue par la bourgeoisie métropolitaine, alors que la gauche la voulait. Mais c’était aussi une belle utopie. Certains avancèrent une forme de protectorat, idée qui ne pût germer. Mais cette fameuse association resta tout simplement un concept qui attirait la dérision.

 

( Barrucand avait été envoyé en 1900 à Alger par la ligue des Droits de l’homme, en qualité de rédacteur en chef du journal du docteur Gérente. La séparation est consommée en 1902, Barrucand reprend à son compte le journal Alakhbar disparu en 1897 et lui donne la forme hebdomadaire ; à partir de 1903, la dernière page est publiée en arabe.) la devise de la publication est : ni exploitation, ni assimilation, association. Il n’avait pas tenté pourtant d’ébaucher une théorie de cette association. C’était une idée qui plaisait sans pour autant avoir un contenu quelconque. Isabelle Eberhardt collabore à ce journal dès l’année 1902.

 

les vagues poétiques Ahmed Bencherif

17 août, 2021
Non classé | Pas de réponses »

Muriel, dans sa cour

 

 

 

O jeunesse perdue ! Qu’en est-il des vieux ans ?

Souvenir ou regret des beaux jours insouciants,

Quand valsait le ballet pour toutes les saisons,

Naissait la mélodie en constante ascension,

Coulait comme source la liqueur limpide,

Régnait la mixité en habit fantaisiste,

Enivrait le parfum féminin dans le vide,

Que l’ambiance chassait l’ennui et l’air triste.

 

Ce soir-là, au printemps, surgissent mes démons.

Le cristal me tente, le rythme m’emballe,

Ses yeux me fascinent, j’oublie mes abrupts monts,

Sa grâce m’enchante, j’oublie mon aride val.

Les anges sont absents et d’ailleurs dieu aussi,

L’interdit ne m’effraie, il a goût de l’amour

Mais le temps égrené me plombe sans merci,

Le rêve est-il permis quand brillent ses atours ?

Vers en alexandrins, ou libres ou classiques,

Vous dansez dans nos cœurs en rythme cadencé,

Vous créez le jour dans la nuit opaque,

Quand on sombre à fond dans nos noires pensées.

Vivons alors l’instant dans sa plénitude

Ses joies ne sont mortes, ses ennuis passagers,

Savourons le nectar, rompons aux habitudes,

Melons-nous aux autres,  et mort aux préjugés.

Elle est sublime, déesse du temple

Phare de la soirée, mire de tous les yeux,

Aisée dans son voile qui à rien ne ressemble,

Voile rouge sacré au teint harmonieux.

Son mot est un ruisseau qui coule mélodieux,

Trouve la voie des cœurs, se greffe à l’esprit,

Un mot solennel qui azure mes cieux,

Qui gonfle mon voilier aux épaisses soieries.

 

 

 

Margueritte revisitée 26 avril 1901, Ahmed Bencherif

17 août, 2021
Non classé | Pas de réponses »

Un rayon solaire parut sur le seuil, pénétra et chassa la triste désolation qui avait perturbé les esprits : c’était la jeune et belle Pauline de souche espagnole. Sa beauté était éclatante, de peau blanche et de chevaux noirs, la sève de sa jeunesse coulait. Un seul regard vous suffisait pour être dans d’heureux transports. Slimane enrageait dans son fort intérieur que son père fût là, déçu de cacher son admiration, de jouer l’indifférent, le grand pieux. « Bonjour Mr le Moqadem, dit-elle ». Celui-ci la salua paisiblement. Elle était cliente attitrée et avait de la réserve, mariée à l’interprète de l’administrateur. Elle acheta deux draps, deux rideaux et des provisions, régla la note de dix francs, puis elle demanda à Hamza de ramener avec elle quelques colis, s’il le désirait. « Va avec elle, intima le père ». Hamza porta de bon gré le couffin lourd en produits, tandis qu’elle embarrassa ses jolis bras de colis, emballés dans du papier kraft rugueux, qui pouvait lui égratigner la peau laiteuse. Ils s’en allèrent et Hamza, comme vous pouvez l’imaginer, en était heureux.

 

La rue Saint Arnaud était animée par de multiples boutiques dont certaines répondaient au goût de leur temps, où l’homme était le propre artisan de sa vie et sublimait toutes ces belles curiosités artistiques qui manquent cruellement aujourd’hui dans nos salons ou sur nos épaules : là se trouvait un couturier brodeur, à coté un tanneur décorateur, un peu plus loin un armurier. Leurs articles et leurs produits procuraient de l’émerveillement qui coulait, fluide, dans l’âme ensorcelée  par un souvenir vivant, aux motifs admirablement ouvragés. Les deux cafés maures lui donnaient un charme particulier par un canari qui chantait au seuil de l’entrée, par un gros pot de jasmin qui poussait et exhalait ses parfums, par une énorme jarre d’eau fraîche scellée au mur et ombragée par une toiture en planches rustres. Dans ce décor chatouillant, le revendeur de tapis ne manquait pas d‘apporter une touche exceptionnelle et présentait des produits de l’art de différentes régions du pays.

 

Pauline et Hamza laissèrent, à leur gauche, le boulevard Bugeaud, longèrent l’artère animée bruyamment par des passants aux voix explosives, tournèrent à droite et s’engagèrent dans la rue Cavaignac qui desservait le quartier embourgeoisé. De part et d’autre de la chaussée, de somptueuses ou modestes villas se rangeaient, surélevées au sol, fleuries par de petits jardins à basse clôture, couvertes de tuiles rouges, vers lesquelles rampaient les œillets, ajourées par de grandes fenêtres aux rideaux fins et transparents. Sur une véranda, une vieille femme somnolait, sur une autre, un homme lisait le journal, tandis qu’un autre cueillait des roses. Et elle, Pauline, passait comme une lumière que dévora le regard d’un passant, vite corrigé au flanc par un cou de coude de sa femme. Dieu l’avait comblée de grâces et de formes harmonieuses : ses lèvres sensuelles brûlaient à distance, ses yeux noisettes ensorcelaient le derviche, les deux grappes qui pendaient à sa poitrine étaient succulentes ; sa longue et soyeuse chevelure, qui retombait sur ses épaules, inspirait le poète au bord de l’eau. Elle avait cette nature espagnole, gaie et cultivée par la note des castagnettes et la danse du flamenco ; en complément de es grâces, sa vertu la protégeait contre tous les prédateurs.

Ils arrivèrent au seuil de la petite villa, moins gaie en verdure et sans véranda.  Hamza voulut se retirer. Elle le pria d’entrer pour lui offrir un rafraîchissement. Il accepta difficilement et la suivit jusqu’à la cuisine où il déposa le couffin sur la table. Pauline, qui avait presque fondu sous la chaleur, ouvrit le robinet et se débarbouilla à la hâte. L’eau coula chaude et elle pensa qu’il valait mieux s’arroser sous la douche. Elle fit asseoir son hôte sur une chaise, lui offrit un verre de limonade et lui demanda de l’attendre quelques minutes. Elle se retira et l’on entendit l’eau tomber en cascades, puis elle revint, moulue dans une robe légère, plus belle et plus envoûtante. Elle prit une chaise et s’assit en face de Hamza qu’elle admira  sereinement et longuement : il avait une belle figure, des yeux mauves pénétrants, des sourcils assez fournis, une vitalité surprenante et de la tenue avec une grande modération de gestes. Il lui paraissait cependant énigmatique, l’air sévère. Lui-même, avait le regard suspendu sur cette merveilleuse créature qu’il contemplait, qu’il gravait dans son esprit. Il planait, il voguait dans une sphère inconnue, mais merveilleuse. Enfin un charmant sourire se découvrit sur son visage qui respirait un sentiment étrange.

 

-   Tu es belle Madame Pauline, dit-il d’un ton doux.

 

-   Enfin ! A la bonne heure ! Cela me fait plaisir de t’entendre parler. Au magasin, tu étais gai ;  en chemin, l’expression dure de ta belle figure m’avait fait peur. .Je t’ai peut être dérangé en te ramenant avec moi. Tu n’es pas fâché ?

 

-   Ce n’est pas cela du tout. Cela m’a fait plaisir.

 

-   En es-tu sûr ? Tu voudrais encore m’aider à faire les courses ?

 

-   Je ne sais pas, c’est tellement nouveau pour moi. Je n’ai jamais fait le porteur pour qui que ce soit. Tu sais, je n’avais pas obéi à mon père pour venir avec toi. Je l’ai fait de moi-même, poussé  par quelque chose que je ne parviens pas à m’expliquer. Tu viens d’où ?

Getuliya et le voyage de la vie, Ahmed Bencherif

17 août, 2021
Non classé | Pas de réponses »

Au fond de la cabane, la rescapée du voyage de la mort essayait une belle robe blanche qui lui a été offerte par son amie Adherbala. Elle lui seyait à merveille. Elle se présenta aux femmes qui l’encensèrent d’éloges très flatteurs peu communs. Dans sa démarche, elle ressemblait au cygne gracieux dans son élément aquatique qui suscitait l’admiration de l’artiste, du poète et même du navigateur. Dans son aisance et son apparence aérienne, elle était un ange dont les pas étaient légers et les yeux, célestes. Sa famille d’accueil la considérait déjà comme un être à part, supérieur à l’humain. Elle lui vouait une infinie déférence due à une prêtresse, qui serait l’oracle de son peuple. Elle lui prodiguait aussi un amour immense tout  comme à leur propre fille. Puis, elle la traitait de façon sublime, presque adulatoire.

en chantier

Gétuliya ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait. Du jour au lendemain, elle était devenue un symbole de mutualité et de foi. Cependant, elle s’y adaptait avec une spontanéité peu commune. Elle  n’était plus la gentille petite fille qui avait peur de mourir, qui aimait jouer à la corde avec son amie Adherbala et bavardait longuement avec elle. Elle était désormais sobre dans ses gestes et ses paroles. C’était comme si elle avait accédé précocement à la maturité et qu’elle devait exécuter des actes de pleine conscience. Durant toute la journée, elle était sollicitée par des femmes dont elle interprétait de façon naturelle les lignes de leurs mains et  leur prédisait un avenir radieux. Elle ne jouait guère la comédie, mais elle y croyait de toute la force de son âme. Même des hommes, les moins  crédules, la consultaient et lui demandaient une lecture astrologique.

Elle était aux petits soins par sa famille d’accueil. Tous l’aimaient, la couvraient de petites attentions. Même, les petits poussins se  voulaient en être les gardiens et les serviteurs. Plus que tous, Massine se sentait très proche d’elle et espérait d’elle de convaincre Trafen pour partir à Cirta rendre visite à sa famille qu’elle n’avait pas revue depuis près de cinq ans.

Les lumières du jour désertaient déjà la contrée et le disque de feu s’était englouti à l’horizon derrière la montagne, quand s’élevait le tendre concert des gazouillis des oiseaux qui regagnaient leurs nids, quand encore fredonnait le  cri des troupeaux qui retournaient à leurs enclos après une journée de pacage et de loin en loin se percevait le hurlement des fauves et des charognards. Alors, mille feux furent allumés presque en même temps avec une parfaite synchronisation, comme à la guerre que ce peuple farouche et redoutable savait mener. Ils brillaient comme des astres dans un ciel noir, à mesure que l’obscurité tombait. On aurait dit des vagues de feu qui dansaient au gré du vent du soir et soufflaient des haleines chaudes, dissolvant les fines glaces de la gelée de ce mois d’avril.

De grandes assemblées, plus de cinquante,  s’étaient formées en cercles de plus de cinquante individus, les uns distants des autres d’au moins deux cents mètres. Le village Doug semblait être comme une grande ville avec toutes ses rues et ses places, ses maisons et ses palais, tant les mille cabanes étaient soigneusement alignées, ni trop serrées, ni trop éloignées et lui donnaient ainsi le cachet de grande cité, une capitale sans  nom, héritière véritable de son ancêtre préhistorique. Les hommes étaient séparés des femmes, mais à peu de distance, si bien que leurs ombres se confondaient à la lumière.

Alors commença la veillée joyeuse sans vacarme, mais empreinte de sérénité. Les flûtes donnèrent le ton et leurs mélodies tendres et douces captaient les attentes secrètes de l’amour, appelaient l’âme à faire un  voyage céleste. Leurs notes graves prolongées se relayaient à d’autres plus gaies et moins timbrées, mais avec une parfaite synchronisation orchestrale, sans solfège pourtant. Les tambourins les accompagnaient en sourdine à quatre coups rythmés. Les hommes chantaient un couplet spirituel en hommage au Dieu Ammon, sur un mode grave, presque mélancolique. Les youyous s’élevaient d’un moment à l’autre, prolongés et harmonieux, relayés aussi par des chansonnettes allègres d’amour. Toutes ces voix fortes, dont les échos résonnaient dans l’immense contrée, créaient une atmosphère de culte et non un appel à une expédition guerrière quelconque.

Le repas était servi. Partout de grands plats de  couscous étaient servis, ainsi que des dizaines de carcasses de viande rôtie. C’était délicieux et les gens mangeaient avec un réel plaisir, en parlant et en commentant l’évènement qui faisait date dans l’histoire de leur peuple. C’était la fête et tous la prolongeaient dans la nuit. Tous étaient gais et joyeux. Certains buvaient la liqueur des jujubes qu’ils écrasaient et faisaient  bouillir pour en extraire du  vin fort qui  brulait les tripes. Mais, ils restaient conscients, respectueux des usages, sans tanguer le moins du monde. Ils n’étaient pas nombreux.  Car le peuple libyen n’était pas un consommateur d’alcool, comme les peuples romain ou grec.

le procès des insurgés de Margueritte Algérie, Ahmed Bencherif

17 août, 2021
Non classé | Pas de réponses »

Ratissages

Pour rassurer les colons, les autorités civiles et militaires avaient décidé une opération militaire punitive de grande envergure dans le Zaccar le jour même. Elle était justifiée par l’état d’esprit phobique des populations européennes et une grande fierté des indigènes d’être encore capables de prendre les armes et conquérir des droits que la paix ne leur avait pas octroyés. Le général Paul Alphonse Grisot avait été requis par le gouverneur général Jonnart, en santé déclinante, sur le point de démissionner. L’armée est plus que jamais requise à frapper fort et vite. Elle doit enlever toute velléité aux indigènes de penser révolte, de prendre les armes, de vouloir vengeance. Elle doit non seulement les impressionner, mais aussi les terroriser longtemps.

Une force considérable est déployée. Ses effectifs donnent une impression de terreur et prédisent que les représailles devaient être terribles. Ils signifient en clair qu’ils sont sur le pied de guerre, contre une population désarmée et isolée. C’est la formation d’une puissante colonne qui se met en mouvement pour s’engager dans les hostilités, comme pendant la guerre de conquête. Le haut commandement du 19e corps est décidé a réprimer de la plus atroce façon. C’est le retour aux méthodes de la terre brulée du maréchal Bugeaud. Le 28 avril, deux jours seulement après l’écrasement de la révolte, 1 200 soldats stationnent le long de la voie ferrée qu’ils surveillent, 800 autres partent ratisser dans la montagne du Zaccar où se sont réfugiés les rebelles :

-          Un bataillon du régiment des Zouaves d’Alger

-          Deux compagnies de tirailleurs d’Orléans ville

-          Un escadron des chasseurs de Blida.

Au total, deux-mille soldats, entre Zouaves, Tirailleurs, sont sous le commandement du général Octave Gilet. Trois torpilleurs appareillent pour surveiller les côtes de Cherchel. Est-ce que les craintes du commandement étaient justifiées pour mener la guerre aussi sur mer ? Aucune donnée historique n’est disponible ni pour infirmer ou confirmer sa justification. Toutefois, nous avançons avec la plus grande réserve que le commandement militaire craignait l’implication de la tribu des Benimenaceur qui avait assiégé cette ville en 1871 pendant un mois (25).

Ces forces considérables paraissent incroyables, telles rapportées par ce journal métropolitain. Cependant, un embrasement de la région n’était pas exclu par les autorités coloniales, d’autant que l’Angleterre et la France se livraient une guerre sourde et ce fait n’était un secret pour personne. Les forces engagées dans le Zaccar, soit 800 soldats, sous le commandement du lieutenant-colonel Pierre Léré, sont également citées par Christian Pheline dans son ouvrage (26). Ils ont pour directives de ramener les individus âgés de 15 à 65 ans. Ils se rabattent sur un douar de 3200 âmes, de tout âge. Ils pillent et saccagent les gourbis, violent des femmes et des filles, tirent sans sommation. Ils ont tué des indigènes. Mais combien ? Le saurait-on jamais ? En tout cas, les Zouaves s’enorgueillissaient d’avoir tué quatre-vingts indigènes. Il faut souligner avec amertume qu’aucune enquête n’avait été menée sur les abus et les crimes commis par ces soldats endurcis et aguerris contre des populations paisibles. L’opération dura plusieurs jours et s’était soldée par des centaines d’arrestations.

Dès son agression contre le sol algérien, la France avait opté pour la solution militaire pour soumettre le peuple qui mena quarante ans durant une résistance héroïque, avec les moyens modiques dont il disposait pour rester libre dans sa patrie. Il avait payé un lourd tribut et avait subi, outre les revers des défaites, des crimes contre l’humanité dont la barbarie était unique, comme les nombreuses tribus qui avaient été enfumées dans des grottes, ou encore la destruction des oliviers et des orangers. Ce siècle s’ouvrait ainsi sur une rivière de sang pour irriguer les champs de la liberté, tellement arides que le peuple aura encore à les arroser. La France était restée fidèle à elle-même, partisane de la loi du talion et réprimer très fort toute tentative qui viserait à secouer le joug colonial. Elle dépossédait sans payer le moindre sou, implantait des Européens sans se soucier des ressentiments des populations autochtones.

la conquête de l’indépendance de l’Algérie, Ahmed Bencherif

17 août, 2021
la conquete de l'indépendance de l'Algérie | Pas de réponses »

Les bombardements du 27 aout 1816        

Depuis trois siècles, la Régence d’Alger pratiquait ce commerce à haut risque et plein de dangers pour perquisitionner les vaisseaux de commerce qui naviguaient même en haute mer, pour s’assurer que ceux-ci ne représentaient aucun péril pour sa marine de guerre ou marchande. Les corsaires algériens avaient acquis une forte réputation en Méditerranée et en Atlantique. Cependant, ils traitaient leurs victimes avec une injustice avérée et des humiliations répétées. Plusieurs guerres navales les avaient opposés aux nations européennes, mais jamais ils ne furent détruits. Ils subissaient des dégâts, certes importants, mais ils parvenaient vite à réparer les dommages occasionnés soit à leurs vaisseaux soit aux fortifications portuaires.

Le dey Hadj Ali ne réchappait à cette règle générale du corsaire brave et intrépide, opiniâtre et impitoyable. Il commettait des injustices flagrantes à l’égard des chrétiens que sa flotte capturait en haute mer dont les captifs étaient astreints à galérer et les femmes étaient vendues au plus offrant. Sa barbarie farouche faisait sa triste réputation. Ces iniquités généraient de forts ressentiments et entretenaient un climat d’hostilité à son endroit par les chancelleries d’Europe. C’est ainsi que le 2 juillet 1815, le ministre turc de la Marine signalait au sultan Mahmoud les mauvais traitements que le dey infligeait aux chrétiens. Il ajoutait que l’amitié qui existait avec l’Europe s’était transformée en querelle et en agression. Donc, il était quasiment en état de guerre ce qui perturbait la navigation et le commerce maritime. Sa folie des grandeurs engageait à brève ou longe échéance les Algériens dans une guerre ouverte. En effet, en aout 1814, l’amiral britannique William Sidney Smith fait appel à l’Europe pour mettre fin à la piraterie des états barbaresques. En réplique, Hadj Ali encouragea Rayes Hamidou à multiplier les attaques contre les Européens et ses voisins. Le 23 mars 1815, Hadj Ali fut tué et remplacé par Omer. Celui-ci se lança évidemment dans la course, alors que le consul Deval en fit un rapport élogieux qu’il avait adressé à son ministre.

La marine britannique réagit sans tarder. Une expédition est lancée, sous le commandement de l’amiral lord Exmouth, conjointement avec la flotte hollandaise qui était sous les ordres de l’amiral Von Capellen. Bientôt ces deux forces navales arrivèrent devant Alger le 27 aout 1816. Lord Exmouth signifia au dey Omer un ultimatum d’une heure pour signer la paix et libérer tous les captifs chrétiens sans rançon. Le dey et son cabinet refusèrent. Les deux flottes se rapprochèrent des forts du port, sur le pied de guerre et la menace affichée notoirement. Cependant, elles étaient à bout portant de l’artillerie des défenses d’Alger. Mais le dey Omer préfère attendre au lieu de donner l’ordre à ses mortiers d’attaquer. Il perdit ainsi l’effet de surprise que recherche toute armée pour s’assurer sa suprématie. La bataille éclata et au bout d’une heure, les fortifications d’Alger étaient anéanties. Elle dura 11 heures 23 minutes, faisant un désastre. La défaite de la Régence était alors actée. Le dey Omer accepta de signer la paix aux conditions exigées. Ainsi, 1 200 captifs chrétiens furent libérés sans rançon, évaluée à 2 millions de riyals français.

La piraterie algérienne ne cessa que pendant deux mois et dès le 27 novembre six vaisseaux partirent de nouveau pour croiser en mer. Après la destruction de sa flotte, la Régence acheta et construisit de nombreux bateaux. La Sublime Porte, le Maroc et Tripoli leur donnèrent d’autres. Le dey parvint à reconstituer sa flotte puissante et menaçante. Omer fut assassiné par Necib Ben Malik Ali Khodja le 27 octobre 1817, qui lui succéda.

Les trois coups d’éventail 

Un sentiment de défiance réciproque régnait entre la France et la Régence d’Alger, depuis que le gouvernement manifestait clairement son refus de payer sa dette envers la maison commerciale Busnach et Bacri, contractée entre 1793 et 1798, évaluée à 7 millions en 1801, pour des approvisionnements de blé et de fromages dont le dey lui-même avait fait des avances substantielles. Il estimait que c’était une nature absolument insolvable qui l’irritait au plus haut point. Il remit deux lettres aux ministres français par la voie de leur consul Deval, dans lesquelles il réclamait le paiement de cette créance vieille de 20 ans et aucune réponse ne lui était parvenue. Après son retour de France, le consul fut reçu le 27 avril dans le palais du dey Hussein qui lui demanda des explications sur ce retard dans le paiement et plus grave sans échéance avancée par la France. Son hôte ne lui apprit rien qui puisse le rassurer et observa une attitude évasive et arrogante. Alors, le gouverneur en fut courroucé et dans un accès de colère, Il le frappa de trois coups d’éventail. Le consul s’indigna et lui reprocha qu’il vînt d’outrager le roi qu’il représentait.

extrait

12

Yasume |
les poèmes de mistigri |
philantrope de mbarta |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | HAZA LANITRA
| beauty $pot
| lalarmedelephant