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Archive pour septembre, 2021


les Roulants ‘Margueritte T1 ,Ahmed Bencherif

25 septembre, 2021
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La foule vivait ce moment avec intensité pour échapper, quelques fois, aux tristesses intarissables et empoignantes que provoquait l’emprise coloniale, de plus en plus sévère, qui les privait de tout et tendait à les anéantir. Hélas, ce divertissement fut vite perturbé par un chien qui aboya, puis un autre et enfin toute la meute se mêla aux cris rugissants, rauques ou aigus et gueulait à mesure que passaient trois silhouettes non loin de l’enceinte du douar. Les bêtes jappaient furieusement et persistaient, attachés aux piquets qu’elles essayaient désespérément d’arracher en s’élançant souvent, saisies d’une nervosité trouble et exceptionnelle. Trois ou quatre habitants se dressèrent promptement. Hamza fit agilement un grand saut, tel un fauve en chasse de sa proie et les suivit. Ils sortirent du petit bois et virent trois hommes s’avancer vers eux, s’approcher de mieux en mieux et se distinguer de plus en plus : c’étaient des étrangers à la peau blanche, coiffés de bérets de couleur terne par un long usage, vêtus de pantalons en gabardine rude, étriqués et très courts, tellement limés qu’ils donnaient une impression de transparence.

C’étaient des roulants de souche espagnole, qui venaient d’AliCante, la deuxième capitale d’Hannibal le carthaginois, redoutable ennemi de la Rome antique. Poussés par la misère, tentés par d’alléchants échos qui leur parvenaient d’Algérie, ils quittèrent leur petit pays, voyagèrent clandestinement par bateau, attirés par la terre promise qu’ils s’imaginaient une terre neuve sans populations. Ils ne connaissaient ni le Français, ni l’Arabe et dirent avec beaucoup d’humilité et d’espoir à leurs interlocuteurs : «Cherche Trabacho ». Ceux-ci comprirent les quelques mots ; car ce n’était pas la première fois que des roulants européens se présentaient pendant les moissons depuis quatre ou cinq années et, passée la saison, ils devenaient des propriétaires terriens, obtenaient des crédits bancaires, accédaient aux divers concours de l’Etat et devenaient des citoyens. Ils les emmenèrent aux notables sans les brusquer et avec une courtoisie élémentaire, bien sûr en leur vouant de l’animosité secrète. Car, ils voyaient en eux de futurs ennemis, s’ils devaient rester définitivement. Le moqadem convia les visiteurs à s’asseoir, par devoir d’hospitalité et leur demanda s’ils avaient faim. C’était un langage de sourd et il se fit comprendre en recourant au premier langage humain, celui des gestes. Ils observèrent un silence pesant, lequel était trop significatif. Leur hôte envoya donc son fils Hamza leur ramener le manger.

Raoul et ses amis vinrent de Margueritte où le garde champêtre, toujours en faction même aux moments creux, leur avait dit qu’ils trouveraient embauche dans la plaine. Ils avaient tellement marché sous les dards brûlants qu’ils étaient épuisés et déshydratés. Ils réclamèrent de l’eau et s’abreuvèrent littéralement dans un sceau en caoutchouc. Ils commencèrent ensuite à percevoir les choses autour d’eux, à leurs justes proportions. Ils dévorèrent de leurs yeux les champs de blé qui s’étendaient à perte de vue que le souffle du vent berçait, observèrent la terre avec avidité qu’ils pensèrent très généreuse, envièrent les habits chiques de leurs hôtes et regardèrent enfin avec une supériorité méprisante les moissonneurs qu’ils pourraient, se dirent-ils, employer la saison prochaine dans leurs exploitations, ce qui n’était pas un rêve, mais un projet facilement réalisable, tant ils étaient sûrs qu’ils ne couraient pas l’aventure en Algérie. Car, le sentier battu par leurs devanciers en drainerait autant d’hommes de la rive Nord de la Méditerranée qu’implantaient la baïonnette et un règlement fabriqué sur mesure, à coté de l’Arabe, à la place de l’Arabe, parce que la poudre indigène ne tonnait plus.

Les moissonneurs, roulants et autres, quant à eux, considéraient ces étrangers en vrais conquérants glorieux, plutôt que de pauvres malheureux qui méritaient charité. Ils ne manifestèrent à leur égard aucun sentiment de solidarité, les uns et les autres ne se sentant pas unis par un même destin. Cette Armée de roulants, qui inquiétait tant le pouvoir, n’était nullement révolutionnaire et portait en elle-même les germes de la contradiction interne, nuisible à son unité, dont une partie seulement, l’européenne, était prise en charge par tous ceux qui présidaient aux destinées du pays. La générosité du moqadem rendait tout le monde perplexe : les œuvres charitables de la zaouïa touchaient les indigènes assurément. Mais pouvaient-elles s’étendre aux étrangers et de surcroît de confession chrétienne ? Allait-il les embaucher ? Non ! Non ! Sa clairvoyance l’en empêchera malgré son altruisme naturel. C’était une sorte de vengeance dont ils se réclamaient : œil pour œil, dent pour dent. Les Roumi refusent de nous embaucher et nous préfèrent les Marocains qui travaillent pour un misérable salaire journalier de six francs avec une pitance, au lieu d’une réelle nourriture.

Hamza se pointa et déposa pour les quêteurs d’embauche un plat moyen assez consistant et largement suffisant pour trois moissonneurs de grand appétit. Ils regardèrent la nourriture abondante qui faisait vibrer leurs sens, se léchèrent leurs lèvres et semblèrent embarrassés par le choix. Alors, ils commencèrent par la fin, se partagèrent la viande qu’ils dévorèrent en un clin d’œil comme des loups, n’entendant rien, ne voyant rien. Puis ils croquèrent les ossements et avalèrent en quelques bouchées la petite montagne de légumes. Il n’en restait plus que le couscous qu’ils n’avaient jamais mangé et ils hésitèrent un moment. Mais, leurs estomacs crevaient de faim et ils sifflèrent les cuillerées de plus en plus vite. La saveur leur donna d’autres envies et Raoul demanda du Chrab, en pointant le pouce vers sa bouche, en faisant tanguer sa tête. L’expression, qui désignait le vin dans le jargon populaire, fut d’une insolence extrême et provoqua le mécontentement nerveux des notables. Quels effrontés, murmurèrent-ils. Il ne manquait plus que cela, gronda l’un d’entre eux. Très contrarié, le moqadem intervint pour calmer les esprits et répondit à Raoul que le Chrab était interdit par la religion musulmane. Raoul, qui n’en savait rien, comprit qu’il venait de faire une grosse bêtise et n’insista pas. Ils achevèrent le repas dans un silence ennuyeusement gênant et dirent : « Merci beaucoup ». Les notables, qui furent sollicités à se prononcer sur une éventuelle embauche, répondirent par la négative et le moqadem indiqua à Raoul les exploitations coloniales dans les profondeurs de la plaine qui pourraient les employer. Les trois roulants s’en allèrent par les sentiers à la rencontre de leurs coreligionnaires.

La pause s’acheva par un thé et les moissonneurs regagnèrent les champs, les jambes dégourdies, les bras plus vigoureux et une merveilleuse bonhomie. Vers le coup de quinze heures, le soleil demeurait immobile dans son point et projetait ses dards qui martelaient le crâne, serraient les tempes prêtes à imploser à chaque moment, chassaient l’air autour de l’individu dont le cerveau bouillonnait comme trempé dans un chaudron. Ni le chapeau, ni le turban ne permettaient d’échapper à cet enfer qui descendait du ciel en ce moment et que tous craignaient, si bien que l’on disait dans le langage coutumier que le soleil était debout, sous lequel des hommes saignaient du nez ou tombaient évanouis. L’astre du jour, tellement magnifié et loué, faisait des victimes au plus fort de son ardeur et ces hommes, qui y bossaient  sans arrêt, méritaient tout autant de l’admiration. N’avaient-ils point eux-mêmes une matière organique infernale ? Ils peinaient et suaient avec une endurance qui dépassait les limites de la résistance humaine. Ah ! Ils étaient laborieux et récoltaient ce que la terre donnait avec une générosité incommensurable. Chacun se faisait le devoir sacré de moissonner le tiers d’un ha environ par jour, sans geindre ni se plaindre. Ils faisaient les mêmes mouvements, battaient le même volume d’ouvrage à une même cadence, comme une mécanique, l’amour de la terre les incitant à déployer des efforts surnaturels.

Enfants et adolescents avaient déserté les champs en ce moment de fournaise, ainsi que quelques bénévoles. L’ombre était recherchée comme de l’élixir aussi bien par les êtres paresseux que par les dégourdis pour se prémunir contre cette nonchalance qui dope l’esprit et ramollit les muscles. On s’y affaissait, on essayait de roupiller, on se faisait l’illusion que l’air frais soufflait et l’on recevait de plein fouet une charge de moustiques qui piquaient un organe et en absorbait un peu de sang. Mais les roulants, ces hommes robotisés par le dénuement total, restaient là et battaient réellement besogne à la sueur de leur front, méritant plus que le salaire. Le moqadem fit sa troisième incursion du jour pour évaluer la récolte. Il marchait entre les bottes de blé en vrai pèlerin, prenait une gerbe, puis une autre et une autre. Les épis étaient pleins et chacune contenait une centaine de grains. Il remercia le Seigneur pour cette prospérité, les bras levés en haut, le regard lointain et implorant, comme s’il voulait voir le Clément et Miséricordieux. Mais il le sentait au fond de lui-même et dans sa chair. Alors il se prosterna, baisa par trois fois la terre et pria : « Seigneur tout puissant ! Fasse que cette prospérité dure et éclaire les hommes sur ta grandeur et ta générosité. Fasse que ta Justice règne dans le monde. Fraternise entre les gens des Ecritures Saintes. Délivre la terre de l’Islam des impies qui la souillent. Fasse que nous soyons ton épée pour la libérer.».  Hamza contemplait en silence l’humilité de son père dont il essayait de pénétrer les pieuses invocations. Cela lui insuffla de l’ardeur et il reprit la faux, tandis que le moqadem s’éloignait d’une démarche humble et dans un état de dévotion sublime.

la conquête de l’indépendance de l’Algérie;Ahmed Bencherif

16 septembre, 2021
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I Le nationalisme

  1. 1.      L’émigration algérienne politique         

A ses origines, elle était essentiellement religieuse et elle remontait à l’année 1830, dans les jours qui suivirent la défaite du dey Houcine. Elle était motivée par le fait qu’un musulman ne devait pas demeurer dans un pays dont le gouvernement était impie, selon un verset du Coran et des commentaires du Prophète Mohamed. Les candidats à ce mode ‘émigration étaient surtout des notables qui appliquaient les prescriptions religieuses à leur corps défendant. Ils n’étaient pas nombreux. Néanmoins, quatre années plus tard, les groupes prenaient le chemin de l’exil, puis des fractions de tribus, dans le Sud Ouest du pays, de Tlemcen, de Mascara. Les gens de la Grande Kabylie et du Constantinois n’étaient pas épargnés par ce phénomène qui prenait de plus en plus d’importance, non sans provoquer les inquiétudes du gouvernement général. Ils se réfugiaient naturellement en Tunisie. Les pays voisins leur servaient à tous de transit pour aller en Syrie.

L’émigration s’accentuait à mesure que la colonisation exerçait sa tyrannie et imposait sa vision coloniale, au lendemain de la création du gouvernement civil qui n’avait d’existence propre que par l’existence même du colon. L’Algérien était régi par le code de l’indigénat qui avait été adopté le 28 juin 1881 par le gouvernement français, étendu ensuite aux autres colonies françaises. Il n’était ni citoyen ni sujet, mais un individu corvéable à merci, écrasé par l’impôt, dépossédé et refoulé de ses terres agricoles, rabaissé de sa condition humaine, privé d’instruction et de couverture sanitaire, en quête de son pain,  confronté épisodiquement aux famines et aux épidémies, sans soutien des autorités coloniales, interdit de circuler d’un douar à un autre sauf muni d’un permis de voyage, interdit d’aller à al Mecque.

Au début du vingtième siècle, le phénomène avait pris une ampleur manifeste, précisément à partir de l’année 1907. La loi sur la laïcité promulguée en 1905 s’appliquait uniquement aux religions chrétienne et juive. Quant au clergé musulman, il percevait toujours ses rémunérations et donc soumis au statut sous contrôle de l’administration coloniale. Cette situation était aggravée par le fait que les biens immobiliers incessibles des mosquées étaient gérés directement par les services du Domaine. Vers 1911, l’émigration algérienne devenait massive et soulevait de vives inquiétudes des autorités coloniales. Les destinations privilégiées étaient la Syrie, l’Egypte, l’Anatolie, la Palestine, la péninsule arabique. Cette même année, 800 habitants avaient quitté Tlemcen, d’autres avaient fui leurs régions de Meliana et de Bordj BouAreridj pour s’établir en Syrie qui drainera d’ailleurs  d’autres personnes des villes de Sabra, de Nedroma, de Remchi et de Sebdou.  Mais pour la ville médiévale de Tlemcen, ancienne capitale du Maghreb Central subira cette même épreuve. Mille- deux-cent familles avaient pris le chemin de l’exil et regagnèrent le Proche Orient. L’administration coloniale en fut très inquiétée par cet exode et instruisit l’armée et les services de police de l’arrêter et de fermer les frontières. En effet, les chiffres sont éloquents de par leur grandeur :

-          20.000 à 30.000 émigrés algériens en Égypte.

-            10.000 à 15.000 émigrés en Péninsule arabique.

-            5.000 à 6.000 en Palestine autant en Cilicie et en Anatolie.[1]

-          35.420 en Syrie établis seulement dans les villes et un grand nombre dans les villages et les petites cités.

-          Istanbul était aussi la destination des exilés algériens, nous ne disposons pas hélas de statistiques.

Ces émigrés algériens étaient bien établis dans chacun de ces pays d’accueil. Ils recevaient des terres agricoles et bénéficiaient d’autres avantages. Ils accédaient à la citoyenneté et étaient exempts du service militaire.  Ils préservaient le contact avec leur propre pays et échangeaient des lettres avec leurs proches et leur disaient le bien-être et la quiétude dans lesquelles ils vivaient. Dans le même temps, ils faisaient l’apologie de l’islam sous le règne du sultan Abdelhamid. Néanmoins, leur formation politique n’accompagnait pas leur destinée. Car ces pays étaient loin d’être démocratiques, malgré le fait qu’ils accordaient une grande marge de liberté à leurs citoyens. L’élite qui pouvait réveiller la nation algérienne n’y émergeait pas. Elle allait se former bien plus dans le propre pays du colonisateur.


[1] Abou Kassem Saadallah- La montée du nationalisme en Algérie

le kif dans le Rif, Ahmed Bencherif

6 septembre, 2021
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Le kif dans le Rif
Le Rif est une région montagneuse du Maroc,  situé au nord et longé par la Méditerranée et baigné à l ouest par l Atlantique. Le mot Rif signifie en Amazigh rivage ou bord. Sa superficie est de 34.631km carrés. Il est placé sous protectorat espagnol 1912-1956. En 1921,Abdelkrim Khatabi proclame la république qui sera réprimée dans le sang en 1926 par la monarchie.
C est une région pauvre habitée par un peuple rebelle. Sa culture première est le cannabis qui remonte au 16 ème siècle. En 1890, le sultan Hassen1er confirme l’autorisation de la culture du cannabis. La superficie cultivée est de 79.000ha pour le seul Rif qui compte une population de 1.000.000 d âmes. Une famille ne gagne que 500 euro par an. En effet en 1950, le kif est cultivé dans les plaines de Marrakech et de Kenitra.
La superficie totale cultivée est de 134.000ha.la production annuelle est de 47.000 tonnes de kif. Elle rapporte 200 millions de dollars pour les producteurs dont 1million d âmes y vivent. Ils sont excessivement exploitées à la limite de l esclavage et sous payes. En effet les trafiquants de narcotique en tirent un revenu annuel de 12 milliards de dollars. Le kif traité est écoulé vers l Espagne par la Méditerranée, par l’Atlantique  vers les Pays Bas, la Belgique,l Allemagne et par voie terrestre vers l Algérie. Ce trafic de hachich avec l Algérie est déjà l une des raisons de tension. En effet nos douanes interceptent au quotidien des quantités industrielles de kif et déférent les trafiquants aux tribunaux qui écopent des peines lourdes d emprisonnement qui atteignent parfois vingt ans.

Lakhdar Brahimi , Ahmed Bencherif

6 septembre, 2021
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Lakhdar Brahimi
Un diplomate algérien qui a été plusieurs années ambassadeur d Algérie dans différents pays et ministre des affaires étrangères pendant deux ans. Cette Algérie indépendante qui a fait longtemps son bonheur il vient de la vilipender dans une interview au journal le Monde du 31 août 2021 à propos du retrait des Américains de l Afghanistan.  il répond  » ce n est pas une défaite militaire. Les Américains voulaient quitter l Afghanistan. Ils ont fait comme les Français avec l Algérie ».
Brahimi n avait pas à faire le parallèle avec notre glorieuse guerre avec la France . Mais il l a fait en connaissance de cause, il conforte la thèse des nostalgiques de l Algérie française. En clair il nous dit que le général De Gaule nous a donné l indépendance .
Brahimi est un intellectuel il connaît l histoire de notre Algérie mais il occulte ces immenses sacrifices ce long combat entre la quatrième puissance militaire de 800.000 hommes et une armée de fellagha de 40.000 tout au plus vers la fin du conflit.
Au cours de la deuxième guerre mondiale Alger était la capitale de la France libre aux ordres de De Gaule chef des armées et du gouvernement .les Alliés avaient débarqué en Algérie en novembre 1942. Roosevelt voulait démanteler les empires coloniaux et les placer sous mandat international. Churchill s était opposé et de Gaule aussi en clamant l Algérie française.
Commença un long combat qui aboutit au 1er novembre 1954. En 1958 , De Gaule est appelé en sauveur. Avec lui c était la guerre totale . L armement lourd de l OTAN nous bombardait. Sur près de 7.000.000 de la population musulmane 3.000.000. étaient cartonnés dans les centres de regroupement De Gaule était pour l Algérie française  Mais il n avait pas pu l obtenir face à la détermination du peuple de son gouvernement provisoire de son armée modeste mais résolue à arracher l indépendance
Oui De Gaule en voulant sauver l’Algérie française, Il a tout fait pour sauver la France tout court. Il a reconnu le FLN et à engagé des pourparlers avec le Gpra. Puis une communauté de 1.000.000 de pied noirs s était sauvée en France ou l État devait les placer n importe où n importe comment dans l urgence sans compter les collaborateurs harkis   est ce la une façon de partir et de laisser ses citoyens courir pour prendre une place au bateau
Non Mr Brahimi nous avons arraché notre indépendance avec des sacrifices innombrables des centaines de milliers de veuves d orphelins d invalides.
La vous rejoignez la déclaration de l ambassadeur onusien du Maroc qui a déclaré à la presse que notre peuple n à pas combattu et qu il ne compte pas de martyrs. Mais cet ambassadeur Omar Hilal est un ennemi.
L Algérie vous a tout donné et là vous attentez à son orgueil national vous effacez son histoire mais jamais son histoire ne sera effacée parce que écrite avec le sang de ses enfants.
Gloire à l’Algérie gloire aux martyrs gloire à notre peuple.

colloque international BATNA 2014 Ahmed Bencherif

2 septembre, 2021
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                                        Colloque international

                          Sur la littérature francophone maghrébine

                              A l’université Hadj Lakhdar de Batna

                             Du 10 au 11 novembre 2014

 

                  Thème :  

 

          La condition humaine symbolique et signification dans le portrait de Djillali Boukadir dans le roman Marguerite de Ahmed Bencherif

 

 

 

La littérature, c’est projeter sa vie vers l’autre, la vie des autres vers l’autre ; elle est essentiellement humaine, dans ce sens qu’elle exprime nos forces et nos faiblesses, nos pulsions et nos désirs ; c’est présenter notre personnalité comme reflétée par un miroir parfait en surface et une sonde introspective dans notre moi profond. C’est notre cœur, notre âme qui parle tour à tour. C’est dire une fusion ou même une confusion de passions et de spiritualité, autrement dit une sagesse donc une forme de la raison. Elle a recours au langage pour s’exprimer, exprimer, éblouir, transporter dans l’imaginaire. Ecrire c’est parler de soi ou des autres, utiliser un style, employer des règles, des principes, une grammaire, une orthographe, un plan. Donc c’est quelque chose de normative qui s’impose. Ecrire, c’est laisser un relief de sa propre culture. Cette écriture est confrontation en double communication avec soi-même et autrui.

La littérature est souvent de culture plurielle, en un seul style d’écriture. C’est le cas de la littérature maghrébine d’expression française. Dans la littérature maghrébine, le pluriel s’impose, c’est le nous, c’est toute la société qui est visible dans la trame romanesque, d’où s’explique la multitude des personnages et une pluralité des héros. Ce n’est pas la ville urbanisée, modernisée, cultivée et partant espace  de l’individu agissant. L’individu est donc histoire en propre qui se distingue de la société, une forme d’égoïsme. Mais c’est le village, le douar, la ruralité qui manque cruellement de tout : ni école, ni viabilisation. C’est le groupe social, la tribu, la fraction mais jamais l’individu agissant. Nous relevons  ce caractère dans les moissons en la forme du volontariat bénévole, cette Touisa ; on va encore payer le taleb l’imam sur fonds privés par cotisation. Donc il existe toute une échelle de valeurs où l’individu a été formé et donc pour le cas c’est l’écrivain.

Cette littérature procède à la fusion du Maghreb et de la langue française qui sont deux univers différents.   C’est le lieu des métissages des cultures, le lieu des ouvertures et des accès offerts par la langue française, le lieu de coexistence de deux cultures qui dialoguent, s’entrechoquent,

D’un point de vue historique, il existe une littérature maghrébine depuis 1945.on distingue aussi une disjonction de trois ensembles de textes avec perméabilité. C’est avec les relations politiques et diplomatiques avec la France que l’on peut distinguer ces trois types de mouvements littéraires :

-  les littératures nationales produites en rabe classique, berbère ou dialectal échappent  à l’influence française.

- les textes qui s’inscrivent dans une logique coloniale écrits par des Français pour un public français.

- les textes se réclamant d’une identité maghrébine produits par des Maghrébins d’abord engagés au moment des luttes pour les indépendances qui vise un public français dont il fallait attirer la sympathie ; aujourd’hui cette littérature est devenue classique et figure parmi les programmes scolaires. Elle a survécu à l’arabisation dans les trois états. De nos jours elle s’adresse à un public maghrébin plutôt que français , installant un nouveau dialogue entre les deux rives.

Les auteurs se servent de la langue française parce que l’histoire de leur pays l’a voulu. Le français est la deuxième langue elle est enseignée à l’école et au lycée , elle a ses programmes radio télévisés, employée dans les administrations du Maghreb dans les trois pays sauf qu’en         Algérie elle n’est pas consacrée langue officielle mais elle possède quasiment la même place. La langue française ouvre une large audience sur le monde que la langue arabe.

Le débat critique est souvent biaisé et obéit à une forme de passion, loin de la sérénité avec l’ex colonisateur : les conflits refoulés, tour à tour l’attirance et la répulsion, les désirs camouflés sont en jeu dans le rapport avec lui. De plus, l’affirmation de soi est sans cesse convoquée, comme si elle était constamment contestée par l’ex colonisateur, qui l’est en fait- dans son subconscient.

La colonisation avait produit un phénomène d’acculturation. Cela avait posé une question essentielle ou disons existentielle : fallait-il écrire avec la langue du colonisateur sans être aliéné. Cette question ne cessa de hanter nos écrivains. le système colonial diffusait sa langue, sa culture par la presse, l’administration, la justice en dressant de solides barrières pour la langue arabe et berbère, par la fermeture des écoles, des séminaires, des universités traditionnelles. Il visait tout simplement l’assimilation des populations maghrébines pour les intégrer dans un ensemble de francophonie encore en formation. Sa tâche n’était pas aisée cependant, car les langues locales étaient solidement enracinées dans les trois sociétés qui avaient produit quand même produit un modèle de civilisation arabo-musulmane.

Alors c’est avec la langue du colonisateur que nos écrivains s’étaient exprimés. Ils ont composé des textes de dimension littéraire et identitaire complexe.

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