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Archive pour octobre, 2021


le piétmont extr Margueritte ,Ahmed Bencherif

31 octobre, 2021
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Le piémont

 

 

Au-delà, le plateau s’étendait à perte de vue, surplombé par le djebel Gountas qui se dressait, raide et imposant, dont le vert sombre contrastait avec l’indigo du ciel. Le sol était érodé, rasé par les eaux, raviné de talwegs. De grandes roches émergeaient un peu partout, des dunettes se formaient au hasard du vent. La végétation sauvage poussait abondamment : des coloquintes rampaient et conservaient leurs fruits, des champs de chardon fleurissaient, protégés par des épines drues, dont les bourgeons faisaient le régal des chardonnerets et des cigales. Une superficie de quarante has environ était cultivée, un remblai la protégeait au bas de la montagne, des montjoies la quadrillaient, cinq ou six rochers étaient disséminés. Le champ de blé, qui était truffé d’orties, ne dépassait pas un pied et avait de maigres épis, une infécondité qui découragerait les plus hardis moissonneurs. Les fèves n’étaient pas plus généreuses et poussaient de façon inégale, avec beaucoup de parcelles nues. Quatre puits secs et inachevés furent abandonnés, à un mètre de profondeur.

 

Trois hommes creusaient sans résultat un autre puits. Ils travaillaient d’arrache pied, cognaient avec des masses qui faisaient un bruit sonore et dégageaient des étincelles au contact des burins. Ils se pliaient et frappaient de toutes leurs forces, se redressaient et regardaient vers le ciel, continuaient à faire indéfiniment ces deux mouvements. La roche résistait, ne se brisait pas. Elle entamait leurs énergies, les fatiguait, mettait à rude épreuve leur persévérance et leur volonté. Ils suaient à grande eau, s’essoufflaient, perdaient leur calme, grinchaient, tempêtaient. Ils étaient au trentième jour de travaux et en avaient marre. Le piedmont restait indomptable et la volonté de le vaincre était aléatoire. Il ne produisait presque rien et n’entretenait même pas les bestiaux. Une prairie de pierrailles, voilà ce qu’il était.  Les vents, froids ou chauds, qui soufflaient puissamment de tous les côtés, le ravageaient ; les eaux de pluie, qui dégringolaient vertigineusement de la montagne, l’inondaient et emportaient ses matières organiques.

 

La fraction des Oulad Haidar essayait de survivre dans ce milieu hostile. Elle luttait âprement contre des forces naturelles violentes. Elle demeurait, rivée au sol, ne le quittait pas, se cramponnait à un fol espoir de récupérer ses terres confisquées, au loin dans la plaine, qu’elle regardait, contemplait tous les jours, avec une douloureuse nostalgie et une profonde tristesse. Elle payait lourdement le prix de sa participation à la grande guerre de 1871, acceptait avec fatalité son sort, ne regrettait rien, espérait un nouveau tonnerre qui secouerait le ciel et la terre, attendait avec impatience de reprendre les armes. Ses hommes n’étaient plus des paysans, heureux de travailler la terre, mais des forçats. Ils le préféraient cependant au misérable salariat que proposait le colon ou l’administration des routes. L’instinct de survie stimulait leur ingénuité, incitait leur imagination, et tuait dans le même temps leur sens du goût et des saveurs, sevrait leurs envies.

 

Malgré son caractère désolant, le piedmont gardait une chaleur spirituelle émouvante, offerte par mère nature : un arbre unique en son genre recevait des marques d’adulation de bonnes femmes, qui l’habillaient de lambeaux d’étoffe verte et blanche et le teintaient de henné à sa base. C’était un dragonnier qui apparaissait comme un gigantesque bouquet de fleurs. Ses branches solides et aérées montaient uniformément au ciel, couvertes aux extrémités par des feuilles minuscules. Ses racines émergeaient et formaient au dessous d’elles une voûte qui gardait des vestiges de cendres d’encensement. Sa taille énorme dépassait quatre mètres de diamètre et témoignait de sa longue longévité et s’il venait à parler il conterait une histoire millénaire. Il appartient à l’espèce équatoriale dont la mise en culture est le fait d’oiseaux migrateurs. Les femmes angoissées se recueillent dans ce havre de paix solitaire. Elles invoquent son pouvoir miraculeux, le prient, se plaignent, se lamentent, lui confessent leurs souffrances.

 

Dada Aicha, la grand-mère de Haidar, ramena le déjeuner pour les bouseux, qu’elle mit au pied de l’arbre. Ses petits rejetons, qui l’accompagnaient joyeusement sans l’ennuyer, coururent vers les champs appeler les hommes. Elle tourna sept fois autour du dragonnier, caressa et embrassa une racine, y attacha deux fanions vert et blanc, passa sa tête sous la voûte et implora pardon pour ses visites peu fréquentes, en se plaignant du poids de sa vieillesse qu’elle parvenait difficilement à supporter. Elle pratiquait ce rite, comme ses aïeules, sans l’associer à l’adoration divine unique et éprouvait la paix de l’âme. Elle était sexagénaire et y faisait le petit pèlerinage dès son enfance. Elle entra dans une sereine méditation et dans la réminiscence. Son passé prodigieux en sacrifices réapparaissait et elle atteignait le comble de la quiétude, souriait comme un enfant heureux, parlait avec des êtres invisibles qu’elle appelait par leurs noms et leur demandait de l’attendre au paradis.

 


 

Djillali Boukadir extr Margueritte t1 ; Ahmed Bencherif

28 octobre, 2021
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La voix retentit de nouveau : « Affaire 285, Djillali Bou Kaddir ». Le nom était inconnu dans la contrée et le public s’interrogeait du regard. Il n’évoquait rien, sauf le nom d’une localité lointaine pour ceux qui la connaissaient. La rumeur en avait déjà fait la légende, le bandit de la brousse, dangereux et hardi, échappé de la Guyane contre toutes prétentions de ses geôliers. Traverser les océans dans un voilier exposé en permanence aux tempêtes, parcourir des milliers de km en Afrique, dans la jungle infestée de bêtes fauves, puis dans le désert brûlant, ce n’était pas une mince affaire. C’était un exploit extraordinaire et, lui, un surhomme. Malgré son banditisme certain ou prétendu, il forçait l’admiration des gens. Personne n’avait quitté le tribunal, tous voulaient le voir et connaître sa destinée.

 

Il parut au chambranle de la porte de service, soutenu par deux gardes : le temps se figea, la terre cessa de tourner, les regards furent suspendus à la forte vision, la mouche ne volait plus. L’homme traînait le pas, aussi léger qu’une feuille morte, ses jambes amorphes ne le portaient pas, son dos recourbé se déformait, ses bras retombaient mollement, le sang n’irriguait pas son visage, sa vue confondait les êtres et les choses, ses yeux embués de détresse clignaient, ses paupières se rabattaient lourdement par intermittence. Etait-il de la condition humaine ? Son état physique ne l’indiquait pas. C’était un corps décharné, aussi honteux que cela fût, une charpente osseuse cramoisie, un squelette vivant qui craquait à chaque mouvement et créait de l’épouvante.

 

« C’est toi, Djillali Bou Kaddir, s’enquit le juge, d’une voix anxieuse ».

 

L’homme semblait atteint de surdité. Ses oreilles vrombissaient, la suée inonda son front, son cœur battait imperceptiblement, ses entrailles se crispaient et se tordaient. Alors, seulement, il ressentit une atroce douleur au ventre ; sa peau changea de couleurs plusieurs fois, du bleu acier au jaune pâle. Il fit un effort surhumain pour comprimer ses geignements, sa bouche restait entrouverte et gardait prisonniers tous les sons plaintifs. Il se débattait entre l’inconscient et l’état d’éveil, vacillait  comme un voilier en naufrage, titubait comme s’il avait des pieds d’argile. Cependant, une force inconnue le maintenait debout, que lui-même ne connaissait pas, la force de l’opprimé qui végétait dans son subconscient et vivait dans sa chair amenuisée, coulait dans ses veines, plus consistante que son propre sang raréfié. Djillali luttait jusqu’à la dernière fibre de soi-même, contre son oppresseur qui voulait l’anéantir. C’était là un combat permanent entre deux volontés opposées dont triomphera celle qui refusa la tyrannie.

 

Djllali souffrait-il d’un cancer qui en provoquait la destruction lente, d’une maladie dont le remède n’était pas mis au point ? La providence l’en avait épargné, prolongeait indéfiniment ses jours insipides et son agonie pénible. Sa douleur restait profonde et les implorations, qu’il murmurait, montaient toujours plus haut dans le ciel. Un virus avait attaqué son père qui en mourut, désespéré. Ce même virus le rongeait à son tour, en dévorait les organes, l’un après l’autre, en accaparait la pensée. Djillali vivait l’enfer sur terre, dont les flammes le brûlaient et le calcinaient. Il subissait par la main de l’homme des châtiments terrifiants que la clémence divine ne puisse infliger à ses propres créatures, car Dieu ordonna de faire seulement le bien sur terre. Djillali aimait la vie et s’y cramponnait, adorait sa patrie meurtrie et en ressentait les gémissements. Le mal du colonialisme l’agressait sans fin et jusque dans son sommeil constamment troublé, lui ôta l’habit et le traînait impudemment nu, lui cousait la bouche, l’avait littéralement soudé au carcan. Il le transforma en être inconnu de la création, autre chose qu’un humain, autre chose qu’un animal, parce que ceux-ci mangent et boivent.

 

Djillali se démenait comme un forçat pour récolter du blé sur les piedmonts rocailleux, dépensait vainement ses énergies pour dépierrer et débroussailler, mais le semis ne connut pas d’éclosion. Le colonisateur lui confisqua ses terres fertiles, ses points d’eau et lui dit avec moquerie méprisante : « Indigène, la pierre produit du blé et de l’orge ; elle fera ta prospérité. » Il le chassa à la baïonnette et le pourchassa au canon, le refoula vers les terres incultes, toujours plus loin, là où la végétation vivace et la roche dure usent les efforts. Djillali peinait l’an entier dans la vallée du Chélif, mais la pierre ne produisait pas de blé, d’orge. Ce n’était qu’un mensonge parmi d’autres qu’inventait son agresseur. La sécheresse l’éprouvait et persistait, il s’obstinait à rendre cette pierre clémente. Alors, la terre se gerça, dégagea des pellicules poudreuses que balayait le sirocco brûlant. Les plants ne repoussaient plus, l’herbe se faisait rare, son petit troupeau fut décimé. La vallée du Chélif faisait désormais peur, les solos ne contenaient plus de grains et les réserves pour les années de disette furent épuisées.

 

Le désastre était violent à la veille du vingtième siècle, à l’heure de l’évolution positive de la pensée humaine. Djillali connut un sort tragique, sa tribu et d’autres, innombrables, n’y échappèrent pas. Les celliers se vidèrent et chacun luttait pour sa propre survie, comma au jour de la résurrection, la solidarité du groupe ne se manifestait pas, parce qu’il n’y avait rien à partager ; l’aumône avait perdu sa raison d’être, parce qu’il n y avait plus rien à donner. La vallée du Chélif fut déshumanisée, ravagée de fond en comble par la famine. Des hommes, des femmes et des enfants faméliques abandonnaient leurs logis, marchaient le long des routes et des sentiers, à la recherche d’un bout de pain ; ils se nourrissaient d’herbes et de baies, ne terminaient pas leur voyage, ils succombaient aux affres de la faim et mouraient, leurs dépouilles, exposées aux charognards. Les malheureux perdirent même leur droit sacré aux funérailles et des milliers de cadavres isolés ou groupés jonchaient la nature, la mère de tous les hommes.

 

Dans la région du Chélif, les maires du gouvernement civil, télégraphiaient au gouverneur général et lui signifiaient les mesures d’urgence prises : ils n’ouvraient pas de soupes populaires, interdisaient l’accès aux villes et villages aux légions d’affamés qui circulaient comme des ombres, afin de préserver la beauté des places et des jardins publics. L’Algérie entière entendait les lamentations des infortunés et le peuple, considéré barbare par le conquérant, découvrait, dans l’effroi, la vraie nature de ses geôliers, prétendus émancipateurs. Le gouverneur général, quant à lui, ne trouva pas mieux que d’allouer des crédits de semence, alors que des gens mouraient et ne verraient jamais la prochaine récolte. Ah ! Quelle tragique ironie ! Nos prétendus bienfaiteurs, venus nous délivrer du joug des Turcs, ne prirent point de mesures pour apaiser les affamés. Ils cherchaient au contraire à nous exterminer et la famine leur rendait ce précieux concours, qu’ils espéraient durer le plus longtemps possible.

 

         -  C’est toi, Djillali Bou Kaddir, dit le juge,

Au marché,Margueritte, Ahmed Bencherif

25 octobre, 2021
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Extrait

 

 

Chapitre 4

Au marché

 

Le surlendemain, le village était ébranlé, dès les premières aurores, par une activité sourde et pittoresque, qui revenait chaque semaine et apportait son lot de prospérité et de joie. Des troupeaux de bestiaux arrivaient de toutes parts, s’avançaient dans un chemin poudreux qui contournait l’agglomération, allaient se parquer, les uns serrés aux autres, au marché dont les murs d’enceinte en pisé étaient lézardés. De petits tourbillons de poussière suivaient interminablement leur sillage et leurs cris rauques ou aigus, accentués par le bruit de leurs pattes qui frottaient les herbes sèches, se propageaient très loin et faisaient une symphonie synchronisée de bêlements, de chevrotements et de beuglements, où se faisaient entendre par moments des blatèrements qui secouaient l’environnement. Les pasteurs les conduisaient, sifflaient ou criaient par intermittence ; certains couraient et lançaient leurs bâtons sur des bêtes qui fuyaient les processions.

 

Des marchands forains, qui transportaient à dos d’âne ou de mulet leurs marchandises, défilaient les uns après les autres, choisissaient l’aire de stationnement, déchargeaient leurs faix et allaient attacher leurs montures dans un proche bosquet et revenaient. Certains enfonçaient des pitons, dressaient des tentes et y déballaient leurs colis, d’autres le faisaient en plein air, à la merci des fluctuations climatiques : ou bien  le siroco, ou bien la pluie.

 

C’était un mercredi, jour du souk hebdomadaire qui se distinguait par une ambiance exotique et drainait de nombreuses foules exubérantes. C’était une opportunité pour tous, qui prenait le caractère d’un petit pèlerinage ; c’était le carrefour des fortunes et des misères, de spectacles poignants que d’aucuns ne voulaient manquer. Des gens s’y rendaient avec bonhomie, ayant parcouru plusieurs bornes par delà les plaines et les coteaux. Les transactions se faisaient de bonne foi, exemptes de dols et de spéculations ; on était assurément au meilleur du monde où la valeur marchande n’était pas manipulée par de vilains spéculateurs et les produits disponibles étaient achalandés, à la portée de chaque bourse. Le riche ou le pauvre s’y rendaient, le premier ne se  sentait pas humilié, le second ne se vantait pas.

 

Les foules grossissaient, à mesure que pointait le jour, et faisaient un brouhaha énorme dont l’audibilité était inintelligible. Elles se mouvaient lentement, encombrées dans l’espace qui se réduisait de plus en plus : une épaule cognait une autre, un pied marchait sur un autre et les excuses concises se faisaient souvent du bout des lèvres, par un sourire écarlate et l’on passait son chemin, sans façon. Rien ne différenciait les individus dont les accoutrements se ressemblaient : gros turbans jaunes ou blancs, gandouras ou encore des burnous légers, des cannes ou des bâtons. C’était une forme compacte, comparable à une petite montagne mobile et il fallait être assez costaud pour s’y joindre. Tous avaient à faire : acheter ou vendre, telle était la devise. Mais le souk offrait aussi des spectacles où se rabattaient un bon nombre de gens qui venaient faire leurs achats ou satisfaire leur curiosité. On y passait du bon temps, on tuait son spleen, on se remontait le moral, comme si on se saoulait.

La grande bourse était au souk des bestiaux, aux mains des éleveurs et des marchands de bétail qui portaient, en bandoulière, leurs sacoches gonflées d’argent. Ils étaient foncièrement orgueilleux, vifs et alertes, prédisposés aux échauffourées, rusés comme des chacals, patients comme des chasseurs. Ils se connaissaient et ne comptaient que sur leurs propres talents pour conclure affaire, tous intermédiaires inexistants : les seconds prospectaient les troupeaux, tâtaient et soupesaient un mouton, une brebis, proposaient un prix rapproché par harde ; les premiers attendaient stoïquement la montée des prix et disaient simplement que le coût de revient n’y était  pas. Les négociations étaient âpres, renouvelées dans la matinée, confrontées aux mêmes attitudes  mais, les uns et les autres ne perdaient pas espoir, finissaient par s’entendre et concluaient leurs transactions.  Là, une masse volumineuse d’argent circulait en toute sécurité et les paiements se faisaient à l’air libre, en retrait au pied d’un arbre.

 

Les moutons, rasés dès le mois de mai, supportaient ainsi plus aisément la chaleur et mettaient en évidence leur état d’engraissement. Ils étaient des milliers qui stationnaient debout, des heures durant, immobiles et doux, dociles et paresseux. Ils étaient, hélas, moins nombreux que par le passé. Le cheptel régressait depuis quelques années et des légions d’éleveurs se convertissaient dans une grande humiliation en ouvriers agricoles. Les prix avaient chuté de moitié et l’économie les populations rurales en souffraient atrocement : le bœuf atteignait au meilleur des cas soixante quinze francs, le mouton, quinze francs, la chèvre, six à sept francs. Le dromadaire gardait difficilement la barre de cent francs. Bête de monture ou de somme, il sut s’acclimater dans le désert et remplaça l’éléphant dès le troisième siècle de notre ère et devint célèbre dans la cavalerie d’Hannibal. Fait pour le désert, il peut rester jusqu’à un mois sans boire, son unique bosse constituant une réserve d’eau importante.

 

Dans le voisinage des troupeaux, des stands présentaient des variétés de produits tissés en laine, abondante dans le pays et travaillée dans chaque logis nanti ou indigent : tapis, couvertures, burnous. Leurs chatoyantes couleurs, à base de plantes diverses, brillaient au soleil et suscitaient de l’admiration : la garance donnait le rouge profond, l’écorce de grenade, le rouge clair, la gaude, un jaune très vif et l’indigotier, du bleu ciel. L’on s’imaginait sans peine ces belles tisserandes, aux yeux tracés de kohol, les lèvres empourprées de carmin, les sourcils réunis par un trait noir, les cheveux tressés, ingénieuses et hardies, accroupies et besogneuses au métier à tisser, maniant habilement le peigne de fer et nouant les points.

 

candidat malheureux Apw ( conseil général) Ahmed Bencherif

16 octobre, 2021
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République Algérienne démocratique populaire

 

Ahmed Bencherif

Ecrivain chercheur

Tel : 0659451368

Email : haida.bencherif@yahoo.fr

Site : http://bencherif.unblog.fr

Adresse : Boite postale 9 Naama

                                                                       A

Monsieur le Président de la République

Direction du Cabinet Alger

 

                                                                Mémorandum

 

A l’heure où Monsieur le Président de la République procède dans sa politique globale d’actions pour apporter les remèdes au cas par cas, des acteurs agissant dans la sphère politique opèrent à contre courant involontairement ou sciemment, encore dépendant des anciennes traditions qui ont été à l’origine du recul de notre Nation dans tous les domaines de la vie socio-économique, politique et diplomatique et stratégique. Et sur ces multiples registres, nous assistons à un retour significatif de notre Etat sur la scène international en acteur agissant.    

Ces pratiques sont connues, Monsieur le Président. Cependant, nous étions convaincus qu’après deux ans de protestations populaires ( le Hirak) dont je suis un acteur agissant, nous étions convaincus qu’elles disparaitraient de notre société ou elles connaitraient un immense recul pour s’anéantir en très peu de temps. Hélas, elles sont encore puissantes et très nocives. En effet, ces traditions viennent de me porter un coup fatal à une nouvelle carrière politique pour laquelle j’ai été encouragé par les différentes lois  modificatives constitutionnelles, électorales que vous avez promulguées et aussi les multiples mesures que vous aviez initiées pour permettre à notre Etat de revenir à la rigueur de gestion, à notre jeunesse de réaliser ses ambitions.

Après une riche carrière littéraire dont je suis comblé, j’ai ambitionné dans la foulée de cette nouvelle dynamique que vous avez insufflée à notre Société de me présenter aux élections de l’assemblée populaire de Wilaya de Naama sur la Liste du Front de libération nationale. Mon dossier a été déposé, validé et sélectionné au double niveau de la Kasma et de la Mouhafadha, néanmoins rejeté par les instances centrales de sélection du Parti, dit-on, pour un motif qui trouble les consciences.

La décision de mon exclusion de la liste de candidature de l’assemblée populaire de Wilaya m’a été notifiée verbalement par Monsieur le Mouhafedh du FLN. Elle est justifiée par le fait que je n’appartiens pas biologiquement à la commune de Naama, alors que j’y réside depuis vingt-sept ans dans la ville de Naama dont je suis un électeur. Cette thèse est validée malheureusement par Monsieur Hadi Mohamed, membre du Comité Central et membre de la Mouhafadha. Cette mesure raciale est encore plus grave. Car, elle touche des centaines de cadres, venus d’autres villes du pays, qui résident depuis trente ans ou plus. Sont-ils alors des coopérants techniques ou des citoyens à part entière et qu’ils peuvent se présenter comme candidats aux assemblées élues loc ales ou législatives.

L’autre raison concomitante est que je ne peux pas me présenter aux élections à Ain-Sefra pour le fait que je n’y réside pas, alors que je suis son fils biologique. Monsieur Zeghdane Mohamed, membre du Comité central et membre de la Mouhafadha, a opposé son veto à ma probable candidature à Ain-Sefra.

Permettez-moi, Monsieur le Président, d’analyser cette fin-de-non-recevoir afin de mieux vous présenter le dommage que je subis. Ces instances ont tout simplement occulté la loi qui ouvre droit à la résidence permettant la suppression et au rattachement des noms et prénom du citoyen sur les lites électorales. Cette éviction de la liste de candidature est d’une portée très grave, car elle est de nature  raciale. Oui très grave. Car elle touche l’un des fondements de notre Constitution qui bannit le racisme et que toutes les lois du monde proscrivent, car il porte atteinte aux droits humains. Elle me dépouille de mon statut de citoyen algérien et me classe dans la catégorie des apatrides, ma nationalité algérienne juridique ne m’ayant pas prémuni contre cet abus d’autorité et cette aberration raciale. Se peut-il que des hommes politiques, qui se disent des politiques, pratiquent en toute impunité la discrimination raciale entre les citoyens de la même Nation et ne possèdent pas suffisamment de discernement pour faire de bons choix pour les candidatures pour mieux servir l’intérêt de la collectivité ?    

Le refus de ma candidature par les instances du Parti d’Ain-Sefra sur leur liste constitue l’arche qui cache la forêt. En effet, j’appartiens à l’entité sociologique du ksar de Sidi Boutkhil, une minorité qui n’a jamais eu la chance d’être représentée, dans l’Algérie indépendante, aux assemblées élues locales ou législatives, depuis la création des premières en 1967 et depuis l’érection des secondes en 1977. Cette exclusion n’est pas propre à l’entité sociologique du ksar de Sidi Boutkhil. En effet, elle frappe toutes les minorités de notre pays qui sont dans la grande majorité des ksour berbères. Il est certain que le législateur, qui raisonnait dans la philosophie démocratique, avait priorisé la règle du jeu démocratique de la majorité et de la minorité. Cependant, s’il avait pris soin de faire une étude démographique sur nos ksour disséminés à travers tout le territoire national, il aurait évalué cette importante masse démographique exclue sans volonté politique. Selon nos estimations approximatives, elle dépasserait deux millions d’âmes, donc voilà une moins-value certaine pour le développement de notre Nation.

Les deux cas de figure sont blâmables et n’honorent pas notre Etat qui lutte pour éradiquer les discriminations de tous genres. Aussi, il est impérieux de réparer ces torts pour chaque cas d’espèce. Les pouvoirs publics sont requis d’interdire cette pratique extralégale de discrimination raciale. D’autre part, le législateur est interpellé pour modifier la loi électorale et prévoir un pourcentage de représentativité pour ces minorités dont les ressentiments ne font qu’accroitre et les blessures ne font que s’approfondir.

Ce préjudice est tellement sévère et handicapant que ses auteurs doivent en subir les sanctions de Droit qui s’appliquent en la matière par les instances compétentes et dans cette optique, j’accuse les sieurs Hadi Mohamed et Zeghdane Mohamed, tous deux membres du Comité central et de la Mouhafadha du FLN. J’accuse, sans haine aucune, leur manière de servir qui est préjudiciable à la Nation, laquelle se retrouve piégée entre des cadres de parti dont l’indigence culturelle et intellectuelle est manifeste.

Au terme de ce mémorandum, J’ai l’insigne honneur et l’immense plaisir de vous apprendre que Je me fais une fierté d’être un écrivain nationaliste qui a décortiqué le colonialisme dans ses œuvres. En effet, mon roman historique en deux tomes Margueritte en est le révélateur. Il a donné jour à un ouvrage académique ‘le procès des insurgés de Margueritte cour d’assises de Montpelier 1902-1903’, édité par l’Harmattan en France en 2021, et qui est entré dans la recherche scientifique dans les laboratoires d’histoire des universités de Tlemcen, de Cambridge en Grande Bretagne, de Virginie aux états unis d’Amérique.

Copie à Monsieur

Le Ministre de la Justice

Cabinet Alger

Naama le 09/10/2021

 

Bencherif Ahmed écrivain chercheur

Président de la section locale

Union des écrivains algériens

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