ahmed bencherif écrivain et poète

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Comptes rendus des séances de
l’Académie des Inscriptions et
Belles-Lettres
Les « Ardjem» d’Aïn-Sefra, de Magrar-Tahtani et de Beni-Ounif
(Sud-Oranais)
Ernest-Théodore Hamy
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Hamy Ernest-Théodore. Les « Ardjem» d’Aïn-Sefra, de Magrar-Tahtani et de Beni-Ounif (Sud-Oranais). In: Comptes rendus
des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 49ᵉ année, N. 1, 1905. pp. 83-93;
doi : https://doi.org/10.3406/crai.1905.71548

https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1905_num_49_1_71548

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LES ARDJEM d’aÏN-SEFRA 83
exposition des envois si nombreux et si intéressants d’antiquités
provenant de l’Asie Mineure, et adressés au Louvre depuis
plusieurs années par M. Paul Gaudin, directeur du chemin de fer
Smyrne-Cassaba et prolongements. Cette exposition est publique
et contient une série remarquable de monuments trouvés à
Smyrne, à Clazomène, à Philadelphie et dans diverses autres
localités.
COMMUNICATIONS
LES « ARDJEM » d’aÏN-SEFRA, DE MAGRAR-TAHTANI ET DE BENI-OUMF
( SUD-ORANAIS ) ,
PAR M. E.-T. HAMY, MEMBRE DE l’aCADÉMIE.
Une partie des documents à l’aide desquels j’ai rédigé
cette notice m’ont été adressés, pour être communiqués à
l’Académie, par M. E.-F. Gautier, l’un des voyageurs
subventionnés cette année par la fondation Garnier.
M. Gautier traverse en ce moment le Sud-Oranais pour
gagner des régions plus centrales. Parvenu à Aïn-Sefra, il
s’est décidé à entreprendre quelques recherches dans les
tumulus découverts récemment aux environs de cette
localité par M. le comte Jean de Kergorlay et par M. le capitaine
Dessigny, chef du bureau arabe subdivisionnaire. J’ai été
assez heureux pour pouvoir compléter les indications de
M. Gautier à l’aide des notes et des photographies de ces
deux observateurs et de la petite collection formée par le
dernier dans une fouille exécutée pour le compte de la
mission, il y a seulement quelques semaines.
84 LES ABDJÈM d’aÏN-SEFRA
I
M. Gautier avait commencé par visiter la source qui
donne son nom au village d’Aïn-Sefra et dans le voisinage
il avait découvert une de ces stations de l’âge de pierre
dont on trouve si fréquemment les restes à proximité des
points d’eau1.
La station préhistorique d’Aïn-Sefra est importante par
l’étendue qu’elle occupe, mais assez misérable par
l’industrie de ses vieux habitants. Le sol en est jonché de débris
de silex, mais un fort petit nombre de ces pierres ont des
formes bien définies. Près de la moitié de celles que j’ai
triées dans l’envoi de M. Gautier (14 sur une trentaine)
appartiennent à ce type particulier qu’on a quelquefois
distingué sous le nom de lames à dos rabattu, et dont on a
déjà rencontré des spécimens dans certaines stations du
Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie et même du Çomal2. Ce
sont, comme on le sait, des lames choisies pour leur
épaisseur et dont le bord, opposé au tranchant, a été retaillé à
petits coups, de manière à offrir une surface rugueuse,
favorable à une emmanchure latérale.
Le reste des silex taillés d’Aïn-Sefra se compose de
couteaux simples, de flèches grossières, irrégulièrement
triangulaires ouamygdaloïdes. J’y ai trouvé enfin un de ces curieux
grattoirs à bois, dont la surface utile, taillée finement,
dessine un demi-cercle qui s’adapterait fort bien à la
convexité d’une tige dont ou voudrait faire un arc, par exemple.
Il existe dans le matériel de certains sauvages modernes
1. Cf. G. Richard, Sur la découverte du silex taillé dans le sud de V
Algérie (Comptes rendus Acad. des Se, t. LXVIII, p. 196. — Cf. Ibid.,
t. LXVI, p. 1057).
2. Coll. Buchet, Debruge, Foureau, Du Bourg de Bozas, etc. au Muséum
d’histoire naturelle et au Musée d’ethnographie.
LES ARDJEM d’aÏN-SEFRA 85
des instruments assez analogues à ces deux types d’outils
de la station la plus antique d’Aïn-Sefra.
M. Gautier a recueilli avec ces ustensiles de pierre
plusieurs fragments de terre cuite, façonnés à la main, d’une
argile mêlée de gros grains de quartz d’un rouge jaunâtre et
noirâtre à la cassure. Un de ces récipients, sorte de marmite
à bords évasés, présente un diamètre de 18 centimètres au
moins à l’orifice, la base renflée est plus large encore.
L’entrée est décorée de petits alvéoles creusés à des intervalles
inégaux sur le bord même de la pièce, et la base du col porte
un autre rang de traits à peu près parallèles,
irrégulièrement espacés, à la fois plus longs, plus larges et plus
profonds l ; la couleur de la terre est plus rouge et la
direction générale du décor est légèrement oblique de bas en
haut et de gauche à droite.
Je trouve une ornementation comparable sur certains
fragments rapportés par M. Ph. Thomas de la station de
Hassi el M’ Kaddem, près Ouargla, et figurés dans les
Matériaux pour 1876 2.
II
A deux heures de cheval environ au N.-O. du village
d’Aïn-Sefra et sur une ligne dirigée vers le plus haut
sommet du Djebel-Morghad, M. le comte Jean de Kergorlay
découvrait au printemps de 1903 une série de monuments,
d’une époque encore ancienne, quoique sensiblement
postérieurs à la station de la source. C’étaient des tumulus
1. La plus allongée de ces empreintes mesure 12 à 13 mm., les plus
larges en atteignent 4 à 5 et la profondeur maxima n’est pas moindre de
3 à 4. Cette ornementation fort primitive semble avoir été faite avec un
bâtonnet ou un petit os.
2. Ph. Thomas, Notes sur V atelier préhistorique cT Hassi el AT Kaddem,
à 8 kilom. au N. de V oasis de Ouargla (Mat. pour Vhist. prim. et nat. de
Vhomme, t. XI, p. 268, fig. 127-128, 1876).
86 LES ARDJEM d’aÏN-SEFRA
appelés ardjem par les indigènes1, disposés sans aucun
ordre apparent, dans la Faïdjet el Betoum et dont on
reconnaissait vaguement les bordures de pierres en partie
écroulées et les dalles centrales en désordre. M. le capitaine
Dessigny en trouvait bientôt d’autres à 5 ou 6 kilomètres
à l’Est d’Aïn-Sefra, sur le versant Nord et au pied du
Djebel Mekter. Ces derniers, au nombre d’une cinquantaine,
a. Tumolu»
Founassa» ,>i
Figjiig ../
^’♦’Beni-Ounif
M.roukanû »y
. MMbtani
mieux conservés que ceux du Faïdjet el Betoum, formaient
une sorte de cimetière, à proximité d’un point d’eau. Les
mieux conservés se présentent sous l’apparence d’un cube
de pierres de 0m 50 à 0m 60 de hauteur, plantées debout.
La circonférence ainsi limitée mesure de 3 m 50 à 4 mètres de
1. Redjem, sing. ; ardjem au plur. (Dessigny). — Certaines localités de
ces cantons portent le nom de Redjem ; Redjem el Gherib, par exemple,
au N.-O. de Duveyrier, signale probablement quelque monument
funéraire antique à fouiller dans l’avenir.
87
diamètre. Vers le centre, des dalles juxtaposées à plat,
quelquefois deux par deux, recouvrent une sépulture1.
Six de ces diverses éminences ont été entamées par
M.Gautier, M. Dessigny en a fouillé une quarantaine. La
plus remarquable de ces dernières était un véritable tumulus
déforme arrondie, composé de cailloux roulés et de dalles
en grès, très communes dansla région. « Une tranchée ouverte
de la périphérie au centre, écrit M. Dessigny, fit découvrir
au milieu du monument une chambre sépulcrale
parfaitement intacte. Cette chambre est de forme ovale et évasée
du fond vers le sommet. Les deux axes ont respectivement
0m 80 et 0m 60 de longueur au fond, et 1 mètre et
0m 80 au sommet. Les parois et la couverture sont en
dalles de grès ; le fond est formé par la roche naturelle : la
hauteur de la chambre est de 0 m 80. Elle est remplie à
mi-hauteur de sable fortement tassé, paraissant provenir des
dunes voisines. En enlevant ce sable horizontalement,
M. Dessigny amis à découvert des ossements qui tombaient
en poussière et a pu seulement reconnaître que le corps
avait dû être placé la tête tournée vers l’Ouest et appuyé
sur le côté droit, le dos contre la paroi ; les bras étaient
croisés sur la poitrine et les jambes repliées vers le tronc. »
Alahauteur du cou, M. Dessigny ramassait 81 petites
rondelles aplaties et percées au centre, mesurant environ
5 mm. de diamètre. Au milieu, de ces rondelles, assez
régulièrement arrondies et qui ont été façonnées en perçant
et en découpant l’écaillé des oeufs d’autruche 2, se détache
une perle de cornaline de forme sphérique, aplatie, large de
1. M. de Kergorlay vient de retrouver (1904) une sépulture exactement
semblable dans le Sahara tunisien.
2. On pourrait se demander, en rapprochant ces colliers formés de très
nombreuses pièces d’enfilage taillées dans l’oeuf d’autruche des colliers
similaires en rondelles des coquilles de l’Archipel de Californie, s’ils n’ont
pas été dans le Sud-Oranais une sorte de monnaie semblable à celle dont
se servaient les insulaires californiens.
88 LES ARDJEM d’aÏN-SEFRA
8mm, haute de 5, deux autres grains lenticulaires en verre
irisé, enfin une dernière pièce profondément altérée, que
je prends pour un morceau de coquille, ayant en partieconservé
sa couverture nacrée.
Un autre collier, porté par le même personnage, était
fait d’une lamelle de cuivre très étroite ( 1 mm) , tordue
en spirale allongée ; la partie conservée mesure environ
0m 13 de longueur.
III
Tous les autres ardjem étudiés par M. E.-F. Gautier et par
le capitaine Dessigny étaient construits sur le même plan.
Ils contenaient de rares débris d’os qui s’effritaient sous les
doigts et quelques dents remarquables par l’usure de leur
fût. Tous les corps étaient sur le côté, les uns appuyés à
droite, les autres à gauche : les têtes étaient tournées dans
toutes les directions. Exceptionnellement le fond de
quelques chambres se trouvait formé de dalles semblables à
celles des parois.
Le plus grand nombre de ces ardjem ne contenaient que
quelques débris de squelettes. Parfois cependant, comme
dans le grand tumulus dont on vient de lire la description,
les fouilleurs ont pu se procurer de rares objets en métal,
en os, en coquille et en pierre.
Les pièces de métal sont en argent, en cuivre, en fer
intimement confondus : plaque de ceinture en cuivre, de
forme carrée, longue, ornée sur son pourtourd’un fin
pointillé repoussé, et fixée par deux clous en fer, dont l’un est
encore adhérent à son rivet de cuivre circulaire et aplati ;
bracelets d’argent, ouverts, formés d’une simple tige de
3 à 4mm d’épaisseur, courbée de façon à laisser 40 à
42 mm d’ouverture ; bracelet de cuivre de même forme et
de mêmes dimensions, mais plat à l’intérieur et orné sur les
89
bords de fines striations; bagues ouvertes, de cuivre et
d’argent, cylindriques et un peu renflées vers le milieu, ou en
forme de lame plate ou un peu convexe (une de ces bagues
se ferme à l’aide de deux petits crochets recourbés) ;
fragments de tiges et de douilles de fer profondément altérées,
restes de javelines ou de lances ; robuste outil aussi de
fer, beaucoup mieux conservé, long de près de 0m 18,
dilaté aux deux bouts en prismes à quatre plans et
terminés en pointes, de façon à rappeler la forme des carrelets
actuels.
L’os travaillé est représenté par un disque plat et poli
déforme ovale raccourcie, qui mesure 35mm sur 30 *. La
coquille d’oeuf d’autruche a servi à façonner, comme je l’ai
déjà dit, des pièces d’enfilage qui composent des colliers
parfois d’une grande longueur. L’un de ceux que m’a
envoyés M. le capitaine Dessigny se compose de 522 petits
disques, percés au centre d’un trou de 2 à 3 ram environ et
leur diamètre varie de 6 à 11 mm. Une fois le trou obtenu à
l’aide d’un foret à bout obtus, on a tout doucement ébréché
le bord de façon à obtenir un contour polygonal se
rapprochant de plus en plus de laforme circulaire, qu’un polissage
final s’efforçait d’obtenir aussi régulier que possible. Ce
travail a été plus ou moins poussé, d’un disque à l’autre, et
la surface générale qui résulte de la juxtaposition des petits
disques est le plus souvent rugueuse et parfois fort
irrégulière.
J’ai dit que le principal collier d’Aïn-Sefra comptait
*522 pièces d’enfilage, il mesure plus de 0m 90 ; un autre en
a 475 et dépasse 0m72; un troisième, beaucoup plus petit,
n’atteint plus que 0m 15 avec 85 disques.
1. Ce disque est indiqué spécialement par M. Gautier comme trouvé
dans un tumulus n° 3 de Teniet R’zla. Si ce nom est le même queTeniet et
Ghzalla de la carte d’État-Major, ce tumulus appartiendrait au groupe du
Taïdjet el Betoum découvert par M, J. de Kergorlay.
90 LES ARDJEM d’aÏN-SEFRA
Les objets en pierre sont aussi des grains de colliers ;j’ai
déjà parlé de cornalines polies, en voici de nouveaux quatre
grains globuleux aplatis, qui composent avec un gros
cabochon irrégulièrement cylindrique et une perle lenticulée de
pâte de verre, une autre perle en pierre verte, et deux petits
disques de coquilles, un grossier collier d’enfant. La tête
du sujet est la seule pièce osseuse qui me soit parvenue,
engagée dans sa gangue d’argile rouge1. C’est un enfant de
trois ans environ d’un type dolicho-pentagonal
extrêmement accusé et qui rappelle beaucoup par ses formes les
pièces analogues que l’on connaît du littoral barbaresque
ou de l’ancienne Egypte.
IV
H me reste à dire quelques mots des deux autres groupes
de tumulus, analogues aux précédents, découverts l’un dans
la vallée de l’Oued-Namous par M. le comte J. de Kergorlay,
l’autre à Beni-Ounif par M. Gautier. La première de ces
nécropoles est à proximité de l’oasis de Magrar-Tahtâni, à un
peu plus de 30 kilomètres au sud d’Aïn-Sefra. « Lorsqu’on
quitte la fraîche et verdoyante oasis de Magrar-Tâhtani,
écrit M. de Kergorlay, à la limite où l’irrigation devient
impossible, le désert commence. La vallée de
l’Oued-Namous (rivière des Moustiques) court sensiblement du N.-E.
au S.-O. et, après un étranglement formé par le Djebel
Taouzamt au Tenaïa et Tamer, elle va se perdre dans la
hammada. La haute vallée est limitée au N.-O. par le
Djebel-Zarif dont les cîmes rocheuses, déchiquetées et
dénudées par les pluies peuvent s’élever à 12 et 1.500
mètres. C’est la limite des Hauts-Plateaux.
1. Je n’ai pu conserver que le moulage intracranien, formé de l’argile
dur qui remplissait le crâne et qui a été dessolidé avec du blanc de
baleine.
LES ARDJEM D A1N-SEFRA 91
« Le fond de la vallée est plat, coupé de dallages et de
zones de sable, ou de petites pierres noires. La végétation
se réduit à quelques bétoums [pistacia atlantica), quelques
épines, des jujubes et un peu d’alfa.
« En quittant Magrar-Tâhtani, dans la direction du S.-O.,
à environ une heure et demie de marche, on trouve un
premier tumulus. C’est le plus important de tous ceux que
nous allons rencontrer : il affecte la forme d’une ellipse
dont le grand axe aurait environ 18 mètres et le petit, à peu
près moitié moins. La hauteur varie de 3m 50 à 4 mètres, et
Tumulus de l’Oued-Namous.
on ne peut mieux comparer l’ensemble qu’à une gigantesque
carapace de tortue. Les pierres qui forment ces tumulus
sont souvent très grosses et ont cette patine d’un brun noir
particulier aux roches désertiques. »
M. de Kergorlay a photographié ce remarquable
monument (fig. 00) et levé le plan de cinq autres tumulus, aussi
de grande taille, isolés à des distances variables, et dirigés
comme les premiers dans le sens de la vallée. Tous sont
situés un peu au-dessous du fond et assez souvent auprès
de quelque ravin creusé par les affluents de l’Oued.
92 LES ARDJEM d’aÏN-SEFRA
La situation du pays était extrêmement troublée au
moment où le voyageur parcourait ainsi ce canton presque
inexploré; c’était quelques semaines avant le
bombardement de Figuig, et ce lui fut impossible d’entreprendre une
fouille méthodique dans des conditions aussi difficiles,
M. E.-F. Gautier a été plus heureux à Beni-Ounif, un peu
au sud de Figuig. Il a pu ouvrir deux tumulus dans cette
localité et y recueillir, avec des ossements effrités, les débris
d’un bracelet de fer et deux colliers de coquilles d’oeuf
d’autruche identiques à ceux dont il était question un peu
plus haut.
Tous ces groupes funéraires se présentent, en somme,
avec des caractères fort homogènes. Quelle que soit son
orientation, le corps replié est toujours couché sur le côté.
Les pièces de colliers en coquille d’oeuf d’autruche,
communes dans un certain nombre de stations de l’âge de
pierre saharien1, notamment vers Ouarglaet vers El-Goléa,
s’associent aux ornements d’argent déjà connus des
constructeurs de Roknia2. Le cuivre, qui affleure dans la région au
voisinage de Founassa, se joint au fer signalé depuis
longtemps à Tilghemt par le général Pothier3. Et tout cela
constitue un petit ensemble qui caractérise nettement une
phase de l’évolution des tribus du Sud.
Les indigènes actuels n’ont conservé que de vagues
traditions relatives à ce vieux peuple ; l’un d’eux contait
à M. Dessigny que les redjem avait bien 900 ans, sans
donner d’ailleurs aucune raison à l’appui de cette
assurance.
Il est intéressant de constater, en terminant, que ces
monuments, comme leurs similaires du Sud- Algérien ou du
1. Mat. pour Vhist. prim. et nat. de Vhomme, t. XI, p. 72, 1876, etc., etc.
2. Bourguignat, Histoire des monuments mégalithiques de Roknia, près
d’Hamman-Maskoutine (Paris, 1868, in-4), p. 34 et pi. IV.
3. Ed. Pothier, Les tumulus de la daïa de Tilghemt(Rev. d’Ethnogr.,t.V,
p. 311, 1876).
UNE INSCRIPTION GRÉCO-ARAMÉENNE d’aSIE MINEURE 93
Maroc * , sont semés tout le long d’anciennes voies de
communication et reproduisent ainsi dans la topographie
préhistorique africaine des dispositions comparables à celles que
M. Sophus Mûller signalait pour les pays septentrionaux
dans une magistrale étude présentée récemment à la Société
des Antiquaires du Nord 2.
UNE INSCRIPTION GRÉCO-ARAMÉENNE d’aSIE MINEURE,
PAR M. FRANZ CUMONT, CORRESPONDANT DE l’ ACADÉMIE.
En 1900, M. Grenard, alors consul de France à Si vas,
l’ancienne Sébastée du Pont, découvrit environ à mi-chemin
entre cette ville et Divrighi (Tephrice),au village d’Aghatcha-
Kalé3, une inscription rupestre dont il soupçonna
immédiatement l’importance. Il en prit une copie qu’il eut
l’obligeance de me faire parvenir : au-dessous de six lignes d’un
texte grec , gravé cttoi^yjSov , on distinguait encore quelques
mots en caractères qui semblaient être araméens. Je
communiquai ce document énigmatique à M. Clermont-Ganneau,
qui se mit en rapport avec M. Grenard et obtint de celui-ci
non seulement une photographie du rocher d’Aghatcha-
Kalé mais un excellent estampage de l’inscription. Cet
estampage ne fit guère que confirmer le déchiffrement que
1. Tissot, Sur les monuments mégalithiques du Maroc, etc. (Rev. d’Anthrop.,
t. V, p. 387, pi. IV, 1865).
2. Sophus Mûller, Routes et lieux habités à Vâge de la pierre et à Vàge
du bronze (Mém. de la Soc. des Antiq. du Nord, Nouv. Sér., 1903, p. 60-
140).
3. Exactement à 41 kil. au S.-O. de Divrighi. D’après les indications
topographiques que nous fournit M. Grenard, l’inscription est gravée sur
la surface aplanie d’un rocher faisant partie d’une longue arête de
montagne qui domine le village. Il n’y a dans ce rocher aucune trace d’un
tombeau ou de sculptures, mais la cime voisine a probablement porté autrefois
une construction.

DÉCOUVERTE D’UNE NOUVELLE STATION DE GRAVURES RUPESTRES A THYOUT (Sud oranais) PAR H. LHOTE et M. LIHOREAU La localité de Thyout fut la première qui, en 1847, nous révéla l’existence de gravures rupestres en Afrique du Nord et au Sahara. La découverte fut due au capitaine Koch et au Dr Jacquot qui participaient alors à la colonne de pacification dirigée par le général Cavaignac et qui, pour la première fois, pénétrait dans les oasis de Thyout, de Moghar Tahatani et d’Aïn-Sefra. Les gravures sont au nord du village, à mi-pente de la falaise au pied de laquelle passe aujourd’hui la route qui va d’Aïn-Sefra à Géryville. Elles ont été visitées par de nombreux chercheurs dont les principaux sont G. B. M. Flamand, H. Kiihn, L. Frobenius, H. Breuil, M. Reygasse et R. Vaufrey. Quant à l’un des signataires de cet article, Henri Lhote, il s’est rendu au moins six fois sur le site, la dernière en compagnie du lt-colonel Lihoreau. A ces diverses occasions, une enquête avait été menée auprès des habitants afin de savoir s’il n’existait pas d’autres gravures dans les environs, car des renseignements très imprécis laissaient entendre qu’il devait y en avoir d’autres dans les rochers derrière la station déjà connue. Mais toutes ces enquêtes furent vaines, y compris auprès des notables qui, pourtant, nous accompagnèrent devant les gravures de la station anciennement connue. Le lt-colonel Lihoreau, qui travaillait en liaison avec Henri Lhote et qui avait l’avantage de résider pratiquement sur place, s’enquit à son tour et, sur un renseignement du Père Becquart, des Pères blancs d’Aïn-Sefra, il reconnut une station nouvelle, située non pas au nord, mais au sud de celle déjà inventoriée. Pour s’y rendre, en partant de la station principale, il faut prendre la route qui rejoint Thyout- village par l’est, mais au moment où elle fait un coude pour rejoindre l’agglomération, il faut la quitter et traverser l’oued ; une piste apparaît sur la rive sud, qu’il faut alors suivre et qui longe la falaise parallèle à l’oued ; à 5 km environ du point de départ, la piste devient sablonneuse et l’on aperçoit un premier groupe de rochers, à gauche. Il faut continuer jusqu’au deuxième groupe de rochers qui se trouve à 150 m à gauche de la piste. Les gravures sont au pied de la falaise et à mi-pente. La roche est formée de grès identiques à ceux de la station principale de Thyout. SOCIÉTÉ DES AFRICANISTES Description des gravures. — Des photographies furent prises par le lt-colonel Lihoreau et les dimensions relevées par le PèreBecquart. La station comprend trois panneaux principaux et un quatrième ensemble figurant deux ânes, situé sur un rocher détaché, à 30-40 m des autres. Le premier panneau montre un grand éléphant (fig. 1), qui devait mesurer, du sommet de l’oreille à la base de la patte, près de 1,80 m de haut et approximativement autant de large. Le trait en est poli, le profil en U surbaissé et la patine identique à celle de la roche. Une partie de l’oreille n’est plus visible, mais elle dépassait notablement le sommet de la ligne frontale et devait être du type bilobé. L’animal est sexué ; c’est un mâle. La défense, placée anormalement haut, semble avoir été rajoutée, car le trait est simple et la patine apparaît plus claire. Sur le corps, ont ^COUVERTE D’UNE NOUVELLE STATION DE GRAVURES RUPESTKES 9 été gravés deux poignards. Celui de gauche (fig. 2) est à trait poli, à profil en U surbaissé, avec traces de piquetage, et sa patine est pratiquement aussi foncée que celle de l’éléphant. Celui de droite (fig. 3) a été obtenu par piquetage et sa patine est plus claire. Il apparaît comme une mauvaise copie du précédent. En dessous de la pointe, on aperçoit un piquetage qui est peut-être la figuration d’un liquide coulant, peut-être l’évocation du sang d’une blessure symbolique pratiquée sur l’éléphant. Enfin, entre la trompe et la patte de ce dernier, un petit mammifère (fig. 4), peut-être un canidé, a été réalisé par un piquetage irrégulier et sa patine est très claire.

DÉCOUVERTE D’UNE NOUVELLE STATION
DE GRAVURES RUPESTRES A THYOUT
(Sud oranais)
PAR
H. LHOTE et M. LIHOREAU
La localité de Thyout fut la première qui, en 1847, nous révéla l’existence de
gravures rupestres en Afrique du Nord et au Sahara. La découverte fut due au
capitaine Koch et au Dr Jacquot qui participaient alors à la colonne de pacification
dirigée par le général Cavaignac et qui, pour la première fois, pénétrait dans les
oasis de Thyout, de Moghar Tahatani et d’Aïn-Sefra. Les gravures sont au nord du
village, à mi-pente de la falaise au pied de laquelle passe aujourd’hui la route qui
va d’Aïn-Sefra à Géryville. Elles ont été visitées par de nombreux chercheurs dont
les principaux sont G. B. M. Flamand, H. Kiihn, L. Frobenius, H. Breuil, M. Reygasse
et R. Vaufrey. Quant à l’un des signataires de cet article, Henri Lhote, il s’est
rendu au moins six fois sur le site, la dernière en compagnie du lt-colonel Lihoreau.
A ces diverses occasions, une enquête avait été menée auprès des habitants afin
de savoir s’il n’existait pas d’autres gravures dans les environs, car des
renseignements très imprécis laissaient entendre qu’il devait y en avoir d’autres dans les
rochers derrière la station déjà connue. Mais toutes ces enquêtes furent vaines,
y compris auprès des notables qui, pourtant, nous accompagnèrent devant les
gravures de la station anciennement connue.
Le lt-colonel Lihoreau, qui travaillait en liaison avec Henri Lhote et qui avait
l’avantage de résider pratiquement sur place, s’enquit à son tour et, sur un
renseignement du Père Becquart, des Pères blancs d’Aïn-Sefra, il reconnut une station
nouvelle, située non pas au nord, mais au sud de celle déjà inventoriée.
Pour s’y rendre, en partant de la station principale, il faut prendre la route qui
rejoint Thyout- village par l’est, mais au moment où elle fait un coude pour rejoindre
l’agglomération, il faut la quitter et traverser l’oued ; une piste apparaît sur la rive
sud, qu’il faut alors suivre et qui longe la falaise parallèle à l’oued ; à 5 km environ
du point de départ, la piste devient sablonneuse et l’on aperçoit un premier groupe
de rochers, à gauche. Il faut continuer jusqu’au deuxième groupe de rochers qui se
trouve à 150 m à gauche de la piste. Les gravures sont au pied de la falaise et à
mi-pente. La roche est formée de grès identiques à ceux de la station principale
de Thyout.
SOCIÉTÉ DES AFRICANISTES
Description des gravures. — Des photographies furent prises par le lt-colonel Lihoreau
et les dimensions relevées par le PèreBecquart. La station comprend trois
panneaux principaux et un quatrième ensemble figurant deux ânes, situé sur un rocher
détaché, à 30-40 m des autres.
Le premier panneau montre un grand éléphant (fig. 1), qui devait mesurer, du
sommet de l’oreille à la base de la patte, près de 1,80 m de haut et
approximativement autant de large. Le trait en est poli, le profil en U surbaissé et la patine
identique à celle de la roche. Une partie de l’oreille n’est plus visible, mais elle dépassait
notablement le sommet de la ligne frontale et devait être du type bilobé. L’animal
est sexué ; c’est un mâle. La défense, placée anormalement haut, semble avoir été
rajoutée, car le trait est simple et la patine apparaît plus claire. Sur le corps, ont
^COUVERTE D’UNE NOUVELLE STATION DE GRAVURES RUPESTKES 9
été gravés deux poignards. Celui de gauche (fig. 2) est à trait poli, à profil en U
surbaissé, avec traces de piquetage, et sa patine est pratiquement aussi foncée que
celle de l’éléphant. Celui de droite (fig. 3) a été obtenu par piquetage et sa patine
est plus claire. Il apparaît comme une mauvaise copie du précédent. En dessous
de la pointe, on aperçoit un piquetage qui est peut-être la figuration d’un liquide
coulant, peut-être l’évocation du sang d’une blessure symbolique pratiquée sur
l’éléphant. Enfin, entre la trompe et la patte de ce dernier, un petit mammifère
(fig. 4), peut-être un canidé, a été réalisé par un piquetage irrégulier et sa patine
est très claire.

28
mai 2021
Posté dans Non classé par bencherif à 4:31 | Pas de réponses »

Au premier appel du muezzin, Mohamed pénétra dans le ksar, par le grand portail nord qui était déjà ouvert, fait en bois fruste et très robuste, de grande hauteur. Il faisait encore très noir, cependant quelques croyants se rendaient à la mosquée. Certains s’éclairaient de lampe à signal dont la faible luminosité balançait au gré des mouvements de la main et scintillait, d’autres scrutaient la pénombre et marchaient carrément contre le mur et leurs ombres se confondaient au néant. Leurs pas étaient silencieux, presque feutrés, les pantoufles ne crissant pas. Des enfants, qui allaient à l’école coranique, se mouvaient aussi, indistincts et sans peur, car la sécurité absolue régnait. Les ruelles étaient étroites et tortueuses, sans revêtement au ballast, montantes ou descendantes légèrement. La cité semblait encore endormie et ne donnait presque pas signe de vie à l’extérieur. Ses cuisines activaient pourtant et préparaient très tôt le petit déjeuner pour les laborieux habitants.

Juste au grand portail, se déroulaient deux voies opposées, limitées de part et d’autre de maisons. Mohamed emprunta celle de droite et laissa à sa gauche une impasse, élevée de façon abrupte et très courte. Il ne fit pas plus de vingt mètres et arriva chez lui. Il frappa à la porte qui , bien épaisse, ne résonnait pas. Il cogna plus fort avec sa canne, aucune voix ne répondait de l’intérieur. Alors, il commença à maugréer : « Mon dieu, le beau ! Personne ne vient m’ouvrir ? La fille de mécréants est sourde ; pourquoi j’ai épousé cette femme, moi ? Je lui donnerai une ou deux baffes pour lui apprendre à me laisser poiroter par ce sale temps ; il fait un froid de canard, par dieu, c’est vrai. Pourtant, elle sait que c’est mon heure d’arrivée, au premier appel du muezzin. » Au repos, il gelait et pour se réchauffer, il  remua les pieds, ôta  ses gants et se frotta les mains. Alors, il tapa de toutes ses forces avec son poing ; personne ne répondait à ses coups, violents pourtant, qu’amortissait l’épaisseur du bois. Il bougonna encore  et dit avec dépit : « On cherchera longtemps dans ses ruelles terreuses, on ne trouvera point un caillou pour taper fort et se faire entendre. » Désespéré, il se dit faire le compte à sa femme et la répudier. Il se corrigea vite par regret et maudit le diable qui lui jouait des tours et lui indiquait déjà de très jolies créatures, quelques unes mariées, d’autres, jeunes filles. Finalement, Fatma vint ouvrir, dit bonjour et retourna à sa cuisine, sans laisser le temps de réflexion à son mari.

Mohamed conduisit son âne dans le dépôt de bois dont il alluma un plafonnier électrique dont le voltage était si faible que l’on ne voyait presque rien. Il rangea les bûches dans un coin et s’écorcha un doigt qui saigna aussitôt. Il le suça instinctivement et le sang coagula. Il regagna la cuisine et sermonna fortement sa femme, puis il la saisit par les cheveux et la secoua vigoureusement et dit : « Maintenant, je vais t’apprendre à être prompte pour m’ouvrir la porte. ». Elle eut peur un peu, mais ne trembla pas, ne cria pas. Et dit : « Ne me frappe pas ; je t’ai préparé à manger et l’eau est chauffée pour que tu fasses tes ablutions. » Il la tenait toujours par les cheveux sans exercer de violence pourtant, alors qu’il était très nerveux. Quant à elle, elle restait humblement soumise et sûr d’elle-même. Elle n’essaya même pas de se dégager de l’étreinte de son mari qui dit : « Je vais t’apprendre à savoir qui suis-je. » Fatma restait imperturbable, malgré sa fragilité. Elle connaissait tout de son homme, sa violence, sa modération, ses limites. Aussi, elle n’en fut pas trop émue et dit : « Je sais qui tu es ; tu es  mon lion qui rugit et fait fuir les braves. » Elle fit mouche et, à chaque fois que Mohamed entendait les mêmes propos, il se désarçonnait et jamais il ne put déceler la boutade du compliment. Pour s’authentifier comme tel, il rugit comme d’habitude, prit une amphore qu’il remplit d’eau tiède et regagna le dépôt de bois qui faisait office de salle de toilettes.

La salle de toilettes était aménagée dans un réduit. Comme le réseau d’assainissement public n’existait pas, elle disposait d’une fosse sceptique qui recevait les déchets et que Mohammed curait, quand elle se comblait et ces mêmes déchets allaient nourrir son champ de culture, une fois séchés au soleil. Oui, toute cette cité en était privée, la commune mixte n’avait pas assez de sous pour réaliser ces travaux nécessaires à la salubrité publique. L’eau courante n’existait pas non plus et chaque maison disposait de son propre puits. A vrai dire la volonté politique des pouvoirs publics était absente, au motif que les conditions de faisabilité n’étaient pas aussi appropriées, comme au village, édifié sur une surface plane et non rocheuse, lequel était majoritairement habité par des Français, mieux représentés politiquement que les Musulmans Français, les uns et les autres ayant chacun son propre collège électoral.

28
mai 2021
Posté dans Non classé par bencherif à 4:24 | Pas de réponses »

Jocelyne ! Tu verras nos sapins, nos cyprès

Au pied de la dune ondulée par le vent

Où surgit la source fraîche, de fond doré,

Couronnée d’un bouquet de verdure flottant.

Les cristaux scintillants te feront caresses

Aux chevilles blanches, aux jambes fuselées ;

Tu jouiras bellement de plaisir immense,

Tu voudras cavaler et tu voudras rouler.

 

Tu feras ta pensée à notre Isabelle

Et sur la falaise au-dessus de la marre

Ton regard aimera la région rebelle

Traversée par l’oued, veillée par le Mekhter.

 

Notre lac est salé, ses eaux s’évaporent ;

Ses oies sont solitaires, ses berges déboisées,

Jusqu’à l’éternité son cycle perdure,

Quand tout aura été anéanti, rasé.

 

Dans la blanche koubba de mon saint aïeul

Surmontée de croissant, ceinte par quatre murs

Tes invocations franchissent le ciel,

Recueillies et bénies par les deux anges purs

L’odeur de piété te souffle repentance,

Te montre l’auguste silence éternel,

Te cure de tes maux, douleurs et transes,

Stimule tes envies à la vie, au label.

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26
mai 2021

Ratissages

Pour rassurer les colons, les autorités civiles et militaires avaient décidé une opération militaire punitive de grande envergure dans le Zaccar le jour même. Elle était justifiée par l’état d’esprit phobique des populations européennes et une grande fierté des indigènes d’être encore capables de prendre les armes et conquérir des droits que la paix ne leur avait pas octroyés. Le général Paul Alphonse Grisot avait été requis par le gouverneur général Jonnart, en santé déclinante, sur le point de démissionner. L’armée est plus que jamais requise à frapper fort et vite. Elle doit enlever toute velléité aux indigènes de penser révolte, de prendre les armes, de vouloir vengeance. Elle doit non seulement les impressionner, mais aussi les terroriser longtemps.

Une force considérable est déployée. Ses effectifs donnent une impression de terreur et prédisent que les représailles devaient être terribles. Ils signifient en clair qu’ils sont sur le pied de guerre, contre une population désarmée et isolée. C’est la formation d’une puissante colonne qui se met en mouvement pour s’engager dans les hostilités, comme pendant la guerre de conquête. Le haut commandement du 19e corps est décidé a réprimer de la plus atroce façon. C’est le retour aux méthodes de la terre brulée du maréchal Bugeaud. Le 28 avril, deux jours seulement après l’écrasement de la révolte, 1 200 soldats stationnent le long de la voie ferrée qu’ils surveillent, 800 autres partent ratisser dans la montagne du Zaccar où se sont réfugiés les rebelles :

-          Un bataillon du régiment des Zouaves d’Alger

-          Deux compagnies de tirailleurs d’Orléans ville

-          Un escadron des chasseurs de Blida.

Au total, deux-mille soldats, entre Zouaves, Tirailleurs, sont sous le commandement du général Octave Gilet. Trois torpilleurs appareillent pour surveiller les côtes de Cherchel. Est-ce que les craintes du commandement étaient justifiées pour mener la guerre aussi sur mer ? Aucune donnée historique n’est disponible ni pour infirmer ou confirmer sa justification. Toutefois, nous avançons avec la plus grande réserve que le commandement militaire craignait l’implication de la tribu des Benimenaceur qui avait assiégé cette ville en 1871 pendant un mois (25).9782343217598b

20
mai 2021
Posté dans Non classé par bencherif à 9:36 | Pas de réponses »

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12
mai 2021
Posté dans Non classé par bencherif à 5:17 | Pas de réponses »

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12
mai 2021
Posté dans Non classé par bencherif à 5:10 | Pas de réponses »

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12
mai 2021
Posté dans Poésie par bencherif à 11:22 | Pas de réponses »

Gouvernement

 

L’administration tue : les âmes périssent,

Le cœur bat faiblement, le cerveau hiverne,

Les ans languissent et de spleen finissent

Visage livide, cheveux gris, peau terne.

 

Elle terrorise, l’on ressent la phobie

Que l’on traîne jusque dans notre sommeil.

Par un malin plaisir, elle beugle et châtie.

Elle tue le rêve, ternit les merveilles.

 

Elle est abrutie, inculque l’idiotie,

En fin pédagogue, sombre dans le chaos,

Se complait tendrement dans l’erreur et l’inertie,

Recule sans envie, aime tourner le dos.

C’est l’épouvantable et perpétuel bagne.

C’est un corps sans vie, qui mange les justes,

Brutalise les bons, sans répit condamne

Les hommes vertueux, aux gourbis vétustes.

 

Le poltron se soumet pour un sou, pour un pain,

Mue en caméléon, fuit comme la fourmi.

Il est fataliste, croit fort au lendemain,

S’accroche sans espoir aux prétendus amis.

 

Le preux se révolte : plus de sou, plus de pain.

Il renoue le lien, sa fureur visible,

Prêt à recommencer, à rebrousser chemin,

A la moindre bévue, bête et blâmable.

 

 

La rigueur et probité qui étaient les miennes

Me faisaient barrières à toute promotion

Pour grimper l’échelle et assumer les rennes

De commandement, remplir de hautes missions.

 

J’attendis des années le sourire du sort,

Dans l’espoir qu’un commis de l’Etat investi

De souveraineté, de haut rang puisse alors

Me confier ce poste dont j’avais les outils.

 

Mon dossier me plaidait comme un bâtonnier,

Sur le plan compétence et sur la moralité

Attestées et sans que puisse les renier

Un habile enquêteur connu et redouté.

 

Passa l’an dans l’espoir, puis d’autres sans espoir,

Sans jamais recevoir l’avis de nomination

D’agent de la nation, récompense notoire

De mes valeurs partout tenues en adulation,

Partout ailleurs  à l’échelle planétaire sauf chez moi,

Dans mon grand pays où de petits hommes corrompus

Jusqu’à l’âme écrasent  de leurs pieds notre droit,

Gèrent la société comme leur propre du,

Ecartent les agents aptes et vertueux

Pour faire entendre leurs ordres, prétendus

Louables pour servir la nation au mieux.

 

Ils sont là, ils étaient là, ils seront là aussi ;

Ils se souviennent de notre jeune Etat,

Ils l’ont blessé, brisé en plusieurs organes,

Ils le mettent en brancard, le portent à trépas,

Ils l’ont dépouillé à fond de sa grande manne.

Ils se paient nos têtes, achètent le silence,

Vont en campagne de l’intox très savant,

Mûrement réfléchie avec trop de brillance,

Menée à bras de fer et toujours à l’avant.

extrait Odyssée

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