ahmed bencherif écrivain et poète

Bienvenue sur le blog de ahmed bencherif blog de culture et Littérature

Les influences européennes au Maroc

Un accord commercial est signé avec le Maroc en 1892 qui consacre la nation la plus favorisée aux dieux parties. Le sultan Moulay Hassan consent une diminution des droits d’entrée et de sortie des produits dont l’augmentation est significative. C’est le début d’une affection longtemps recherchée de part et d’autre. Cependant, des troubles marocaines tentent une incursion en 1897 sur la frontière avec l’Algérie et arrivent à mille-deux cents mètres de lala Maghnia, au motif de poursuivre des rebelles.

Le siècle se termine sans incidents et s’ouvre sur une autre période compliquée pour la France. Elle se garde d’afficher pleinement ses ambitions d’influence sur le Maroc, afin d’éviter d’éveiller les soupçons de l’Angleterre et de l’Espagne. Elle choisit l’attente comme le chasseur pour s’emparer de sa proie. C’est à ce moment que s’ouvrirent les négociations avec le Maroc, l’Italie, l’Angleterre et l’Espagne.

Un incident vint servir les ambitions de la France pour entamer les négociations avec le Maroc. le 6 avril 1901, un Français, M Pouzet fut assassiné au cap de l’Eau au Maroc, au nord-ouest d’Oujda. Le Gouvernement demanda aussitôt satisfaction au sultan Moulay Abdelaziz qui ne montre aucune intention de verser l’indemnité demandée. Deux navires français furent envoyés à Tanger pour remettre le sultan du Maroc à la raison. La démonstration de force navale amena le sultan Abdelaziz à de meilleurs sentiments. Il dépêcha une mission à Paris, sous la houlette de son ministre des Affaires Etrangères, Abdelkrim Ben Slimane. Le représentant du sultan Abdelaziz signa avec M Delcassé le protocole du 20 juillet 1901. Il avait été décidé de modifier le traité de 1845 à propos de la délimitation de la frontière algéro-marocaine. Les limites étaient fluides à partir du point de l’oued Adjeroud où il devient l’oued Guir. Le traité en question n’avait pas fait de répartition ni des tribus ni des ksour. Or, certaines tribus se considéraient indépendantes et il devenait urgent de les placer sous l’autorité de l’un des deux pays. Le protocole créa  une commission de seize membres de même parité. Dans la région de Figuig et d’Oujda, deux commissaires seraient désignés pour prendre les mesures de police à prendre à la frontière.

Enfin, la commission devait obtenir la soumission des deux tribus Ouled Djerir et Doui Menai, situées sur la jonction de l’oued Guir et de Zousfana, qui inquiétaient les convois militaires français notamment à la bataille d’El Moungar en juillet 1900. Les deux chefs de mission étaient du côté français, le général Cauchemez et du côté marocain si Mohamed El Guebbas. La commission commença ses travaux en 1902, mais elle se heurta à de grandes difficultés. Les ksour et les tribus l’accueillirent avec des menaces et refusèrent carrément de se soumettre à l’une ou l’autre autorité. La commission se replia au mois de mars. Le général Cauchemez et Mohamed El Guebbas rentrèrent à Alger en avril. Ils signèrent l’accord du 20 juillet pour compléter le traité de 1845 et d’affirmer la bonne entente entre les deux gouvernements.

Le traité du 20 juillet 1902 signifiait l’abandon de la délimitation frontalière promise au protocole de 1901 et la fin de l’existence de ladite commission. Il spécifiait des mesures d’ordre et de sécurité.

L’article premier précise que la France appuie le Maroc pour consolider son autorité sur les tribus installées depuis l’Oued Kiss jusqu’à Figuig.

L’article 2 prévoit des postes de douanes le long de la frontière.

L’article 3 autorise la création de marchés mixtes à Ras El Ain, Beni-Ounif, Kenadza.

Les articles 4 et 5 stipulent une ligne douanière jusqu’à Teniet Essaci

Les articles 6 et 7 prévoient la création de postes de garde le long de la frontière.

Signalons toutefois que ces territoires étaient le théâtre de violents combats d’indépendance depuis l’année 1881 à l’avènement du cheikh Bouamama, le héros du Sud-oranais et le résistant infatigable. Il était chef d’une modeste zaouia à Moghrar Tahtani. Cependant, il descendait de la tribu illustre des Ouled sidi Cheikh. Il fut exhorté par ces tribus pour lever l’étendard de la lutte pour défendre leur indépendance. Son combat dura vingt-cinq ans. Trahi par la maladie et la  vieillesse, il cessa le combat peu de temps avant sa mort. Nous ferons un article consacré à sa lutte, hors de la série ‘ le Maroc du Mensonge’ pour éviter les digressions longues.

Ce nouveau traité de 1902 ne répondit pas aux attentes des deux parties. En effet, l’empereur Guillaume II fit une visite à Tanger et se déclara l’ami, le défenseur et le seul allié du sultan. Donc, il restait encore du chemin pour triompher de ses compétiteurs et se placer en unique protecteur du sultan Abdelaziz.

Conférences de Madrid 1880

19 mai -3 juillet

Droit de protection au Maroc

La conférence de Madrid s’était réunie pour du 19 mai au 3 juillet 1880 pour préciser les dispositions réglementaires qui devaient s’appliquer aux agents consulaires des parties signataires le droit de protection à leurs employés des consulats ou des résidences parmi leurs propres nationaux ou parmi les sujets du Maroc. Ces puissances sont citées comme suit par ordre alphabétique :

L’Empereur d’Allemagne, roi de Prusse, représenté par le Comte Eberhardt de Solmes Sonnewaldl

L’Empereur d’Autriche, roi de Hongrie, représenté par le Comte Emmanuel Ludolf

Le Roi des Belges, représenté par Edouard Anspach

Le Roi d’Espagne, représenté par Don Antonio Casona

Le Président des Etats-Unis, représenté par le général luciosn Fairchild

Le Président de la République française, représenté par le Vice-amiral Jaurès

La Reine du Royaume Uni, de la Grande Bretagne et d’Islande, représenté par Lionel Sackville Sackville West

Sa Majesté le Roi d’Italie, représenté par le Comte Joszeph Greppi

Le Sultan du Maroc, représenté par le Taleb sid Mohamed Vargas

Le Roi des Pays-Bas, représenté par Jonkheer Maurice de Heldewier

Le Roi du Portugal et des Algarves, représenté par le Comte de Gasal Riédeiro

Le Roi de Suède et de Norvège, représenté par Henri Akerman

Leurs représentants plénipotentiaires avaient tenu cette conférence du 19 mai au 3 juillet à Madrid. Ils avaient débattus plusieurs questions en la matière. Les protocoles s’étaient inspiré de la convention en l’espèce de 1863 conclue entre le Maroc d’un côté  et de l’autre de l’Espagne et du Royaume Uni. Le dit-traité accordait le droit de protection pour  leurs agents consulaires au Maroc, ainsi que les droits de propriété sur les biens et les terres acquis au Maroc par eux.

Cependant, l’Etat du Maroc était manifestement la partie la plus faible. Son représentant faisait carrément de la figuration. Pour éviter de mécontenter une quelconque partie, il leur donna l’entière satisfaction à tous. En effet, il accorda le privilège de la nation la plus favorisée à chacune des puissances européennes signataires. Celles-ci se livraient à une guerre sourde d’influence entre elles et aucune d’elles ne put imposer sa propre vision des choses. La Convention précise bien qu’il s’agit de Consuls et d’agents consulaires entre le Maroc et les autres Etats et à aucun moment ne fait référence aux ambassadeurs dont se targuait la chancellerie marocaine qu’elle accréditait auprès des autres Etats. Ce même statut nous le retrouvons appliqué à la Régence d’Alger, ou plus précisément l’Etat algérien.

Nous citerons ci-après quelques articles de cette convention :

Article.3

Les Consuls, Vice-consuls ou agents consulaires chefs de Poste qui résident dans les états du Maroc ne pourront choisir qu’un interprète, un soldat et deux domestiques parmi les sujets du Sultan, à moins qu’ils n’aient besoin d’un secrétaire particulier.

Article.4

Alinéa.3 Les Gérants des Vice-Consulats, sujets du sultan, jouiront, pendant l’exercice de leurs fonctions les mêmes droits que les Agents consulaires sujets du sultan.

Article 6, alinéa 3.

La protection n’est pas héréditaire

Article 11.

Le droit de propriété au Maroc est reconnu pour tous les étrangers.

Article 15, alinéa

Tout sujet marocain naturalisé à l’étranger, qui reviendra au Maroc, devra opter entre sa soumission aux lois de l’Empire ou quitter le Maroc.

La naturalisation étrangère acquise jusqu’à ce jour par des sujets marocains suivant les règles établies par chaque pays, leur est maintenue, pour tous ses effets, sans restriction aucune.

Article 17.

Le droit au traitement de la nation la plus favorisée est reconnu par le Maroc à toutes les puissances représentées à la Conférence de Madrid.

Cette convention ouvrira les appétits des puissances européennes qui se livreront des guerres sourdes d’influences pour que le statut de la nation la plus favorisée soit emporté par une seule puissance. Elles n’étaient pas prêtes à céder ce privilège qui leur rapportait des gains substantiels en termes de commerce. Le Maroc, quant à lui, demeurait ce partenaire facile convaincre ou à dissuader, d’autant plus que le commerce international prenait de l’essor et obéissait à une législation sans cesse évolutive.

Signalons enfin que le texte de la Convention qualifie de sultan le souverain du Maroc et de roi les souverains des puissances européennes. Au sultan, les autorités politique et religieuse se trouvent associées. Quant au roi, l’autorité est exclusivement politique, une conséquence de la séparation des pouvoirs. Depuis l’entrée du Maroc sous la protection de la France, le souverain est appelé : roi. Cette réforme était due au Résident général le maréchal Lyautey.

La France entamera une diplomatie active pour mettre sous sa coupe le Maroc. C’est que nous étudierons aux articles suivants de la série : Le Maroc du Mensonge.

Sources bibliographiques :

-.  Son Excellence le comte Ludolf Documents diplomatiques    Imprenta Madrid 1880

 

Les influences européennes au Maroc II

Après la conquête d’Alger, pendant quatorze ans, Moulay Abderrahmane hésite à prendre parti en toute franchise avec la France, malgré le traité d’alliance qui lie les deux parties. Par solidarité islamique, il était requis à prêter assistance à l’émir Abdelkader qui combattait les infidèles. De ce fait, le guerrier algérien avait acquis ses lettres de noblesse sur tout le pays du Maroc. de larges franches de la population l’avaient même invité à détrôner leur sultan et veiller aux destinées du Maroc.  a   l’égard de la France entre l’hostilité et l’alliance déclarée. C’est une autre histoire que nous publierons prochainement. Tout aussi par noblesse, il avait décliné cette offre. Il ne voulait pas passer aux yeux de l’histoire comme un aventurier, combien même des cheikhs de zaouïas lui promettaient leur allégeance et leur implication dans la lutte sous son commandement.

Abdelkader lutte héroïquement contre un ennemi qui mène désormais la guerre totale et le pourchasse d’un point à un autre à partir de l’année 1842. L’armée française, la plus puissante du monde, était équipée en armes et en artillerie, tractée ou portée étaient foudroyants. De plus Les effectifs avaient atteint 106.000 soldats. L’Etat français avait mes tous les moyens pour mettre hors d’état de nuire ce résistant infatigable et tenace. Le général Bugeaud était retourné finir sa sale guerre. En effet, il menait la politique ‘romaine’ de destruction. Ses troupes brulaient les récoltes, pillaient les tribus, vandalisaient les douars, avaient enfumé les plus irréductibles d’entre elles. L’émir cédait du terrain de jour en jour. Il dut chercher le refuge au Maroc pour ses modestes troupes qui ne dépassaient guère quatre mille combattants. Les Anglais signifièrent au sultan Moulay Abderrahmane qu’il ne pouvait pas compter désormais sur leur aide. La Reine Victoria en visite en France au mois de septembre 1843 scella avec le gouvernement français une coopération affirmée. L’Etat du Maroc paraissait alors nu avec une souveraineté très limitée sur son royaume. En effet, les sultans successifs avaient recherché les alliances des uns et des autres pour sauvegarder leur trône, au lieu de construire leur propre pays, en le dotant d’une armée puissante, d’une marine compétitive et d’une infrastructure portuaire digne de cette époque.

Moulay Abderrahmane accorda l’asile au guerrier qu’il craignait le plus au monde. Des volontaires rallièrent l’émir qui voulait y établir une base arrière et faire des raids en Algérie. Les cheikhs de zaouïas prêchèrent la guerre sainte. Au début de 1844, Abdelkader campait au sud d’Oujda. Il refusa l’aman que lui proposait Bugeaud, sous réserve d’un pèlerinage à la Mecque. L’infatigable combattant lui répondit : « Je sais qu’une heure passée à combattre l’infidèle est préférable pour un soldat à soixante-dix ans passés à la Mecque ». il espérait attirer l’ennemi à entrer au territoire marocain et livrer des combats. Alors, la lutte, selon l’émir, serait généralisée. Le général Lamoricière voulait éviter à tout prix un nouveau front. Il renforça la surveillance sur la frontière, occupa Sebdou, Saida, installa un poste à Lala Maghnia.  Des hostilités survinrent entre les deux parties, au moment où se tenaient leurs négociations à Oujda. Le gouverneur de cette province et représentant du sultan dit que l’incident était fortuit. Néanmoins, le général Bugeaud et le gouvernement français saisirent cette occasion pour donner une leçon sévère au sultan Abderrahmane, le ramener à de bons sentiments et sceller avec lui une alliance ferme. Ce sera la batille d’Isly où les troupes marocaines au nombre de trente mille furent complètement défaites dont plus de deux milles moururent. Les morts marocains tombaient comme des sauterelles sous les obus de l’artillerie. Tanger même fut bombardée par les navires de guerre sous le commandement du duc de Joinville, fils du roi.

Le Traité de paix de Tanger du 10 septembre 1844

Il était question de licencier les troupes marocaines, de châtier les agresseurs du général Lamoricière, de ne prêter aucun appui aux ennemis de la France (l’émir Abdelkader), enfin délimiter les frontières par une commission mixte franco-marocaine. Les troupes françaises évacuèrent l’ile de Mogador et Oujda. Puis vint le traité de délimitation des frontières.

Traité Lala Maghnia 18 mars 1845

Le général de la Rûe, commissaire du gouvernement français, le caid Hamida représentant du sultan Moulay Abderrahmane avaient discuté la carte établi l’année passée par le génééral Martimprey. Elle reprenait le tracé de la frontière turque de la mer au Teniet Es-Saci, en la précisant au profit de la France. La commission répartit les tribus et les ksour entre le Teniet Es-Saci à 70 km au sud-est d’oujda et l’Atlas saharien et considéra le Sahara comme un no mans land. Mais, les délégués marocains se plaignirent qu’on n’eût pas consulté les tribus dépositaires de la tradition. ( la prétendue Moubayaa) allégeance. Le général reconnu plus tard avoir fait l’erreur d’avoir concédé la Moulouya au territoire marocain ainsi que les tribus Ouled sidi Cheikh Graba et les Hamayen Djenba.

Cependant, les prétentions marocaines n’avaient aucun fondement. Les tribus et les ksour payaient l’impôt à la Régence d’Alger, à l’exclusion du ksar de sidi Boutkhil qui en était exempté en leur qualité de Chorfa. A l’avènement des Français, ce ksar continuait à en être exempté. L’histoire nous rapporte que le bey d’Oran avait soumis au 18ème siècle par la force armée le ksar de Chelalla qui avait suspendu le paiement de l’impôt.

Qu’en était-il au juste de ces tribus dites dépositaires de la tradition ? Cette allégation ne se défend ni de logique, ni d’histoire encore moins de géographie. C’était la steppe, c’est le monde du nomadisme. C’était le désert connu par les populations algériennes, notamment connu par l’émir Abdelkader et le général Bugeaud comme tel. En effet, les tribus y vivaient isolément les unes aux autres. Chacune d’elles avait ses propres terrains de parcours, ses propres points d’eau. Aucune n’empiétait sur le territoire de l’autre, par crainte de conflit armé. Elles vivaient indépendantes depuis des siècles et ne connaissaient d’autre autorité que celle des chefs de tribus. De plus, seul l’impôt faisait acte de soumission. Donc les prétentions passées et présentes du Maroc en la matière sont nulles et non avenues. Voyons maintenant ce qu’avait écrit M. De La Martinière :

        « Dans ce pays, chaque tribu a son territoire, où, depuis des siècles, elle vit à l’état nomade ; elle a ses parcours définis, ses points d’eau consacrés, en un mot son domaine pastoral respecté en temps normal par les voisins. Mais, les confins de ces terres de parcours ne sont, eux, nullement définis ; ce sont là des causes incessantes de luttes de possession, c’est le bled el baroud, comme l’appellent « les indigènes ».           

Alors, comment pourrait prétendre le Maroc une possession par tradition, alors que ses troupes n’avaient jamais foulé ces territoires ? Comment pourrait-il invoquer un droit de possession, alors que jamais il n’avait nommé de caïds ? La France n’a formulé aucune prétention de possession sur ces territoires. Son général Cavaignac, à la tête d’une colonne de douze mille hommes,  les avait conquis en mai 1847, les avait assujettis à l’impôt, y avait nommé des caïds.

Je connais ces peuples. Ils ont été de tous les temps armés et toujours sur pied de guerre, contre toute agression potentielle. C’était aussi le territoire des Gétules de la préhistoire qui avait fourni cinq mille combattants à Hannibal pour conquérir l’Espagne, traverser la France et entrer en Italie et partout où ils passaient, ils étaient vainqueurs. C’étaient aussi les ennemis irréductibles de Rome. Ni eux ni les peuples qui leur avaient succédé n’avaient été soumis par une quelconque puissance. Alors, comment le Maroc oserait profaner l’histoire et réclamer un territoire qui ne lui avait jamais appartenu. Au contraire, des tribus marocaines Beni Guil, élevées dans le vol et la rapine, souvent frappées de famine, faisaient des raids dans ces territoires. Elles étaient repoussées par le baroud de nos braves tribus algériennes. Plus tard, le général Lyautey dira de ces tribus : « une tribu est un régiment né ».

Avec quoi, ce Maroc du mensonge pourrait-il justifier une possession de territoires effective ? Même l’oasis de Figuig avait été de tous les temps une communauté indépendante. Les sultans successifs du Maroc avaient à maintes reprises essayé de les soumettre, sans jamais y parvenir.

Ces éclaircissements donnés, revenons au traité de Lala Maghnia. Cette convention visait principalement à affaiblir la résistance de l’émir Abdelkader contre le conquérant français, le priver d’établir une base arrière au Maroc à des fins logistique, de récupération des combattants, de soins aux blessés graves. Par ce texte contractuel, Moulay Abderrahmane entrait dans l’alliance stratégique avec la France contre un résistant qu’il qualifiait pour son concurrent. Selon, les principes et les textes sacrés de la religion musulmane, il commettait un acte de haute trahison. Il jugeait ce combattant de la foi comme son ennemi qu’il devait chasser de son territoire. En effet l’article               L’article 4 du traité qualifia l’émir Abdelkader de hors la loi et le plaça en situation de poursuite armée en Algérie et au Maroc.  Il stipule :

« Article 4 : Hadj Abdelkader est mis hors la loi dans toute l’étendue du Maroc et en Algérie. Il sera en conséquence poursuivi à main armée par les Français en Algérie et par les Marocains au Maroc ».

               Désormais, l’émir Abdelkader était traqué aussi bien en Algérie qu’au Maroc. Il était pourchassé de part et d’autre. En effet, l’étau se resserrait autour de lui-même et de ses troupes. Cependant, la question des frontières entre le Maroc et l’Algérie n’avait pas été discutée. Elle reconnaissait que les frontières entre le Maroc et l’Algérie restaient fixées et reconnues conformément à l’état des choses à l’époque de la « domination turque ». L’article 5 de ladite convention stipule :

      « Article 5 : la délimitation des frontières entre les possessions de S.M l’Empereur des Français et S.M l’Empereur des Marocains reste fixée et reconnue  conformément à l’état des choses reconnu par le Maroc à l’époque de la domination des Turcs en Algérie ».      

Quant à l’article 7, il autorisait l’armée française à poursuivre en territoire marocain les tribus insoumises ou dissidentes.

En termes de trahison envers l’Algérie, les souverains marocains n’avaient jamais fait un examen de conscience. Cette malheureuse histoire n’était pas spécifique à l’un d’eux ou à une époque donnée. Cette politique d’agression et d’expansionnisme leur était commune, sauf que la Régence d’Alger réduisait leurs rêves à néant et antérieurement par les diverses dynasties du Royaume de Tlemcen.

Sources bibliographiques :

- .Peyreigne Charles ‘les Influences européennes au Maroc. Dirion  libraire-éditeur 1908

Charles-André Julien ‘histoire de l’AZlgérie contemporaine 1827-1871 éditions Casbah.

22
juin 2024
Posté dans Non classé par bencherif à 12:36 | Pas de réponses »

Les influences européennes au Maroc

 

Le mythe du Maroc

Il arrive souvent dans l’histoire de l’humanité que de médiocres et insignifiants souverains se prennent pour des personnages herculéens, sans commune mesure avec leur stature qui ne dépasse pas les limites de leurs palais, de leur influence qui ne dépasse pas l’espace de leurs harems. Il était ainsi pour les sultans du Maroc qui n’avaient jamais pu construire une infrastructure portuaire sur leur littoral méditerranéen et atlantique, ce qui était un atout de puissance potentielle. Ce qu’ils définissaient comme Etats étaient en fait des provinces, lesquelles étaient : Marrakech, Fez, Sous, Tafilalet, Oued Draa. Ni en Droit, ni en géographie politique, un ensemble de provinces ne peuvent constituer un Etat. Pourtant, les voix contemporaines du Makhzen claironnent à qui veut entendre que la monarchie marocaine est la plus vielle de l’histoire. Cependant, l’histoire ne vieillit jamais, ni meurt. Le Maroc devra attendre l’arrivée du sultan Moulay Rachid qui commença l’unification de l’Etat morcelé. A sa mort à l’âge de 40 ans, ce travail gigantesque aura été poursuivi par son successeur et frère Moulay Ismail. Leur tâche n’aura pas été facile, en ce sens que le pays du Maghreb Al Aqsaa vivait continuellement dans l’anarchie qui générait ses propres maux traditionnels.

Les puissances européennes avaient pris pied dès le début du seizième siècle dans ce pays. Une partie du littoral était occupé par les Portugais, une autre par les Espagnols. Quant à la ville de Tanger, elle était régie par le statut international. Pendant ces longs siècles la puissance des Etats se mesurait par sa marine. Or, le Maroc n’avait pas sa propre flotte. Les Maures, d’origine andalouse, en étaient les armateurs à une modeste échelle et pratiquaient des raids, principalement  sur les côtes françaises.

La France, l’Angleterre, l’Espagne se disputaient continuellement le statut de la nation la plus favorisée. Elles se livraient entre elles à toutes les enchères, à tous les coups hardis moraux ou immoraux. Cependant, la France avait marqué profondément et durablement le Maroc. Elle conclut deux traités avec le Maroc, l’un avec l’Etat de Marrakech le 17 septembre 1631, l’autre avec l’Etat de Safi le 24 septembre de la même année.

Les traités stipulaient : liberté du commerce à la France, tolérance religieuse, établissement de consuls français au Maroc, libération des captifs, renoncement du Maroc à faire des prisonniers français.

Cinquante plus tard, la présence de la France était affirmée et du coup la souveraineté de l’Etat naissant du Maroc était écorchée.

Menacé par l’Espagne et l’Angleterre sur la côte de la Méditerranée et ^sur la frontière algérienne par la Régence d’Alger, c’est-à-dire l’Etat d’Algérie. Le Maroc ne demandait qu’à entrer en alliance avec la France. Ses pirates maures continuaient à piller les navires français. En 1680, le roi Louis XIV envoya six navires qui firent le blocus des ports marocains et bombarda les refuges des pillards.  Pris de peur, le sultan Moulay  Ismail, qui tentait d’unifier les provinces sous un seul Etat, envoya un ambassadeur en France qui signa le traité de Saint-Germain en Laye le 29 juillet 1882.  Celui-ci fit une demande surprenante au roi de France qui le moqua : la main de sa fille. En 1693, le sultan Moulay Ismail tenta de conclure un nouveau traité pour demander l’aide de la France contre l’Espagne.  Jusqu’en 1713, la France prédomina au Maroc sur les autres puissances. Après le traité tout changea : la France évacue son dernier consul en 1718 et l’Angleterre prédomina jusqu’en 1767. De nouvelles négociations sont entamées pour garantir la libre navigation des vaisseaux français parfois inquiétés par des pirates indépendants. Un traité de paix et d’amitié est conclu le 28 mai 1767 qui stipule :

Art.1

Les  navires marocains ne pourront inquiéter ni arreter les navires marchands français et réciproquement.

Art.2 les navires de deux pays auront libre accès dans les ports du Maroc et de France.

Art.3 que si un navire français poursuivi par les gens d’Alger, de Tunis, de Tripoli vient à se réfugier dans un port marocain, le gouverneur de ce port devra repousser l’ennemi.

Art.6 que le Maroc s’engage, en cas de rupture entre la France et elles, à ne pas preter aide et assistance, aux régences d’Alger, de Tunis, de Tripoli.

La France reprit sa prédominance au Maroc sur les autres puissances jusqu’en 1815, supplantée par l’Angleterre. Puis vint le traité franco-marocain de mai 1825 qui dit que la France sera la mieux accueillie et la plus favorisée.

Après la conquête d’Alger, pendant quatorze ans, Moulay Abderrahmane hésite à l’égard de la France entre l’hostilité et l’alliance déclarée. C’est une autre histoire que nous publierons prochainement.

Sources bibliographiques : Peyreigne Charles ‘les Influences européennes au Maroc. Dirion  libraire-éditeur 1908

 

19
juin 2024

« Ces esclaves ne conçoivent que la volonté du maitre. Ils n’ont aucune idée de liberté et ils ont perdu l’usage des mots pour exprimer sentiment et honneur. Moins sensibles que les autres hommes, ils ne sont ni patriotes, ni parents, ni amis fidèles, ils ont les défauts qui contrarient avec la bonne foi. Ils manquent en général de vigueur, ils n’ont point cette énergie du caractère qui conduit aux grands crimes, aux grandes vertus. Cet état d’engourdissement les entretient dans une ignorance stupide qui est elle-même le soutien du despotisme. Le libertinage auquel ils se livrent de bonne heure contribue beaucoup à les énerver, ce qui les rend mous, lâches et paresseux ; ils ont de l’agilité et point de vigueur. Le découragement de ces peuples est moins l’effet du physique que du moral. Cet air mélancolique et triste qui leur est particulier ; tout annonce en eux l’empreinte de l’esclavage et de l’oppression. Naturellement avares, ils sont portés à cacher leurs richesses. Il n’y a entre les Maures ni amitié ni confiance.

sources bibliographiques :

Louis de Chenier consul de France au Maroc de 1767-1782 :

histoire des Maures et du Maroc

16
juin 2024

Maroc Relation de l’empire du Maroc

 

Epilogue

les critiques, les médisances des médias, publics et médias, youtubeurs, influenceurs, les politiques, les historiens marocains à l’égard de ma patrie l’Algérie, sur tout ce qui touche à la politique économique,  à notre diplomatie, à notre puissance régionale sont devenues flagrantes et impossible de les laisser passer. Pire encore leurs prétentions territoriales non fondées, leurs prétentions vestimentaires, leur déni de la naissance de notre Etat qu’ils signent le 5 juillet 1962. combien ils sont encore négatifs quand ils nient la présence de notre président Tebboune au GZ le 12 et 13 juin 2024 qu’ils attestent par des photos shops en excluant notre président et en mettant à sa place le roi §Mohamed 6. tous ces évènements m’interpellent et j’entreprends d’écrire une série consacrée à la  vraie histoire du Maroc.

Moulay Rachid , roy1 de Tafilalet, et Moulay Ismail, son frère et son successeur immédiat ont réuni les royaumes de Maroc, fez, Taflalet, Suz et la province de Dara Sous, sous une même puissance en ont formé ce grand Etat.

Moulay Cherif, roy de Tafilalet, père de Moulay Rachid, eut 84 enfants males et 124 filles qui lui survécurent. Il eut pour successeur Moulay Hamet. Mais Moulay Rachid, fort ambitieux, ne pouvait se résoudre à lui obéir. Il ne lissa pas son roi jouir tranquillement de son règne. Soutenu par les principaux alcaids qu’il  engagea dans ses intérêts. Mais le roi Moulay Cherif qui en fut informé du complot les arrêta et les fit périr et mit son frère Rachid en prison.   Moulay Rachid se sauve rassemble des troupes. Mais il n’accomplit de coup de force car il fut arrêté par son roi et enfermé une seconde fois. Il est sous la garde d’un Noir Abid fidèle de Moulay Mohamed. Il le soudoie et parvient à se faire libérer en lui promettant de bonnes situations au pouvoir une fois qu’il serait roi. Cependant, craignant sa trahison, il le tua d’un coup de sabre. Il se retira dans la zaouia où commandait le Morabite Benbucar, élu par les habitants de cette province. Moulay Rachid lui cacha son identité et ses desseins. Il se présenta comme simple soldat. Le Morabite le reçut favorablement et lui octroya divers emplois dont il s’acquitta si bien. Moulay Rachid en acquit en peu de temps son estime et son amitié.

Des Arabes de Tailalet vinrent écouler des dattes et reconnurent le frère de leur roi.  Ils le saluèrent et son identité fut révélée. Les fils de Benbucar le soupçonnèrent et résolurent de le faire périr. Ils lui dressèrent une embuscade dont il échappa et sa sauva à Quiviane. Il se présenta identité et desseins cachés et proposa ses services.  Il s’empara des trésors de ce prince leva une armée et se lança contre son frère à Tafilalet dont  le roi en fut avisé. Les deux frères, le roi et son frère sujet, se livrèrent plusieurs combats dont Moulay Rachid était toujours vainqueur. Il fit mourir son frère et prit le pouvoir. Il s’empara ensuite de Salé qui était une ville libre, puis des royaumes de Fez, de Maroc et de Sous, à la force de ses armes.

Moulay Rachid ne jouit pas longtemps de sa fortune et à quarante ans, il ne put éviter la mort qu’il avait tant de fois affrontée dans ses combats. Dans une fête, il avait invité la noblesse et but trop de vin avec ses amis. Pris d’un malaise, il sortit dans le jardin prendre l’air. Il eut l’envie de caracoler. Son cheval partit en fougue, et Moulay Rachid cogna une branche et tomba raide mort.

Sa mort en 1672 entraina des troubles graves de la paix et de la tranquillité publique. Une lutte de prétendants au trône s’ensuivit et Moulay Ismail, le plus brave et le plus entreprenant et le plus estimé fut reconnu roi de Tafilalet. Il s’empara des trésors de son frère et se mit en campagne à la tète de troupes nombreuses. Il se rendit maitre de tout. Cependant, Moualy Ahmed, son neveu, qui s’était aussi reconnu roi de Maroc et de Sous. L’affronta avec des forces considérables. Après plusieurs combats échelonnés sur deux ou trois ans, il fut battu et se soumit. Ainsi grâce à Moualy Ismail que le Maroc put avoir son unité territoriale, sauf les possessions chrétiennes : Mazagan occupé par les Portugais, Ceuta et Melilia occupés par les Espagnols, Tanger possession anglaise avec le détroit de Gibraltar.

 

source bibliographique :

François Pidou d’Oslon ‘Relation de l’empire du Maroc ..’

1. roy orthographe du mot roi au 18ème siècle

2
mai 2024

l émergence du nationalisme algérien 1515_1953 0-7 screenshot

 

mes chers lecteurs et lectrices, voici un essai de l’histoire de notre pays , l’Algérie, dont bien des périodes et des évènements restaient obscurs soit de façon délibérée par certains, soit par méconnaissance par d’autres. la première des choses qui  nous vient à l’esprit c’est d’abord la fierté d’être un Algérien, ensuite sa satisfaction de savoir que cette nation, que beaucoup de ses détracteurs lui refusent cette dimension, a pesé de tout son poids sur les évènements internationaux  et qu’elle était un acteur incontournable sur les mers d’égal à égal avec les puissances internationales de l’Europe, seule continent influent au XIX et XX ème siècle. alors, passez commande à mon éditeur ‘le Lys Bleu éditions Paris.

 

2
mai 2024

 

l émergence du nationalisme algérien 1515_1953 0-7 screenshot

mes chers lecteurs, je vous annonce la parution demlon nouvel essai historique aux editions le lys bleu Pais

29
avr 2024

mon nouvel ouvrage paru aux éditions le Lys bleu Paris, intitulé ‘l’émergence du nationalisme algérien 1515-1953. . c’est l’histoire de la nation algérienne en tant que telle n’en déplaise à ses détracteurs … la nation algérienne moderne existe bel et bien depuis 1620, sous la forme gouvernementale de république.

commandez-le dès à présent vous en serez ravi et vous le lirez plusieurs fois de suite.

 

14
fév 2024
Posté dans Non classé par bencherif à 8:58 | Pas de réponses »

Ahmed Bencherif - Biographie, publications (livres, articles)

12345...61

Yasume |
les poèmes de mistigri |
philantrope de mbarta |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | HAZA LANITRA
| beauty $pot
| lalarmedelephant